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La lune et le cyprès

31 Mars 2014, 04:25am

Publié par vertuchou

Cette lumière est celle de l’esprit, froide et planétaire,
Et bleue. Les arbres de l’esprit sont noirs.
L’herbe murmure son humilité, dépose son fardeau de peine
Sur mes pieds comme si j’étais Dieu.
Une brume capiteuse s’est installée en ce lieu
Qu’une rangée de pierres tombales sépare de ma maison.
je ne vois pas du tout où cela peut mener.

La lune n’offre aucune issue, c’est un visage morne
D’une blancheur d’os effroyable.
Elle traîne derrière elle l’océan comme un crime obscur ; elle est calme,
Trou béant de désespoir total. J’habite ici.
Deux fois tous les dimanches les cloches ébranlent le ciel —
Huit langues puissantes annoncent la Résurrection.
À la fin, seul vibre le son grave de leur renommée.

Le cyprès se dresse alors, gothique.
Aux yeux levés sur lui, il désigne la lune.
La lune est ma mère. Elle n’a pas la patience de Marie.
Son vêtement bleu laisse échapper chauve-souris et hiboux.
Je voudrais tellement pouvoir croire à la tendresse —
Au visage de cette effigie, adouci par la lueur des cierges,
Qui poserait sur moi son regard bienveillant.

Je suis tombée de trop haut. Des nuages fleurissent,
Mystiques et bleus, à la face des étoiles.
Dans l’église les saints doivent être tout bleus,
À frôler les bancs glacés de leurs pieds délicats,
Et leurs mains et leur visage tout engourdis de sainteté.
La lune ne voit rien de tout cela. Elle est chauve, elle est cruelle.
Et le message du cyprès n’est que ténèbres — ténèbres et silence.

Sylvia Plath

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Red morning

30 Mars 2014, 04:12am

Publié par vertuchou

Maria Mann, Red morning

Maria Mann, Red morning

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La poésie ne doit pas périr

29 Mars 2014, 04:24am

Publié par vertuchou

La poésie ne doit pas périr. Car alors, où serait l'espoir du Monde ?

Léopold Sedar Senghor

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Ô jeune Florentine

28 Mars 2014, 04:20am

Publié par vertuchou

Ô jeune Florentine à la prunelle noire,
Beauté dont je voudrais éterniser la gloire,
Vous sur qui notre maître eût jeté plus de lys
Que devant Galatée ou sur Amaryllis,
Vous qui d’un blond sourire éclairez toutes choses
Et dont les pieds polis sont pleins de reflets roses,
Hier vous étiez belle, en quittant votre bain,
À tenter les pinceaux du bel ange d’Urbin.
Ô colombe des soirs ! moi qui vous trouve telle
Que j’ai souvent brûlé de vous rendre immortelle,
Si j’étais Raphaël ou Dante Alighieri
Je mettrais des clartés sur votre front chéri,
Et des enfants riants, fous de joie et d’ivresse,
Planeraient, éblouis, dans l’air qui vous caresse.
Si Virgile, ô diva ! m’instruisait à ses jeux,
Mes chants vous guideraient vers l’Olympe neigeux
Et l’on y pourrait voir sous les rayons de lune,
Près de la Vénus blonde une autre Vénus brune.
Vous fouleriez ces monts que le ciel étoilé
Regarde, et sur le blanc tapis inviolé
Qui brille, vierge encor de toute flétrissure,
Les Grâces baiseraient votre belle chaussure !

Théodore de Banville

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Le chemin de l'amour

27 Mars 2014, 05:00am

Publié par vertuchou

Amour, mon cher Amour, je te sais près de moi

Avec ton beau visage.
Si tu changes de nom, d'accent, de cœur et d'âge,
Ton visage du moins ne me trompera pas.
Les yeux de ton visage, Amour, ont près de moi
La clarté patiente des étoiles.
De la nuit, de la mer, des îles sans escales,
Je ne crains rien si tu m'as reconnue.
Mon Amour, de bien loin, pour toi, je suis venue
Peut-être. Et nous irons Dieu sait où maintenant ?
Depuis quand cherchais-tu mon ombre évanouie ?
Quand t'avais-je perdu ? Dans quelle vie ?
Et qu'oserait le ciel contre nous maintenant ?


Sabine Sicaud

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Now that the sun hath veiled his light

26 Mars 2014, 04:14am

Publié par vertuchou

Henry Purcell (1659?-1695) An Evening Hymn 'Now that the sun hath veiled his light', Z193, Philippe Jaroussky Andreas Scholl et l'Ensemble Artaserse

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Sonnet numéro II

25 Mars 2014, 04:27am

Publié par vertuchou

O beaus yeus bruns, ô regars destournez,
O chaus soupirs, ô larmes espandues,
O noires nuits vainement atendues,
O jours luisans vainement retournez :

O tristes pleins, ô desirs obstinez,
O tems perdu, ô peines despendues,
O mile morts en mile rets tendues,
O pires maus contre moy destinez.

O ris, ô front, cheveus, bras, mains et doits :
O lut pleintif, viole, archet et vois :
Tant de flambeaus pour ardre une femmelle !

De toy me plein, que tant de feus portant,
En tant d'endrois d'iceus mon coeur tatant,
N'en est sur toy volé quelque estincelle.

Louise Labé

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Douleur

24 Mars 2014, 05:59am

Publié par vertuchou

Enclos de pierres sèches
Vigie muette
Habite le nu


Lumière crue
Douleur du désir
Oubli d’un avenir


J’arrache une à une
de ma peau meurtrie
les épines de la vie

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De mes vers...

23 Mars 2014, 04:57am

Publié par vertuchou

De mes vers, écrits si tôt
Que je ne me savais pas poète,
Jaillis comme l'eau des fontaines,
Comme le feu des fusées,

S'engouffrant comme des diablotins
Dans le sanctuaire plein de rêves et d'encens,
De mes vers de jeunesse et de mort
- De mes vers jamais lus ! -

Jetés dans la poussière des libraires
(où personne n'en veut ni n'en a voulu),
De mes vers, comme des vins précieux
Viendra le tour.

Marina Tsvetaeva

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Les idées claires

22 Mars 2014, 04:01am

Publié par vertuchou

René Magritte, Les idées claires  1955.

René Magritte, Les idées claires 1955.

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