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Au pays de ton corps

29 Février 2012, 05:40am

Publié par vertuchou

Je connais un pays on dirait un jardin
Je peux y vivre nue sans avoir jamais froid
Quand j'y ferme les yeux je trouve sous mes doigts
Tous les chemins
J'ai le fond de tes yeux pour y chercher de l'or
La couleur de ta peau pour lire les saisons
Le creux de ton épaule pour ligne d'horizon

Et tout autour de moi tes bras font le décor
Au pays de ton corps
Au pays de ton corps
Au pays de ton corps

J'y ai vu des prodiges et de plus grands mystères
Que l'été en décembre ou que la neige en mai
A ce qu'il me semble plus je le connais
Plus je me perds
Et s'il mesure à peine 1m80
J'y fais plus de chemin avec un seul baiser
Que ne font dans le ciel les hommes et leurs fusées

C'est un pays où l'on voyage avec les mains
Le pays de ton corps
Le pays de ton corps
Le pays de ton corps

Je connais un pays on dirait un jardin
Je peux y vivre nue sans avoir jamais froid
Quand j'y ferme les yeux je trouve sous mes doigts
Tous les chemins
J'ai le fond de tes yeux pour y chercher de l'or
La couleur de ta peau pour lire les saisons
Le creux de ton épaule pour ligne d'horizon

Quand paresseusement je m'enroule et m'endors
Au pays de ton corps
Au pays de ton corps
Au pays de ton corps

 

Catherine  Le Forestier

 

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Les poèmes sont des voix glacées

28 Février 2012, 05:31am

Publié par vertuchou

[...] les poèmes sont des voix glacées dans l’encre

qui doivent être libérées du livre-objet par de la voix.

La poésie est un appel, tout simplement.


Daniel Mesguisch

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Un amour au-delà de l’amour /Un amor más allá del amor

27 Février 2012, 05:18am

Publié par vertuchou

Un amour au-delà de l’amour,
plus haut que le rite du lien,
au-delà du jeu sinistre
de la solitude et de la compagnie.

Un amour qui n’ait pas à revenir,
mais non plus à s’en aller.
Un amour non soumis
aux frénésies d’aller et venir,
d’être éveillés ou endormis,
d’appeler ou de se taire.

Un amour pour être ensemble
ou pour ne l’être pas,
mais aussi pour tous les états intermédiaires.
Un amour qui serait comme ouvrir les yeux,
Et peut-être aussi comme les fermer.

Roberto Juarróz

 

***

 

Un amor más allá del amor,
por encima del rito del vínculo,
más allá del juego siniestro
de la soledad y de la compañía.


Un amor que no necesite regreso,
pero tampoco partida.
Un amor no sometido
a los fogonazos de ir y de volver,
de estar despiertos o dormidos,
de llamar o callar.


Un amor para estar juntos
o para no estarlo
pero también para todas las posiciones
intermedias.
Un amor como abrir los ojos.
Y quizá también como cerrarlos.

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De soi-même

26 Février 2012, 05:41am

Publié par vertuchou

Plus ne suis ce que j'ai été,
Et ne le saurais jamais être.
Mon beau printemps et mon été
Ont fait le saut par la fenêtre.
Amour, tu as été mon maître,
Je t'ai servi sur tous les Dieux.
Ah si je pouvais deux fois naître,
Comme je te servirais mieux !

Clément MAROT

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Palermo

25 Février 2012, 05:30am

Publié par vertuchou

Palermo.gif

 

Palermo

François-Xavier Legenne

 

 

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Union libre

24 Février 2012, 05:16am

Publié par vertuchou

Ma femme à la chevelure de feu de bois
Aux pensées d’éclairs de chaleur
A la taille de sablier
Ma femme à la taille de loutre entre les dents du tigre
Ma femme à la bouche de cocarde et de bouquet d’étoiles de
dernière grandeur
Aux dents d’empreintes de souris blanche sur la terre blanche
A la langue d’ambre et de verre frottés
Ma femme à la langue d’hostie poignardée
A la langue de poupée qui ouvre et ferme les yeux
A la langue de pierre incroyable
Ma femme aux cils de bâtons d’écriture d’enfant
Aux sourcils de bord de nid d’hirondelle
Ma femme aux tempes d’ardoise de toit de serre
Et de buée aux vitres
Ma femme aux épaules de champagne
Et de fontaine à têtes de dauphins sous la glace
Ma femme aux poignets d’allumettes
Ma femme aux doigts de hasard et d’as de coeur
Aux doigts de foin coupé
Ma femme aux aisselles de martre et de fênes
De nuit de la Saint-Jean
De troène et de nid de scalares
Aux bras d’écume de mer et d’écluse
Et de mélange du blé et du moulin
Ma femme aux jambes de fusée
Aux mouvements d’horlogerie et de désespoir
Ma femme aux mollets de moelle de sureau
Ma femme aux pieds d’initiales
Aux pieds de trousseaux de clés aux pieds de calfats qui boivent
Ma femme au cou d’orge imperlé
Ma femme à la gorge de Val d’or
De rendez-vous dans le lit même du torrent
Aux seins de nuit
Ma femme aux seins de taupinière marine
Ma femme aux seins de creuset du rubis
Aux seins de spectre de la rose sous la rosée
Ma femme au ventre de dépliement d’éventail des jours
Au ventre de griffe géante
Ma femme au dos d’oiseau qui fuit vertical
Au dos de vif-argent
Au dos de lumière
A la nuque de pierre roulée et de craie mouillée
Et de chute d’un verre dans lequel on vient de boire
Ma femme aux hanches de nacelle
Aux hanches de lustre et de pennes de flèche
Et de tiges de plumes de paon blanc
De balance insensible
Ma femme aux fesses de grès et d’amiante
Ma femme aux fesses de dos de cygne
Ma femme aux fesses de printemps
Au sexe de glaïeul
Ma femme au sexe de placer et d’ornithorynque
Ma femme au sexe d’algue et de bonbons anciens
Ma femme au sexe de miroir
Ma femme aux yeux pleins de larmes
Aux yeux de panoplie violette et d’aiguille aimantée
Ma femme aux yeux de savane
Ma femme aux yeux d’eau pour boire en prison
Ma femme aux yeux de bois toujours sous la hache
Aux yeux de niveau d’eau de niveau d’air de terre et de feu.

André Breton

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Chaconne

23 Février 2012, 05:11am

Publié par vertuchou

 

 

 

Jean-Sébastien Bach

1685-1750

 

 Partita en ré mineur, BWV 1004

pour violon seul N°.2

écrite entre 1717 et 1723

 

dernier mouvement :

Chaconne

interprétée par Victoria Mullova
en l'église St. Nicolas de  Leipzig

 

 

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Etre poète

22 Février 2012, 05:11am

Publié par vertuchou

Être poète veut dire que je refuse le prêt-à-penser et que je cultive

l’ouverture de mon esprit, la sensibilité de mon coeur et l’ardeur de mon âme.

Je peux choisir d’être poète à chaque moment de ma vie. Que je sois au travail

ou en famille, que je sois seul ou en compagnie d’autres personnes, que je sois

dans un contexte publique ou dans l’intimité, je peux choisir d’être poète.

C’est, selon moi, le seul chemin possible pour retrouver la sensation intense

d’être intensément vivant dans l’incertitude et le mouvement du monde

dans lequel la vie nous appelle à “danser”.


Denis Jaccard

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Infidèle

21 Février 2012, 05:08am

Publié par vertuchou

Si les draps de nos amours se repliaient
Que la sueur de nos fièvres s’évaporait
Si les mots de nos ivresses s’ennuyaient
Que les linges de nos passions se déchiraient

Si les tissus de ma peau se flétrissaient
Que les soies de mon visage se désagrégeaient
Si les nœuds de tes élans se relâchaient
Que le feu de nos démences s’étouffait
En silence serais-tu, en silence serais-tu,
En silence serais-tu, en silence serais-tu...

Infidèle, prenant ses jambes à ton cou?
Infidèle, happé par le chant des sirènes?

Si la fleur de l’âge me trahissait
Que ma source de jouvence se tarissait
Si les liens de tes envies se délaçaient
Que les flammes de nos transes s’étouffaient
En silence serais-tu, en silence serais-tu,
En silence serais-tu, en silence serais-tu...

Infidèle, prenant ses jambes à ton cou?
Infidèle, happé par le chant des sirènes?

 

 

Claire Diterzi

 

 

 

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Première soirée

20 Février 2012, 05:06am

Publié par vertuchou

Elle était fort déshabillée
Et de grands arbres indiscrets
Aux vitres jetaient leur feuillée
Malinement, tout près, tout près.

Assise sur ma grande chaise,
Mi-nue, elle joignait les mains.
Sur le plancher frissonnaient d'aise
Ses petits pieds si fins, si fins.

Je regardai, couleur de cire
Un petit rayon buissonnier
Papillonner dans son sourire
Et sur son sein, - mouche au rosier

Je baisai ses fines chevilles.
Elle eut un doux rire brutal
Qui s'égrenait en claires trilles,
Un joli rire de cristal

Les petits pieds sous la chemise
Se sauvèrent : « Veux-tu finir ! »
La première audace permise,
Le rire feignait de punir !

Pauvrets palpitants sous ma lèvre,
Je baisai doucement ses yeux :
Elle jeta sa tête mièvre
En arrière : « Oh ! c'est encor mieux !...

Monsieur, j'ai deux mots à te dire... »
Je lui jetai le reste au sein
Dans un baiser, qui la fit rire
D'un bon rire qui voulait bien...

Elle était fort déshabillée
Et de grands arbres indiscrets
Aux vitres jetaient leur feuillée
Malinement, tout près, tout près.

Arthur Rimbaud.

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