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Feuille morte

31 Août 2014, 04:19am

Publié par vertuchou

Toutes les fleurs veulent se changer en fruits,

Toute matinée veut devenir soirée,
Sur terre rien n’est éternité,
Si ce n’est le mouvement, le temps qui fuit.

Même le plus bel été veut voir une fois
La nature qui se fane, l’automne qui vient.
Reste tranquille, feuille, garde ton sang-froid
Lorsque le vent veut t’enlever au loin.

Poursuis tes jeux et ne te défends pas,
Laisse les choses advenir sans heurts,
Laisse enfin le vent qui te détacha
Te conduire jusqu’à ta demeure.

Hermann Hesse

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Abri

30 Août 2014, 04:45am

Publié par vertuchou

Dans les lignes de ta main
Pour me plaire j’y veux voir
Que rien ne nous sépare
Et qu’avons même destin.

Dans les lignes de ta main
Je découvre en cherchant
Les signes bienfaisants
De ce qui me convient.

Dans le creux de ta paume
Où ma main se blottit
Je retrouve mon abri
Doux et calme. Comme un baume.

Esther Granek

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Composition

29 Août 2014, 04:10am

Publié par vertuchou

Ossip Zadkine, Compostion, 1964, gouache sur papier, 45 x 64 cm

Ossip Zadkine, Compostion, 1964, gouache sur papier, 45 x 64 cm

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Il y a quelque nonchalance

28 Août 2014, 04:06am

Publié par vertuchou

Il y a quelque nonchalance,

Peut-être quelque pauvreté
Dans ton amour plein de silence;
Je le sens cette nuit d’été.

L’espace étoilé qui nous lie
Par ses zéphyrs et son odeur
Ressemble plus à ma folie
Qu’à ta noble et simple pudeur.

Tu penses à toi en vivant,
Tout ton être en toi persévère;
Moi par l’arôme et par le vent
Je rejoins les sublimes sphères.

L’infini qui respire et luit
S’accorderait avec mon être
Si le ciel pouvait me connaître
Et si j’appartenais à lui !

Mais toi, sans même que tu saches
D’où me vient ma triste fureur,
D’où vient que mon désir s’attache
À ta vive et sourde pâleur,

Tu vis tranquillement, content
De sentir ton esprit à l’aise
Parmi tous mes soins, et pourtant
Je n’aime pas que tu me plaises !

Je n’aime pas ce dévouement
Que suscite en moi quelque charme
De ta voix; de tes mouvements,
Toutes tes innocentes armes !

Depuis le jour où je t’aimai
Ma fierté s’irrite et réclame,
Je ne me pardonne jamais
Cette reddition de l’âme !

Àh laisse-moi te fuir, afin
De te retrouver en moi-même,
Selon ma soif, selon ma faim,
Et suffisant pour que je t’aime !

Anna de Noailles

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"Il" était mon premier amant

27 Août 2014, 04:09am

Publié par vertuchou

"Il" était mon premier amant. C'était sur lui que j'avais connu le parfum de mon propre corps. C'est toujours sur le corps des autres qu'on découvre le sien, sa longueur, son odeur, d'abord avec méfiance, puis avec reconnaissance.


Françoise Sagan

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Archiviste du vent

26 Août 2014, 09:28am

Publié par vertuchou

Le vent seul
Fait ce qu’il est
Ce qu’il veut
Le vent qui fait commerce à la criée
D’herbes noires
Et de pierres brûlées

Paul Vincensini

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Profile study

25 Août 2014, 04:20am

Publié par vertuchou

Erwin Blumenfeld

Erwin Blumenfeld

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Le Diable "Ça va"

24 Août 2014, 04:12am

Publié par vertuchou

Un jour,

Un jour le diable vint sur Terre
Un jour le diable vint sur Terre
Pour surveiller ses intérêts
Il a tout vu le diable, il a tout entendu
Et après avoir tout vu
Et après avoir tout entendu
Il est retourné chez lui, là-bas.
Et là-bas, on avait fait un grand banquet
A la fin du banquet, il s´est levé le diable
Il a prononcé un discours :

Ça va
Il y a toujours un peu partout
Des feux illuminant la Terre
Ça va
Les hommes s´amusent comme des fous
Au dangereux jeu de la guerre
Ça va
Les trains déraillent avec fracas
Parce que des gars pleins d´idéal
Mettent des bombes sur les voies
Ça fait des morts originales
Ça fait des morts sans confession
Des confessions sans rémission
Ça va

Rien ne se vend mais tout s´achète
L´honneur et même la sainteté
Ça va
Les États se muent en cachette
En anonymes sociétés
Ça va
Les grands s´arrachent les dollars
Venus du pays des enfants
L´Europe répète l’Avare
Dans un décor de mil neuf cent
Ça fait des morts d´inanition
Et l´inanition des nations
Ça va

Les hommes, ils en ont tant vu
Que leurs yeux sont devenus gris
Ça va
Et l´on ne chante même plus
Dans toutes les rues de Paris
Ça va
On traite les braves de fous
Et les poètes de nigauds
Mais dans les journaux de partout
Tous les salauds ont leur photo
Ça fait mal aux honnêtes gens
Et rire les malhonnêtes gens
Ça va, ça va, ça va, ça va !

Jacques Brel

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La poésie mène au même point

23 Août 2014, 04:09am

Publié par vertuchou

La poésie mène au même point que chaque forme de l’érotisme, à l’indistinction, à la confusion des objets distincts. Elle nous mène à l’éternité, elle nous mène à la mort, à la continuité : la poésie est l’éternité. C’est la mer allée avec le soleil.

Georges Bataille

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Cicatrice

22 Août 2014, 04:26am

Publié par vertuchou

Un pétale, une fleur, une tige
est coupée
Une goutte d’un bout
à l’autre se brise
Comme l’appel d’un feu
qui ne s’éteint jamais
Comme le son d’un regard
aux lignes élastiques
Une géométrie variable
un océan de paix
qui cicatrise
qui traverse la vague au détour des récifs
et tout explose et ils me disent :
“Reviens !”


Winston Perez,

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