Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Vertuchou.over-blog.com

le tombeau

21 Juillet 2013, 05:01am

Publié par vertuchou

Immensité criminelle
vase fêlé de l'immensité
ruine sans limites

immensité qui m'accable molle
je suis mou
l'univers est coupable

la folie ailée ma folie
déchire l'immensité
et l'immensité me déchire

je suis seul
des aveugles liront ces lignes
en d'interminables tunnels

je tombe dans l'immensité
qui tombe en elle-même
elle est plus noire que ma mort

le soleil est noir
la beauté d'un être est le fond des caves un cri
de la nuit définitive

ce qui aime dans la lumière
le frisson dont elle est glacée
est le désir de la nuit

je mens
et l'univers se cloue
à mes mensonges déments

l'immensité
et moi
dénonçons les mensonges l'un de l'autre

la vérité meurt
et je crie
que la vérité ment

ma tête sucrée
qu'épuise la fièvre
est le suicide de la vérité

Le non-amour est la vérité
et tout ment dans l'absence d'amour
rien n'existe qui ne mente

comparé au non-amour
l'amour est lâche
et n'aime pas

l'amour est parodie du non-amour
la vérité parodie du mensonge
l'univers un suicide gai

dans le non-amour
l'immensité tombe en elle-même
ne sachant que faire

tout est pour d'autres en paix
les mondes tournent majestueux
dans leur monotonie calme

l'univers est en moi comme en lui-même
plus rien ne m'en sépare
je me heurte en moi-même à lui

dans le calme infini
où les lois l'enchainent
il glisse à l'impossible immensément

horreur
d'un monde tournant en rond
l'objet du désir est plus loin

la gloire de l'homme est
si grande qu'elle soit
d'en vouloir une autre

je suis
le monde est avec moi
poussé hors du possible

je ne suis que le rire
et la nuit puérile
où tombe l'immensité

je suis le mort
l'aveugle
l'ombre sans air

comme les fleuves dans la mer
en moi le bruit et la lumière
se perdent sans finir

je suis le père
et le tombeau
du ciel

l'excès de ténèbres
est l'éclat de l'étoile
le froid de la tombe est un dé

la mort joua le dé
et le fond des cieux jubile
de la nuit qui tombe en moi


Georges Bataille

Voir les commentaires

Si dehors j'étais restée

20 Juillet 2013, 05:58am

Publié par vertuchou

Si dehors j'étais restée,
où je fus commencée,
les nuits seraient péché,
et les journées danger.
Il y en aurait un qui m'eût prise
et puis de nouveau laissée,
et un second serait venu.
Ma bouche , il l’aurait cachée

avec tous ses baisers.
Et un troisième j'aurais
peut-être dû suivre nu-pieds,
et ne l'aurais atteint jamais ;
le quatrième je ne l'aurais laissé
entrer que par fatigue morose,
et pour embrasser quelque chose
et , quelque part ,être couchée.

Or , comme chez aucun je ne dormais ,
n'ai-je donc rien commis ?
Où fus-je quand nous chantâmes , dis ?
Qui appelais-je quand je T'appelais ?

Rainer Maria Rilke

Voir les commentaires

La mer. la Crimée

19 Juillet 2013, 05:55am

Publié par vertuchou

Arkhip Kuindzhi. La mer. la Crimée. 1898-1908. huile sur toile . 40 cm x 54 cm

Arkhip Kuindzhi. La mer. la Crimée. 1898-1908. huile sur toile . 40 cm x 54 cm

Voir les commentaires

À Aurore

18 Juillet 2013, 05:47am

Publié par vertuchou

La nature est tout ce qu’on voit,
Tout ce qu’on veut, tout ce qu’on aime.
Tout ce qu’on sait, tout ce qu’on croit,
Tout ce que l’on sent en soi-même.

Elle est belle pour qui la voit,
Elle est bonne à celui qui l’aime,
Elle est juste quand on y croit
Et qu’on la respecte en soi-même.

Regarde le ciel, il te voit,
Embrasse la terre, elle t’aime.
La vérité c’est ce qu’on croit
En la nature c’est toi-même.


George Sand

Voir les commentaires

J’arrache l’écorce de ton absence

17 Juillet 2013, 05:59am

Publié par vertuchou

J’arrache l’écorce de ton absence
et je lèche les zones blessées du désir,
ma salive comme une gaze ou suture
elle apaise ton poison, néanmoins
je les lèche avec une langue
dont on a peur de perdre le sens,
mais qui fêle, malgré tout, l’attente.

Prisca Agustoni

Voir les commentaires

Sonate K 517 en ré mineur

16 Juillet 2013, 05:56am

Publié par vertuchou

Domenico Scarlatti , Sonate K 517 [Longo 266] en ré mineur, Prestissimo

Voir les commentaires

la nuit d'août

15 Juillet 2013, 04:51am

Publié par vertuchou

Ô Muse ! que m'importe ou la mort ou la vie ?

J'aime, et je veux pâlir ; j'aime et je veux souffrir ;

J'aime, et pour un baiser je donne mon génie ;

J'aime, et je veux sentir sur ma joue amaigrie

Ruisseler une source impossible à tarir.

J'aime, et je veux chanter la joie et la paresse,

Ma folle expérience et mes soucis d'un jour,

Et je veux raconter et répéter sans cesse

Qu'après avoir juré de vivre sans maîtresse,

J'ai fait serment de vivre et de mourir d'amour.

Dépouille devant tous l'orgueil qui te dévore,

Cœur gonflé d'amertume et qui t'es cru fermé.

Aime, et tu renaîtras ; fais-toi fleur pour éclore.

Après avoir souffert, il faut souffrir encore ;

Il faut aimer sans cesse, après avoir aimé.

Alfred de Musset

Voir les commentaires

Qui veut attendre un perdant ?

14 Juillet 2013, 05:49am

Publié par vertuchou

Encore une fois, là-bas,
quelqu’un doit m’attendre.
J’ai une moitié de cœur
et dois avancer.

Et là-bas,
il y a bien une main.
Quelque chose à tenir.
Et qui est urgent. Urgent.

Vide est ma vie.
À moitié vide est ma vie.
Vite passe ma vie.

Laisse-moi arriver
auprès de quelqu’un qui attend quelque chose,
même d’à moitié vide comme moi.
Quelqu’un doit m’attendre,
dès ce soir.

Tarjei Vesaas

Voir les commentaires

La poésie doit être faite par tous

13 Juillet 2013, 05:20am

Publié par vertuchou

La poésie doit être faite par tous. Non par un. Toutes les tours d’ivoire seront démolies, toutes les paroles seront sacrées et l’homme s’étant enfin accordé à la réalité qui est sienne, n’aura plus qu’à fermer les yeux pour que s’ouvrent les portes du merveilleux.


Paul Éluard

Voir les commentaires

Pa' Llegar A Tu Lado / Pour arriver à tes cotés

12 Juillet 2013, 05:17am

Publié par vertuchou

Pa'llegara a tu lado
Gracias a tu cuerpo doy
Por haberme esperado
Tuve que perderme pa'
Llegar hasta tu lado

Gracias a tus brazos doy
Por haberme alcanzado
Tuve que alejarme pa'
Llegar hasta tu lado

Gracias a tus manos doy
Por haberme aguantado
Tuve que quemarme
Pa'llegar hasta tu lado

 

Lhasa de Sela

 

Pour arriver à  tes cotés
Je remercie ton corps
De m'avoir attendue
Il a fallu que je me perde
Pour arriver à  tes côtés

Je remercie tes bras
De m'avoir atteinte
Il a fallu que je m'éloigne
Pour arriver à  tes côtés

Je remercie tes mains
De m'avoir supportée
Il a fallu que je me brûle
Pour arriver à  tes côtés

 

 

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 > >>