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Primero de Enero / Le 1er janvier

1 Janvier 2011, 04:10am

Publié par vertuchou

Las puertas del año se abren,
como las del lenguaje,
hacia lo desconocido.
Anoche me dijiste:
mañana
habrá que trazar unos signos,
dibujar un paisaje, tejer una trama
sobre la doble página
del papel y del día.
Mañana habrá que inventar,
de nuevo,
la realidad de este mundo.


 Les portes de l'année s'ouvrent
comme celles du langage
jusqu'à l'inconnu.
Hier soir tu m'as dit :
demain,
 nous aurons à tracer quelques signes,
dessiner un paysage, disposer une trame
 sur la double page
du papier et du jour.
Demain, il faudra inventer
de nouveau la réalité de ce monde.


Ya tarde abrí los ojos.
Por el segundo de un segundo
sentí lo que el azteca,
acechando
desde el peñón del promontorio,
por las rendijas de los horizontes,
el incierto regreso del tiempo.

J'ai ouvert mes yeux tard.
Pendant une seconde d'une seconde
J'ai senti ce que les Aztèques ressentent,

 Étant à l'affût

 Sur la crête du promontoire,

le retour incertain de temps

par les fentes des horizons. 

 
.


No, el año había regresado.
Llenaba todo el cuarto
y casi lo palpaban mis miradas.
El tiempo, sin nuestra ayuda,
había puesto,
en un orden idéntico al de ayer,
casas en la calle vacía,
nieve sobre las casas,
silencio sobre la nieve.


Non, l'année était revenue.
Elle remplissait toute la chambre
et presque mes regards la palpaient.
Le temps, sans notre aide
avait placé
dans  un ordre identique à celui d'hier,
maisons dans la rue vide,
neige sur les maisons,
silence sur la neige.


Tú estabas a mi lado,
aún dormida.
El día te había inventado
pero tú no aceptabas todavía
tu invención en este día.
Quizá tampoco la mía.
Tú estabas en otro día.


Tu étais à mon côté,
encore endormie.
Le jour t'avait inventé
mais tu n'avais pas encore accepté
ton invention dans ce jour.
ni probablement mon invention, non plus.
Tu étais dans un autre jour.


Estabas a mi lado
y yo te veía, como nieve,
dormida entre las apariencias.
El tiempo sin nuestra ayuda,
inventa casas, calles, árboles,
mujeres dormidas.


Tu étais à mon côté
et je te voyais, comme neige,
endormie entre les apparences.
Le temps sans notre aide,
 invente des maisons, des rues, des arbres,
des femmes endormies.


Cuando abras los ojos
caminaremos, de nuevo,
entre las horas y sus invenciones
y al demorarnos en las apariencias
daremos fe del tiempo y sus conjugaciones.


Quand tu ouvriras tes yeux
nous marcherons, encore une fois,
parmi les heures et leurs inventions.
et après avoir pris du retard dans les apparences
nous donnerons  foi au temps et à ses conjugaisons.


Abriremos las puertas de este día,
entraremos en lo desconocido.


Nous ouvrirons les portes de ce jour,
nous entrerons dans l'inconnu.

 

Octavio Paz


 

 

    

 

 

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