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Mes lèvres

28 Février 2014, 04:50am

Publié par vertuchou

Mes lèvres sont mortes d'ivresse
Embrasées dans un tourbillon
Carillonnant, plein de promesses,
Sans confettis et cotillons,
Alors que tout autour de moi semblait vibrer tourbillonner,
Dans des éclats de rire gras
Mes lèvres se sont desséchées
Je les avais brûlées pour toi
Fardées de rouge et puis d'étoiles,
Amassées, cachées sous mon voile
A l'aube en te croyant roi

Mes lèvres sont mortes à minuit

Mes lèvres sont mortes d'ivresse,
Embrasées dans un tourbillon
Carillonnant, plein de promesses,
Sans confettis et cotillons,
Bien sûr tu m'avais prévenu
Venant auprès de moi que toi
Tu ne te mettrais pas à nu
Que tu venais par désarrois
Mais tes mains tu me les tendais,
Tes mains trop grandes et tes doigts d'or
Je les ai laissées me serrer
Elles sont à la taille de mon corps

Mes lèvres sont mortes à minuit

Mes lèvres sont mortes d'ivresse,
Embrasées dans un tourbillon
Carillonnant, plein de promesses,
Sans confettis et cotillons,
Quand dans ta nuit tu m'as couché
C'est à ma bouche que tu pressais
Ta tête lourde et ta douleur
J'étais ton ange ta douceur
Veilleuse de nuit j'ai posé
Mes doigts sur tes yeux enfoncés
Car je les sentais exploser
Tes yeux, au creux de ta pensée

Mes lèvres sont mortes à minuit

Mes lèvres sont mortes d'ivresse,
Embrasées dans un tourbillon
Carillonnant, plein de promesses,
Sans confettis et cotillons,
Ton ange dans ce tourbillon
Rêvait quand ses lèvres ont pris feu
Elle brûlait pour le réveillon
Dans une brèche de tes yeux
Mes lèvres sont mortes à minuit
Au premier son du carillon
Dont les douze coups m'ont réduite
En une pluie de cotillons

Mes lèvres sont mortes à minuit
Mes lèvres sont mortes

L (de son vrai nom Raphaële Lannadère)

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Comment encore reconnaître

27 Février 2014, 04:11am

Publié par vertuchou

Comment encore reconnaître

ce que fut la douce vie ?

En contemplant peut-être

dans ma paume l'imagerie

.

de ces lignes et de ces rides

que l'on entretient

en fermant sur le vide ?

cette main de rien.

Rainer Maria Rilke

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Je me glisse…

26 Février 2014, 04:23am

Publié par vertuchou

Je me glisse…

Je me glisse aux jointures
je me nourris aux confins
du temps des rencontres
de l’espace des instants

tu m’es présente par-dessus les fougères
les langues de la pelouse nous caressent
nous interrogeons le faîte du mur
nous affinons l’air
qui nous sépare
plus légères les branches
où se ramifie l’espoir
hauteur de ton souffle
sur nos mains tendues
L’attente efface
les distances
Nous ne sommes qu’une braise
dans la gorge du temps

Fernand Verhesen

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Sunrise / Lever de soleil

25 Février 2014, 04:31am

Publié par vertuchou

John Ruskin (English, 1819-1900), lever du soleil. aquarelle sur papier, 23.1 x 30.7 cm

John Ruskin (English, 1819-1900), lever du soleil. aquarelle sur papier, 23.1 x 30.7 cm

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Dans la rue glacée je te revois

24 Février 2014, 04:36am

Publié par vertuchou

« Dans la rue glacée je te revois moulée sur un frisson, les yeux seuls à découvert. Le col haut relevé, l’écharpe serrée de la main sur la bouche, tu étais l’image même du secret, d’un des grands secrets de la nature au moment où il se livre et dans tes yeux de fin d’orage on pouvait voir se lever un très pâle arc-en-ciel. [...]

Quand le sort t’a portée à ma rencontre, la plus grande ombre était en moi et je puis dire que c’est en moi que cette fenêtre s’est ouverte. La révélation que tu m’apportais, avant de savoir même en quoi elle pouvait consister, j’ai su que c’était une révélation »


André Breton Arcane 17

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Le poète est celui qui inspire

23 Février 2014, 04:28am

Publié par vertuchou

Le poète est celui qui inspire bien plus que celui qui est inspiré.

Les poèmes ont toujours de grandes marges blanches, de grandes marges

de silence où la mémoire ardente se consume pour recréer un délire sans passé.
Leur principale qualité est non pas, je le répète, d’invoquer, mais d’inspirer.

Tant de poèmes d’amour sans objets réuniront, un beau jour, des amants.


Paul Eluard

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Si je n’aimais que toi en toi

22 Février 2014, 04:55am

Publié par vertuchou

Si je n’aimais que toi en toi
Je guérirais de ton visage,
Je guérirais bien de ta voix
Qui m’émeut comme lorsqu’on voit,
Dans le nocturne paysage,
La lune énigmatique et sage,
Qui nous étonne chaque fois.

— Si c’était toi par qui je rêve,
Toi vraiment seul, toi seulement,
J’observerais tranquillement
Ce clair contour, cette âme brève
Qui te commence et qui t’achève.

Mais à cause de nos regards,
À cause de l’insaisissable,
À cause de tous les hasards,
Je suis parmi toi haute et stable
Comme le palmier dans les sables ;

Nous sommes désormais égaux,
Tout nous joint, rien ne nous sépare,
Je te choisis si je compare ;
— C’est toi le riche et moi l’avare,
C’est toi le chant et moi l’écho,
Et t’ayant comblé de moi-même,
Ô visage par qui je meurs,
Rêves, désirs, parfums, rumeurs,
Est-ce toi ou bien moi que j’aime ?

Anna de Noailles

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Je vous apercevrai

21 Février 2014, 04:42am

Publié par vertuchou

Je vous apercevrai chaque jour à mesure
Que vous avancerez silencieuse et rare
Comme toutes vos paroles
Et je n’aurai pour vous qu’un geste et qu’un désir
Et je n’aurai pour vous qu’une joie très ancienne
Morte et ressuscitée avec votre silence
Et gardant la conscience du mal et des regrets
Une joie ayant la forme imprévisible d’un rayon
Une joie ayant la forme de deux mains qui se serrent
Et prennent la lumière et le ciel et la mer
Et l’eau de nos regards sans rien dire
Je vous apercevrai chaque jour à mesure
Plus précise et plus effacée
Plus lumineuse et plus obscure
Comme la mort du soleil à la fin des années
Ou comme un bruit de pas perdu dans les éthers
Comme le mal terrassé par la présence de la mort
Cette promesse éclatante d’une autre vie.

Jacques Prevel

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Suite en la mineur

20 Février 2014, 04:07am

Publié par vertuchou

Georg Philipp Telemann, Ouverture et extraits "Suite en la mineur pour flûte à bec et cordes"

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Chanson d'automne

19 Février 2014, 09:58am

Publié par vertuchou

Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

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