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Belle qui tiens ma vie

30 Septembre 2016, 03:29am

Publié par vertuchou

Belle qui tiens ma vie
Captive dans tes yeux,
Qui m'as l’âme ravie
D'un sourire gracieux,
Viens tôt me secourir
Ou me faudra mourir.(bis)

Pourquoi fuis-tu mignarde
Si je suis près de touai,
Quand tes yeux je regarde
Je me perds dedans mouai,
Car tes perfections
Changent mes actions.(bis)

Tes beautés et ta grâce
Et tes divins propos
Ont échauffé la glace
Qui me gelait les os,
Et ont rempli mon cœur
D'une amoureuse ardeur.(bis)

Mon âme voulait être
Libre de passions,
Mais Amour s'est fait maître
De mes affections,
Et a mis sous sa loi
Et mon cœur et ma foi.(bis)

Approche donc ma belle
Approche, toi mon bien,
Ne me sois plus rebelle
Puisque mon cœur est tien.
Pour mon mal apaiser,
Donne-moi un baiser.(bis)

Je meurs mon angelette,
Je meurs en te baisant.
Ta bouche tant doucette
Va mon bien ravissant.
À ce coup mes esprits
Sont tous d'amour épris.(bis)

Plutôt on verra l'onde
Contre mont reculer,
Et plutôt l'œil du monde
Cessera de brûler,
Que l'amour qui m'époint
Décroisse d'un seul point.(bis)

Thoinot Arbeau

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Avec certains êtres

29 Septembre 2016, 02:49am

Publié par vertuchou

Avec certains êtres, très rares, il faudrait ne pas parler. Il faudrait tout de suite être dans les bras, caresser le visage, les paupières, les joues, les lèvres, les effleurer d’un doigt, lentement d’abord, puis dans un baiser, passionnément. S’embrasser. S’étreindre. Les mots sont inutiles. Les mots viendraient plus tard confirmer ce que les corps ont su dès les premiers instants.

— Laurence Tardieu, Un temps fou

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Tableaux frioulants

28 Septembre 2016, 03:27am

Publié par vertuchou

Sans manteau, dans l'odeur de jasmin
je me perds dans ma promenade vespérale,
respirant – avide et prostré, jusqu'à

ne plus exister, à être fièvre dans l'air,
la pluie qui germe et le ciel bleu
qui plombe durement sur les chaussées, signaux,

chantiers, troupeaux de gratte-ciel, amas
de déblais et d'usine, pénétrés
d'obscurité et de misère…

Je marche sur une sordide boue durcie, et je rase
des taudis récents et délabrés, à la lisière
de chauds terrains herbeux…Souvent l'expérience

répand autour d'elle plus de gaieté, plus de vie,
que l'innocence ; mais ce vent muet
remonte de la région ensoleillée

de l'innocence…L'odeur précoce et fragile
de printemps qu'il répand, dissout
toute défense dans ce cœur que j'ai racheté

par la seule clarté : je reconnais d'anciens désirs,
délires, tendresses éperdues,
dans ce monde agité de feuilles.

Pier Paolo Pasolini

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Zefiro torna e di soavi accenti

27 Septembre 2016, 03:22am

Publié par vertuchou

Claudio Monteverdi, Zefiro torna e di soavi accenti, SV 251, madrigal pour deux voix et basse continue

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Au bas des jardins de sables

26 Septembre 2016, 03:17am

Publié par vertuchou

Au bas des jardins de sables je t'ai rencontrée, mon amour.
Tu passais les jardins de saules d'un pied qui est comme neige.
Tu me dis de prendre l'amour simplement, ainsi que poussent les feuilles,
Mais moi j'étais jeune et fou et n'ai pas voulu te comprendre.

Dans un champs près de la rivière nous nous sommes tenus, mon amour,
Et sur mon épaule penchée tu posas ta main qui est comme neige.
Tu me dis de prendre la vie simplement, comme l'herbe pousse sur la levée,
Mais moi j'étais jeune et fou et depuis lors je te pleure.

William Butler Yeats

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Cette émotion appelée poésie

25 Septembre 2016, 03:15am

Publié par vertuchou

La poésie n’est en rien ni nulle part, c’est pourquoi
elle peut être mise en tout et partout. Mais rien ne s’opère
sans une véritable transmutation des valeurs.
Dans l’impuissance à la saisir, à l’identifier où que ce soit,
on a préféré déclarer qu’elle régnait partout
et qu’il suffisait de savoir l’y découvrir.

Or, il est parfaitement évident qu’elle est plutôt une absence,
un manque au cœur de l’homme, et, plus précisément,
dans le rapport que le poète a le don de mettre à la place
de cette absence, de ce manque.
Et il n’y a poésie réelle que là ou a été comblé ce vide
qui ne pouvait absolument l’être par aucune autre
activité ou matière réelle de la vie.

Pierre Reverdy

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24 septembre 1945

24 Septembre 2016, 04:23am

Publié par vertuchou

Le plus beau des océans
est celui que l’on n’a pas encore traversé.
Le plus beau des enfants
n’a pas encore grandi.
Les plus beaux de nos jours
sont ceux que nous n’avons pas encore vécus.
Et les plus beaux des poèmes que je veux te dire
sont ceux que je ne t’ai pas encore dits.

Que c’est beau de penser à toi :
à travers les rumeurs de morts et de victoire
en prison
alors que j’ai passé la quarantaine…

Que c’est beau de penser à toi :
ta main oubliée sur un tissu bleu
et dans tes cheveux
la fière douceur de ma terre bien-aimée d’Istanbul…
C’est comme un second être en moi
que le bonheur de t’aimer…
le parfum de la feuille de géranium au bout de mes doigts,
une quiétude ensoleillée
et l’invite de la chair :
striée d’écarlate
l’obscurité
chaude
dense…

Nâzim Hikmet

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Portrait de Paulette Goddard

23 Septembre 2016, 03:09am

Publié par vertuchou

George Hurrell, Portrait de Paulette Goddard

George Hurrell, Portrait de Paulette Goddard

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L'odeur des jacynthes.

22 Septembre 2016, 03:08am

Publié par vertuchou

Les cœurs dorment dans des coffrets
Que ferment de belles serrures ;
Sous les émaux et les dorures
La poussière des vieux secrets
Et des lointaines impostures
Se mêle aux frêles moisissures
Des plus récentes aventures :
Chère, ôtez vos doigts indiscrets,
Les cœurs dorment.

Vos doigts ravivent des blessures
Et vos regards sont des injures,
Laissez-les reposer en paix.
Comme des rois dans leurs palais
Ou des morts dans leurs sépultures,
Les cœurs dorment.

Rémy de Gourmont

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Le premier jour de notre rencontre

21 Septembre 2016, 03:05am

Publié par vertuchou

Le premier jour de notre rencontre, je trouvais dans votre visage certains traits, certains passages moins doux, peut-être. Maintenant ce sont ceux-là que je préfère ; je ne les regarde jamais sans une tendresse immense, sans une grande envie de vous parler plus amicalement encore.
Il y a des gestes, des phrases, des mouvements de fonds que j’ai recueillis précieusement, sans que vous le sachiez : je me rappelle, le premier jour, votre façon de me regarder en face tout d’un coup — comme on regarde quelqu’un qui ment. Je me rappellerai toujours le son de votre voix, si simple, si grave et si drôle. […] Je n’oublierai jamais cette émotion qui m’a bouleversé, le soir du premier vendredi, lorsque, sentant mes coudes écorchés, j’ai compris tout à coup : « c’est que, plusieurs heures, je suis resté accoudé, penché sur elle ». […] Je me rappellerai encore bien d’autres choses plus belles, comme ces grands frissons qui vous traversent et vous font tant de mal et qui sont beaux pourtant. C’est ainsi que vous me faites mal et que je vous aime pourtant.

— Lettre d’Alain Fournier à Jeanne, 1910

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