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Dis-moi ce que tu sais

31 Mai 2017, 02:14am

Publié par vertuchou

Dis-moi ce que tu sais… De ta pâleur livide,
Que des tempes jamais tes mains n’arracheront
Et qui semble couler d’une coupe homicide
Que le Destin railleur renversa sur ton front ;
De ton sourcil froncé, de l’effort de ton rire,
De ta voix qui nous ment, de ton œil qui se tait,
De tout ce qui nous trompe, hélas ! et qu’on admire,
Ah ! Fais-moi jaillir ton secret.
Dis tout ce que tu sais… Rêves, douleur et honte,
Désirs inassouvis par des baisers cuisants,
Nuits, combats, voluptés, souillures qu’on affronte
Dans l’infâme fureur des échevèlements !
 
Jules Barbey d'Aurevilly

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La poésie est connaissance, salut, pouvoir, abandon

30 Mai 2017, 03:08am

Publié par vertuchou

La poésie est connaissance, salut, pouvoir, abandon.

Opération capable de changer le monde,

l’activité poétique est révolutionnaire par nature ;

exercice spirituel, elle est une méthode de libération intérieure.

La poésie révèle ce monde ; elle en crée un autre.

Et l’homme acquiert enfin la conscience

d’être autre chose qu’un pur passage…  

Octavio Paz.   
 

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L'arrivée de l'amour

29 Mai 2017, 03:06am

Publié par vertuchou

L’amour est arrivé, il a débarqué sur le quai
où personne ne l’attendait, et il a fait
trembler toute la ville, comme si
l’amour l’avait touchée.

Mais quelqu’un l’a vu sortir
du bateau, et l’a conduit jusqu’à la file d’attente
de la douane, où on lui a demandé : "d’où
venez-vous ? Qu’est-ce que vous apportez
avec vous ? Montrez-nous
votre passeport." L’amour n’a pas compris
ce qu’on lui demandait ; il a posé l’arc sur
la table, et avec lui les flèches.

Tout a été confisqué : on ne veut pas d’agressions
dans cette ville ; les armes blanches sont
interdites. Et l’amour, sans passeport, est resté sur le quai,
entre les poubelles et les vagabonds,
désœuvré.

Et la nuit, quand la ville
s’endort, tout le monde se demande
quand l’amour viendra.

Nuno Judice

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Les Tendres Plaintes

28 Mai 2017, 03:00am

Publié par vertuchou

Jean-Philippe Rameau, Suite en ré majeur, Les Tendres Plaintes. Rondeau

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Débouclez-les, vos longs cheveux

27 Mai 2017, 02:59am

Publié par vertuchou


Débouclez-les, vos longs cheveux de soie,
Passez vos mains sur leurs touffes d'anneaux,
Qui, réunis, empêchent qu'on ne voie
Vos longs cils bruns qui font vos yeux si beaux !
Lissez-les bien, puisque toutes pareilles
Négligemment deux boucles retombant
Roulent autour de vos blanches oreilles,
Comme autrefois, quand vous étiez enfant,
Quand vos seize ans ne vous avaient quittée
Pour s'en aller où tous nos ans s'en vont,
En nous laissant, dans la vie attristée,
Un coeur usé plus vite que le front !
Ah ! c'est alors que je vous imagine
Vous jetant toute aux bras de l'avenir,
Sans larme aux yeux et rien dans la poitrine...
Rien qui vous fît pleurer ou souvenir !

Ah ! de ce temps montrez-moi quelque chose
En vous coiffant comme alors vous étiez ;
Que je vous voie ainsi, que je repose
Sur vos seize ans mes yeux de pleurs mouillés...

Jules Barbey d'Aurevilly

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Tout de lui m'a été précieux

26 Mai 2017, 02:58am

Publié par vertuchou

Tout de lui m'a été précieux, ses yeux, sa bouche, son sexe, ses souvenirs d'enfant, sa façon brusque de saisir les objets, sa voix.
J'ai voulu apprendre sa langue. J'ai conservé sans le laver un verre où il avait bu.
J'ai désiré que l'avion dans lequel je revenais de Copenhague s'écrase si je ne devais jamais le revoir.
J'ai appliqué cette photo, l'été dernier, à Padoue, sur la paroi du tombeau de saint Antoine — avec les gens qui appuyaient un mouchoir, un papier plié portant leur supplication — pour qu'il revienne.
[...]
J'ai découvert de quoi on peut être capable, autant dire de tout. Désirs sublimes ou mortels, absences de dignité, croyances et conduites que je trouvais insensées chez les autres tant que je n'y avais pas moi-même recours. À son insu, il m'a reliée davantage au monde.

Annie Ernaux, Passion simple

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Ton visage

25 Mai 2017, 10:56am

Publié par vertuchou

Des yeux bruns pour le jour, des yeux verts pour l'amour, ton visage
Des yeux que j'aimerai pour deux éternités, ton visage
Une bouche à jamais douce comme un secret, ton visage
Il est beau, il est chaud, il est ma fleur de peau, ton visage
En me fermant les yeux, je le devine au creux des nuages

J'ai dû fermer les yeux, j'aurais dû faire un noeud aux nuages
Le vent s'est retourné et la pluie m'a soufflé ton visage
Et je me suis saoulé pour tâcher d'oublier ton visage
Mais il reste collé dressé sur mon passé, qui s'ennuie mon passé
Et je le redessine et le vent le ressouffle, ton visage

Je suis capitaine d'un bateau de peine qui ne coulera jamais
J'ai deux fois la peine de son capitaine qui ne s'embarqueront plus

Et je me suis saoulé pour tâcher d'oublier ton visage
Et je me saoule encore à jeun et à tribord, quel voyage
Hier c'était demain, demain ce sera toujours ton visage
Il s'entête à coller comme un drapeau mouillé en retraite
Et je le redessine et le vent le ressouffle, ton visage

Des yeux bruns pour le jour, des yeux verts pour l'amour, ton visage
Des yeux que j'aimerai pour deux éternités, ton visage
Il est beau, il est chaud, il est ma fleur de peau, ton visage
En me fermant les yeux, je le devine au creux des nuages
Des yeux bruns pour le jour, des yeux verts pour l'amour, ton visage

TON VISAGE
paroles: Jean-Pierre Ferland
musique: Paul de Margerie

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Les peupliers

24 Mai 2017, 02:49am

Publié par vertuchou

Bernardus Fredericus Aloysius (Bernard) Eilers, Les peupliers, 1920 -1930

Bernardus Fredericus Aloysius (Bernard) Eilers, Les peupliers, 1920 -1930

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On ne peut trouver de poésie

23 Mai 2017, 02:47am

Publié par vertuchou

On ne peut trouver de poésie nulle part, quand on n’en porte pas en soi.

Joseph Joubert

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Parce que je t’aime

21 Mai 2017, 02:46am

Publié par vertuchou

C'est parce que ton épaule à mon épaule,
Ta bouche à mes cheveux
Et ta main sur mon cou,
C'est parce que, dans mes reins,
Quand ton souffle me frôle,
C'est parce que tes mains,
C'est parce que joue à joue,
C'est parce qu'au matin,
C'est parce qu'à la nuit,
Quand tu dis “viens”, je viens.
Tu souris, je souris.

C'est parce qu'ici ou là,
Dans un autre pays,
Pourvu que tu y sois,
C'est toujours mon pays.
C'est parce que je t'aime
Que je préfère m'en aller.
C'est mieux, bien mieux, de se quitter
Avant que ne meure le temps d'aimer.

C'est parce que j'ai peur de voir s'endeuiller
Les minutes, les heures, les secondes passées,
C'est parce que je sais qu'il faut un presque rien
Pour défaire une nuit et se perdre au matin.
Je ne laisserai pas pencher sur notre lit
Ni l'ombre d'un regret, ni l'ombre d'un ennui.
Je ne laisserai pas mourir au fil des jours
Ce qui fut toi et moi, ce qui fut notre amour.
Pour qu'il ne soit jamais emporté par le temps,
Je l'emporte moi-même. Il restera vivant.

Oh laisse-moi, je t'aime
Mais je préfère m'en aller.
C'est mieux, tu sais, de se quitter
Avant que ne meure le temps d'aimer.

J'en ai vu, comme nous, qui allaient à pas lents
Et portaient leur amour comme on porte un enfant.
J'en ai vu, comme nous, qui allaient à pas lents
Et tombaient à genoux, dans le soir finissant.
Je les ai retrouvés, furieux et combattant
Comme deux loups blessés. Que sont-ils maintenant ?

Ca, je ne veux pas. Je t'aime.
Je ne veux pas nous déchirer.
C'est mieux, tu sais, de nous quitter
Avant que ne meure le temps d'aimer.
C'est mieux, bien mieux, de nous quitter
Avant que ne meure le temps d'aimer…

Barbara

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