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Alfonsina y el mar

31 Juillet 2010, 07:34am

Publié par vertuchou

Por la blanda arena

Que lame el mar

Tu pequena huella

No vuelve mas

Un sendero solo

De pena y silencio llego

Hasta el agua profunda

Un sendero solo

De penas mudas llego

Hasta la espuma


Sur le sable doux que lèche la mer
Ses empreintes ne reviendront plus désormais
Et un seul chemin de peine et le silence est venu
Jusqu'aux eaux profondes
Et un seul chemin de peines pures est venu
Jusqu'à l'écume.


Sabe Dios qué angustia

Te acompano

Qué dolores viejos

Callo tu voz

Para recostarte

Arrullada en el canto

De las caracolas marinas

La cancion que canta

En el fondo oscuro del mar

La caracola


Seul Dieu sait quelle angoisse t'as accompagnée
Quelles vieilles douleurs tu a gardées en silence
Pour dormir et reposer en paix parmi les rochers
Des conques sous marines
La chanson qu'elle chante dans les profondeurs obscures de la mer
La conque.


Te vas Alfonsina

Con tu soledad

Qué poemas nuevos

Fuiste a buscar ?

Una voz antigua

De viento y de sal

Te requiebra el alma

Y la esta llevando

Y te vas hacia alla

Como en suenos

Dormida, Alfonsina

Vestida de mar


Tu pars Alfonsina avec ta solitude
Quels poêmes nouveaux es-tu allé chercher ?
Et une voix antique de vent et de mer
Réclame ton ame
Et elle l'appelle
Et tu pars, la-bàs comme dans un rêve
Alfonsina endormie, s'est vêtue de mer.


Cinco sirenitas

Te llevaran

Por caminos de algas

Y de coral

Y fosforecentes

Caballos marinos haran

Una ronda a tu lado

Y los habitantes

Del agua van a jugar

Pronto a tu lado


Cinq petites sirènes t'emmèneront
Parmi les chemins d'algues et de corail
Et les hipocampes feront
Une ronde à tes côtés
Et les habitants de l'eau vont nager bientôt à tes côtés.


Bajame la lampara

Un poco mas

Déjame que duerma

Nodriza, en paz

Y si llama él

No le digas que estoy

Dile que Alfonsina no vuelve

Y si llama él

No le digas nunca que estoy

Di que me que me he ido


Baisse la lumière un peu plus
Laisse-moi dormir, reposer en paix
Et si elle appelle ne lui dis pas que je suis ici
Dis lui que Alfonsina ne reviendra pas
Et si elle appelle ne lui dis jamais que je suis ici
Dis que je suis parti.


Te vas Alfonsina

Con tu soledad

Qué poémas nuevos fuiste a buscar ?

Una voz antigua

De viento y de sal

Te requiebra el alma

Y la esta llevando

Y te vas hacia alla

Como en suenos

Dormida, Alfonsina

Vestida de mar.

 

Tu pars Alfonsina avec ta solitude
Quels poêmes nouveaux es-tu allé chercher ?
Et une voix antique de vent et de mer
Réclame ton ame
Et elle l'appelle
Et tu pars, la-bàs comme dans un rêve
Alfonsina endormie, s'est vêtue de mer.



Felix Luna

 

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Une allée du Luxembourg

29 Juillet 2010, 05:51am

Publié par vertuchou

Elle a passé, la jeune fille,
Vive et preste comme un oiseau;
A la main une fleur qui brille,
A la bouche un refrain nouveau.

 

buot00


C' est peut-être la seule au monde
Dont le coeur au mien répondrait;
Qui, venant dans ma nuit profonde,
D' un seul regard l' éclairerait !...

Mais non, - ma jeunesse est finie...
Adieu, doux rayon qui m' a lui, -
Parfum, jeune fille, harmonie...
Le bonheur passait, - il a fui !

Gérard de Nerval 


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Ville !

27 Juillet 2010, 03:22am

Publié par vertuchou


Qui dira la fulguration de ta naissance taillée dans le diamant de ton
unique syllabe haute…Ville, planète de verre et de pierre, transparente comme la lumière et qui s’échappe à peine prononcée…Parole exquise ouverte dans la pensée, comme l’astre de pierres précieuses suspendu dans le ciel.

 

 

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Ville, cristal du sentiment et de la fièvre qui jaillit dans le regard et déjà se résorbe, échappée violente du geste de l’éclair, dans ce corps qui s’élance avec l’inflexible douleur de la flamme et nous consume par sa douceur. Neige relevée, ailes du ciel qui battent sur la proie, cris d’oiseaux, langueur de la terre, apaisement du cœur.

La ville nous ouvre ses rues de ses consonnes et se jette en avant. Le mode du verbe qui saisit sa vigueur ne peut l’enserrer, sa voyelle aigue troue les plafonds de la cage d’étoupe. Ville, arène, course folle jusqu’aux parements des murs, offrande de toute l’étendue intarissable d’un espace amer.

Ville ! Qui dira la fulguration de ton désir taillé dans le diamant de ton unique syllabe brève…


Jean-Claude WALTER

 

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Hymne

25 Juillet 2010, 05:31am

Publié par vertuchou

À la très-chère, à la très-belle
Qui remplit mon cœur de clarté,
À l’ange, à l’idole immortelle,
Salut en l’immortalité !


Elle se répand dans ma vie
Comme un air imprégné de sel,
Et dans mon âme inassouvie
Verse le goût de l’éternel.

Sachet toujours frais qui parfume
L’atmosphère d’un cher réduit,
Encensoir oublié qui fume
En secret à travers la nuit,

Comment, amour incorruptible,
T’exprimer avec vérité ?
Grain de musc qui gis, invisible,
Au fond de mon éternité !

À la très-bonne, à la très-belle,
Qui fait ma joie et ma santé,
À l’ange, à l’idole immortelle,
Salut en l’immortalité !

 

Charles Baudelaire

 

A celle qui est trop gaie

 

Le Léthé

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J'appelle poète un homme

23 Juillet 2010, 05:28am

Publié par vertuchou

J'appelle poète un homme dont la parole respire

au rythme de la création et dans la bouche duquel

les mots de chaque jour - fanés comme des fleurs -

retrouvent leurs couleurs et leurs parfums 

parce que de nouveau circule en eux

une sève qui est notre sang.

Edmond Jeanneret

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J’ai rebaptisé les rues de ma ville

21 Juillet 2010, 05:44am

Publié par vertuchou

Que me font tous ces noms que je ne connais pas
ces rois, ces maréchaux, ces généraux d’antan
quand j’arpente ma ville, mon amour, où que j’aille
c’est à toi que je rêve sur ce champ de bataille

que me font tous ces noms que je ne connais pas
ces savants oubliés, ces sportifs, ces tyrans
ces régions, ces héros, ces dates historiques
je ne connais que toi partout où je me risque

que me font tous ces noms que je ne connais pas
sculpteurs, danseurs, artistes peintres et musiciens
écrivains négligés, physiciens, médecins
mon pas est incertain s’il ne te connaît pas

alors j’ai gribouillé le plan
rebaptisé les rues
pour aller désormais
du pas sûr de l’amant

chaque nuit je remplace une plaque
des rues
de ma ville
chaque nuit je rebaptise
les rues
de ma ville
et le jour je te cherche

 

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rue du café où au petit matin on a pris notre premier petit déjeuner
rue où tu t’es foulé une cheville en voulant jouer à saute mouton
rue où en sortant du théâtre tu n’as pas parlé pendant une heure
rue du cinéma que tu aimais tant et qui a été détruit
rue du restaurant où tu as trouvé un cafard dans ta salade
rue de l’hôtel où tu as oublié une culotte mise à sécher
rue de la librairie où l’on trouve de vieux 10/18 introuvables
rue de l’immeuble où n’en pouvant plus tu as fait pipi dans l’entrée
rue où tu t’es fait photographier dans les bras de Barbara
rue de l’épicerie où les légumes sont les plus frais du monde
rue du fromager qui te fait rire parce qu’il ressemble à ses fromages
rue du boulanger parce que tu trouves la boulangère très belle
rue de l’armurier où tu n’as plus jamais voulu passer
rue du torréfacteur où tu rêvais de voyages orientaux
rue de l’amour où je n’ai pas changé la plaque
rue où tu m’as pris pour la première fois par le cou
rue où tu m’as pris la main pour la première fois
rue où pour la première fois tu as refusé de m’embrasser
rue du restaurant tzigane qui descend vers le fleuve
rue où le gros monsieur barbu t’a demandée en mariage sur un air d’opéra
rue où habitaient tes parents autrefois
rue où tu disais toujours qu’on se croirait à Prague
rue de la pâtisserie où l’on trouve les meilleurs gâteaux des rois
rue où ce sauvage a arraché ton sac et volé si peu d’argent
rue où tu as pleuré pour ce chien écrasé
rue des synonymes
rue de l'étourderie
rue des enfants
rue du soleil
rue de l'éclipse
rue de la poésie

j’arpente chaque jour ma nouvelle cité
où les gens sont perdus, toi et moi retrouvés
je tiens ta douce main, je sais donc où je vais
dans tes pas, souriant, je vais te retrouver

ma ville n’est enfin plus ce champ de bataille
cette encyclopédie, ce dictionnaire en braille
c’est l’album souvenir, la carte des amants
mappemonde du temps, du temps où tu étais là

 

Francis Ricard

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Pantouns Malais

19 Juillet 2010, 04:58am

Publié par vertuchou

L’éclair vibre sa flèche torse
À l’horizon mouvant des flots.
Sur ta natte de fine écorce
Tu rêves, les yeux demi-clos.

À l’horizon mouvant des flots
La foudre luit sur les écumes.
Tu rêves, les yeux demi-clos,
Dans la case que tu parfumes.

La foudre luit sur les écumes,
L’ombre est en proie au vent hurleur.
Dans la case que tu parfumes
Tu rêves et souris, ma fleur !

L’ombre est en proie au vent hurleur,
Il s’engouffre au fond des ravines.
Tu rêves et souris, ma fleur !
Le cœur plein de chansons divines.

Il s’engouffre au fond des ravines,
Parmi le fracas des torrents.
Le cœur plein de chansons divines,
Monte, nage aux cieux transparents !

Parmi le fracas des torrents
L’arbre éperdu s’agite et plonge.
Monte, nage aux cieux transparents,
Sur l’aile d’un amoureux songe !

L’arbre éperdu s’agite et plonge,
Le roc bondit déraciné.
Sur l’aile d’un amoureux songe
Berce ton cœur illuminé !

Le roc bondit déraciné
Vers la mer ivre de sa force.
Berce ton cœur illuminé !
L’éclair vibre sa flèche torse.

(extrait)


Leconte de Lisle

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Oh ! My Mama / Oh Ma Mère

17 Juillet 2010, 01:54am

Publié par vertuchou

 

Oh! My Mama, she gave me these feathered breaths

Oh! My mama, she told me, “Use your voice, my little bird!”

She said “sing! sing! sing! sing! sing! sing! melodies”

And she sang! sang! sang! sang! sang! those melodies

Oh! My Mama, she did give me fancy feet I’ll be dancin’ on

And I’ll tap, tap, tap my toes into those creaking floor boards

Oh! My mama she took my little hand and held on tight

All the mamas give the waters of their wells!

All the mamas give the babies this very dirt we’re walking on

Oh! My Mama, she gave me these feathered breaths 

And your mama, she gave you these feathered breaths too

And when the sky drops all those feathers

When the birds sing in the morning

I’ll be a mama

I’ll have a daughter

And I’ll give her melodies

I’ll give her melodies

She’ll be my little bird

And then she’ll fly


Alela Diane 

 

 

 

 


Oh ! Ma mère, elle m'a donné ces souffles à plumes 

Oh ! Ma mère, elle m'a dit, "Utilise ta voix, mon petit oiseau !" 

Elle a dit "chante ! Chante ! Chante ! Chante ! Chante ! Chante !

Des mélodies" 

Et elle a chanté! A chanté ! A chanté ! A chanté ! A chanté !

Ces mélodies

Oh ! Ma mère, elle m'a vraiment donné des pieds fantaisistes

sur lesquels je serai danseuse 

Et je découvrirai, découvrirai, découvrirai mes orteils

sur ces planchers grinçants 

Oh ! Ma mère elle a pris ma petite main et l’a tenue serrée 

Toutes les mères donnent les eaux de leur puits !

Toutes les mères donnent aux bébés cette très sale boue

sur laquelle nous marchons 

Oh ! Ma mère, elle m'a donné ces souffles à plumes 

Et votre mère, elle vous a donné ces souffles à plumes aussi 

Et quand le ciel laisse tomber toutes ces plumes 

Quand les oiseaux chantent le matin 

je serai une mère

j'aurai une fille 

Et je lui donnerai des mélodies 

je lui donnerai des mélodies 

Elle sera mon petit oiseau 

Et puis elle s’envolera.

 

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Aimée-Aimante

15 Juillet 2010, 06:17am

Publié par vertuchou

 

C'est une femme de soie sauvage.

Poreuse sous les mains savamment tendres.

Une femme de collines et de combes, de feuillages, de mousses. 

Une ligne sinueuse en volutes et volupté. 

Sucs et salives, écartèlement vertigineux.

Elle, disloquée, réunie.

 

arc-en-ciel


Une femme très loin, à héler, harponner.

Très proche à pétrir, goûter, savourer.

Une femme d'espace amoureux

saturé de miel et d'ombres intimes,

de fière approchée, de tressaillement secret. 

Rauque et luisante 

dans la rumeur du plaisir imminent.

Tambour de la jubilation.

 

Colette Nys-Mazure

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L'Eternité

13 Juillet 2010, 06:57am

Publié par vertuchou

Elle est retrouvée.
Quoi ? - L'Eternité.
C'est la mer allée
Avec le soleil.

Ame sentinelle,
Murmurons l'aveu
De la nuit si nulle
Et du jour en feu.

Des humains suffrages,
Des communs élans
Là tu te dégages
Et voles selon.

Puisque de vous seules,
Braises de satin,
Le Devoir s'exhale
Sans qu'on dise : enfin.

Là pas d'espérance,
Nul orietur.
Science avec patience,
Le supplice est sûr.

Elle est retrouvée.
Quoi ? - L'Eternité.
C'est la mer allée
Avec le soleil.

Rimbaud



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