Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Vertuchou.over-blog.com

Je suis de celles

22 Décembre 2011, 06:04am

Publié par vertuchou

Tiens, qu’est-ce que tu fais là ?

C’est moi, c’est Nathalie

Quoi tu me reconnais pas ?

Mais si

On était ensemble au lycée

C’est vrai, j’ai changé

J’ai des enfants, un mari

Bah quoi, t’as l’air surpris

J’étais pas destinée

A une vie bien rangée

J’étais perdue

Mon mari m’a trouvée

J’étais de celles

Qui disent jamais non

Les “Marie couche-toi là”

Dont on oublie le nom

J’étais pas la jolie

Moi, j’étais sa copine

Celle qu’on voit à peine

Qu’on appelle machine

J’avais deux ans de plus

Peut-être deux ans de trop

Et j’aimais les garçons

Peut-être un peu trop

Bien sûr, vous aviez eu

Des dizaines de conquêtes

Que personnes n’avaient vues

Toujours pendant les fêtes

Pour beaucoup d’entre vous

Je suis la première fois

De celles qui comptent

Mais pas tant que ça

Je n’étais pas de celles

A qui l’on fait la cour

Moi, j’étais de celles

Qui sont déjà d’accord

Vous veniez chez moi

Mais dès le lendemain

Vous refusiez en public

De me tenir la main

Quand vous m’embrassiez

A l’abri des regards

Je savais pourquoi

Pour pas qu’on puisse nous voir

Alors je fermais les yeux

A m’en fendre les paupières

Pendant que pour guetter

Vous les gardiez ouverts

Je me répétais :

” faut pas que je m’attache “

Vous vous pensiez :

” il faut pas que ça se sache “

Mais une fois dans mes bras

Vos murmures essoufflés

C’est à moi, rien qu’à moi

Qu’ils étaient destinés

Enlacée contre vous

A respirer vos cheveux

Je le sais, je l’affirme

Vous m’aimiez un peu

Certaines tombent amoureuses

C’est pur, ça les élève

Moi, je tombais amoureuse

Comme on tombe d’une chaise

Et gonflés de l’avoir fait

Vous donniez conférence

Une souris qu’on dissèque

Mon corps pour la science

Je nourrissais

Vos blagues de caserne

Que vous pensiez viriles

Petits hommes des cavernes

D’avoir pour moi

Un seul mot de tendresse

Vous apparaissait

Comme la pire des faiblesses

Vous les fiers à bras

Vous parliez en experts

Oubliant qu’dans mes bras

Vous faisiez moins les fiers

Et les autres filles

Perfides petites saintes

M’auraient tondue les cheveux

A une autre époque

Celles qui ont l’habitude

Qu’on les cajole

Ignorent la solitude

Que rien ne console

Vous veniez chez moi

Mais dès le lendemain

Vous refusiez en public

De me tenir la main.

 

Benabar

 

 

Commenter cet article