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Vertuchou.over-blog.com

A l'impossible on est tenu

28 Février 2015, 04:26am

Publié par vertuchou

Oui je sais que
la réalité a des dents
pour mordre
que s'il gèle il fait froid
et que un et un font deux

je sais je sais
qu'une main levée
n'arrête pas le vent
et qu'on ne désarme pas
d'un sourire
l'homme de guerre

mais je continuerai à croire
à tout ce que j'ai aimé
à chérir l'impossible
buvant à la coupe du poème
une lumière sans preuves

car il faut être très jeune
avoir choisi un songe
et s'y tenir
comme à sa fleur tient la tige

contre toute raison


Jean-Pierre Siméon

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Sans titre

27 Février 2015, 04:56am

Publié par vertuchou

Klaus Fußmann (né en1938), Sans titre (Mer Baltique Kronsgaard), 1997

Klaus Fußmann (né en1938), Sans titre (Mer Baltique Kronsgaard), 1997

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Sonnet numéro XV

26 Février 2015, 04:54am

Publié par vertuchou

Pour le retour du Soleil honorer,
Le Zephir, l'air serein lui apareille :
Et du sommeil l'eau et la terre esveille,
Qui les gardoit l'une de murmurer,

En dous coulant, I'autre de se parer
De mainte fleur de couleur nompareille.
Ja les oiseaus es arbres font merveille,
Et aus passans font l'ennui moderer :

Les Nynfes ja en mile jeus s'esbatent
Au cler de Lune, et dansans l'herbe abatent :
Veus tu Zephir de ton heur me donner,

Et que par toy toute me renouvelle ?
Fay mon Soleil devers moy retourner,
Et tu verras s'il ne me rend plus belle.

Louise Labé

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Embrasse-moi

26 Février 2015, 03:44am

Publié par vertuchou

C’était dans un quartier de la ville lumière
Où il fait toujours noir où il n’y a jamais d’air
Et l’hiver comme l’été là c’est toujours l’hiver
Elle était dans l’escalier
Lui à côté d’elle elle à côté de lui
C’était la nuit
Ça sentait le souffre
Car on avait tué des punaises dans l’après-midi
Et elle lui disait
Ici il fait noir
Il n’y a pas d’air
L’hiver comme l’été c’est toujours l’hiver
Le soleil du bon dieu ne brill’ pas de notr’ côté
Il a bien trop à faire dans les riches quartiers
Serre-moi dans tes bras
Embrasse-moi
Embrasse-moi longtemps
Embrasse-moi
Plus tard il sera trop tard
Notre vie c’est maintenant
Ici on crèv’ de tout
De chaud et de froid
On gèle on étouffe
On n’a pas d’air
Si tu cessais de m’embrasser
Il me semble que j’mourais étouffée
T’as quinze ans j’en ai quinze
A nous deux on a trente
A trente ans on n’est plus des enfants
On a bien l’âge de travailler
On a bien celui de s’embrasser
Plus tard il sera trop tard
Notre vie c’est maintenant
Embrasse-moi !

Jacques Prévert

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Qu’est-ce qu’un beau poème ...

25 Février 2015, 04:41am

Publié par vertuchou

Qu’est-ce qu’un beau poème sinon une folie retouchée ?

Gaston Bachelard,

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Aux Oiseaux sensuailes

24 Février 2015, 04:19am

Publié par vertuchou

Elle ses lèvres sont conçues
pour épeler l’encens tremblé des mots
Elle le tour de glaise de sa bouche
modèle la hanche féminine des mots

A sa bouche le rouge
ainsi que la vigne à la soif
ajuste un doigt d’ivresse
une once de cerise au ciel

Si elle soupire voit-on
naître un coquelicot une fleur de pavot ?
Elle ses lèvres sont conçues
pour laver de salive
le verbe quand il se fait volupté

Denys-Louis Colaux

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Ich hatte viel Bekümmernis

23 Février 2015, 04:11am

Publié par vertuchou

Jean-Sébastien Bach, Cantate BWV 21: Ich hatte viel Bekümmernis (17 June 1714), La Chapelle Royale & Collegium Vocale Gent, direction : Philippe Herreweghe.

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Pétales de pivoine

22 Février 2015, 04:04am

Publié par vertuchou

Pétales de pivoine
Trois pétales de pivoine
Rouges comme une pivoine
Et ces pétales me font rêver

Ces pétales ce sont
Trois belles petites dames
À peau soyeuse et qui rougissent
De honte
D’être avec des petits soldats

Elles se promènent dans les bois
Et causent avec les sansonnets
Qui leur font cent sonnets

Elles montent en aéroplane
Sur de belles libellules électriques
Dont les élytres chatoient au soleil

Et les libellules qui sont
De petites diablesses
Font l’amour avec les pivoines
C’est un joli amour contre nature
Entre demoiselles et dames

Trois pétales dans la lettre
Trois pétales de pivoine.

Guillaume Apollinaire

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El desierto

21 Février 2015, 04:09am

Publié par vertuchou

He venido al desierto pa irme de tu amor,
¡Que el desierto es más tierno y la espina besa mejor!

He venido a este centro de la nada pa gritar,
Que tú nunca mereciste lo que tanto quise dar...
¡Que tú nunca mereciste lo que tanto quise dar !

He venido al desierto pa irme de tu amor,
¡Que el desierto es más tierno y la espina besa mejor!

He venido a este centro de la nada pa gritar,
Que tú nunca mereciste...

He venido yo corriendo, olvidándome de ti,
¡Dame un beso pajarillo no te asustes colibrí !

He venido encendida al desierto pa quemar,
Porque el alma prende fuego cuando deja de amar...
Porque el alma prende fuego ,cuando deja de amar.

He venido yo corriendo olvidándome de ti,
¡Dame un beso pajarillo, y no te asustes colibrí!

He venido encendida al desierto pa quemar,
Porque el alma prende fuego...

He venido yo corriendo olvidándome de ti,
¡Dame un beso pajarillo, y no te asustes colibrí!

He venido encendida al desierto pa quemar,
Porque el alma prende fuego cuando deja de amar...
Porque el alma prende fuego cuando deja de amar...

He venido al desierto pa irme de tu amor,
¡Que el desierto es más tierno y la espina besa mejor!

He venido a este centro de la nada pa gritar,
¡Que tú nunca mereciste lo que tanto quise dar !

He venido yo corriendo olvidándome de ti,
¡Dame un beso pajarillo, y no te asustes colibrí!

He venido encendida al desierto pa quemar,
Porque el alma prende fuego


Lhasa de Sala

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Vivant, ne vivant plus

20 Février 2015, 04:17am

Publié par vertuchou

Vivant ne vivant plus
les amants séparés
ne peuvent pas dormir
redisant le nom de l'amour
et de la source inconsolable

Criant ne criant plus
la bouche enfoncée dans la nuit
ils roulent sur l'oreiller impossible du temps
et c'est le temps qui les nourrit

Leurs deux noms enlacés dans la matière noire
les amants séparés ne peuvent pas dormir
priant que le temps passe
priant et suppliant
que le temps de l'amour ne passe jamais
vivant ne vivant plus
vivant l'inexorable.

Henry Bachau

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