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Vertuchou.over-blog.com

Si tu viens

31 Mars 2013, 04:55am

Publié par vertuchou

Si tu viens, je prendrai tes lèvres dès la porte,
Nous irons sans parler dans l’ombre et les coussins,
Je t’y ferai tomber, longue comme une morte,
Et, passionnément, je chercherai tes seins.

À travers ton bouquet de corsage, ma bouche
Prendra leur pointe nue et rose entre deux fleurs,
Et t’écoutant gémir du baiser qui les touche,
Je te désirerai, jusqu’aux pleurs, jusqu’aux pleurs !

— Or, les lèvres au sein, je veux que ma main droite
Fasse vibrer ton corps — instrument sans défaut —
Que tout l’art de l’Amour inspiré de Sapho
Exalte cette chair sensible intime et moite.

Mais quand le difficile et terrible plaisir
Te cambrera, livrée, éperdument ouverte,
Puissè-je retenir l’élan fou du désir
Qui crispera mes doigts contre ton col inerte !

Lucie Delarue-Mardrus

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À la mort

30 Mars 2013, 04:56am

Publié par vertuchou

Tôt ou tard tu viendras – pourquoi pas maintenant ?
Je suis en grand malheur et je t’appelle.
ma lumière est éteinte, mon portrait est béant -
Pour toi si simple et si belle.
Tu peux prendre la forme qui te convient :
flèche empoisonnée, trouant le vide,
bandit, assomme-moi sur le chemin.
Emporte-moi fièvre typhoïde.
Ou bien encore – ta belle invention,
pour tous, à en vomir, banale ;
Qu’un képi bleu entre dans ma maison,
guidé par le concierge pâle.
Tout m’est égal. Ienisseï bouillonnant,
L’étoile polaire brille sur moi.
Et l’éclat bleu des yeux que j’aime tant
se voile d’un ultime effroi.

Anna Akhmatova

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Jesu, meine Freude / Jésus ma joie

29 Mars 2013, 04:59am

Publié par vertuchou

 

 

 

 

Jean-Sébastien Bach

1685-1750

 

Motet n°3 en mi mineur

BWV 227

'Jesu, meine Freude'

1723


Vocalconsort Berlin

dirigé par  Daniel Reuss

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The Edge

28 Mars 2013, 05:50am

Publié par vertuchou

Alexander-Gronsky---The-Edge.png

 

Alexander Gronsky 

 

The Edge

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De La Main Gauche

27 Mars 2013, 05:45am

Publié par vertuchou

Je t'écris de la main gauche
Celle qui n'a jamais parlé
Elle hésite, est si gauche
Que je l'ai toujours cachée

Je la mettais dans ma poche
Et là, elle broyait du noir
Elle jouait avec les croches
Et s'inventait des histoires

Je t'écris de la main gauche
Celle qui n'a jamais compté
Celle qui faisait des fautes
Du moins on l'a raconté

Je m'efforçais de la perdre
Pour trouver le droit chemin
Une vie sans grand mystère
Où l'on se donnera la main

Des mots dans la marge étroite
Tout tremblant qui font de dessins
Je me sens si maladroite
Et pourtant je me sens bien

Tiens voilà, c'est ma détresse
Tiens voilà, c'est ma vérité
Je n'ai jamais eu d'adresse
Rien qu'une fausse identité

Je t'écris de la main bête
Qui n'a pas le poing serré
Pour la guerre elle n'est pas prête
Pour le pouvoir n'est pas douée

Voilà que je la découvre
Comme un trésor oublié
Une vie que je recouvre
Pour les sentiers égarés

On prend tous la ligne droite
C'est plus court, ho oui, c'est plus court
On ne voit pas qu'elle est étroite
Il n'y a plus de place pour l'amour

Je voulais dire que je t'aime
Sans espoir et sans regrets
Je voulais dire que je t'aime, t'aime
Parce que ça semble vrai

 


Chanson écrite par  Danielle Messia

musique  de Danielle Messia et Jean Fredenucci

 

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La poésie, c’est le bouche-abîme

26 Mars 2013, 05:41am

Publié par vertuchou

La poésie, c’est le bouche-abîme du réel désiré qui manque


Pierre Reverdy

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Rondeau 31

25 Mars 2013, 05:24am

Publié par vertuchou

Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie,
Pour se vêtir de broderie
De soleil luisant, clair et beau.

Il n’y a bête ni oiseau
Qui en son jargon ne chante ou crie :
« Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie ! »

Rivière, fontaine et ruisseau,
Portent, en livrée jolie,
Gouttes d’argent d’orfèvrerie ;
Chacun s’habille de nouveau :
Le temps a laissé son manteau.

 

Charles d’Orléans

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J’ai en moi comme une brume

24 Mars 2013, 05:07am

Publié par vertuchou

Oui, j’ai en moi comme une brume
Qui n’est rien et qui ne détient
La saudade d’aucune chose
Ni le désir d’un bien quelconque.

Je suis enveloppé par elle
Comme un brouillard pourrait le faire
Et je vois luire la dernière étoile
Par-dessus le rebord de mon cendrier.

J’ai fumé la vie. Quelle incertitude
Dans tout ce que j’ai lu ou vu !
Le monde tout entier est un grand livre ouvert,
Lequel dans une langue ignorée me sourit.

 

Fernando Pessoa

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I cried for you

23 Mars 2013, 05:04am

Publié par vertuchou

You're beautiful so silently
It lies beneath a shade of blue
It struck me so violently
When I looked at you

But others pass, the never pause,
To feel that magic in your hand
To me you're like a wild rose
They never understand why

I cried for you
When the sky cried for you
And when you went
I became a hopeless drifter
But this life was not for you
Though I learned from you,
That beauty need only be a whisper

I'll cross the sea for a different world,
With your treasure, a secret for me to hold

In many years they may forget
This love of ours or that we met,
They may not know
how much you meant to me.

I cried for you
And the sky cried for you,
And when you went
I became a hopeless drifter.
But this life was not for you,
Though I learned from you,
That beauty need only be a whisper

Without you now I see,
How fragile the world can be
And I know you've gone away
But in my heart you'll always stay.

I cried for you
And the sky cried for you,
And when you went
I became a hopeless drifter.
But this life was not for you,
Though I learned from you,
That beauty need only be a whisper
That beauty need only be a whisper

Katie Melua

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Quand je ferme les yeux

22 Mars 2013, 05:51am

Publié par vertuchou

Quand je ferme les yeux
c'est encore toi qui rêves derrière mes paupières.
Je n'irai plus pour toi dévaliser la mer
ni faire le marché dans les plis du soleil.
Je n'irai plus pour toi fleurir le nid du cœur
ni ramasser des oeufs qui gisent en débris.
Je reste seul debout sous le mépris du temps
avec ta mort stupide qui enfle dans mon coeur.
Couvert d'ombre et de larmes
je n'y suis pour personne.
Je ne frappe plus aux portes
pour réveiller les hommes.
Mes mains ne servent plus
qu'à chercher ta présence.
Mes mots ne servent plus qu'à dire ton silence.
Tout ce qui manque au monde
y manque plus encore.
Je me perds de vue
comme un vêtement sans corps.

Jean-Marc La Frenière

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