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Articles avec #emois

Ah ! j'ai baisé ta bouche

19 Août 2017, 02:55am

Publié par vertuchou

Ah ! j'ai baisé ta bouche, Iokanaan, j'ai baisé ta bouche.

Il y avait une âcre saveur sur tes lèvres. ôtait-ce la saveur du sang ?...

Mais, peut-être est-ce la saveur de l'amour. On dit que l'amour a une âcre saveur...

Mais, qu'importe ? Qu'importe ? J'ai baisé ta bouche, Iokanaan, j'ai baisé ta bouche.


Oscar Wilde, Salomé

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Finlande

3 Août 2017, 03:03am

Publié par vertuchou

Finlande

Elle descendait du train, pompeusement qualifié de "Transport Express Régional" mais qui n'était sur cette ligne qu'un vieil autorail diésel crachant son épaisse fumée noire.
Elle n'était pas d'ici, il aurait remarqué cette magnifique silhouette. D'ailleurs ses coups d'œil à droite et à gauche, cherchant la sortie ou quelqu'un venu l'attendre confirmait cela.
Il décida qu'elle était Finlandaise et en fut immédiatement amoureux. Il ne fit pourtant pas un geste pour venir à son secours, maintenant qu'un léger voile d'angoisse l'enveloppait, magnifiant sa beauté.
Le chef de gare accouru, lui, délaissant une grosse dame qui se plaignait de la saleté des toilettes dans le T.G.V. 1723 en provenance de Marseille. Il prit les bagages de la belle et le profil con-con du dragueur français genre : "C'est à vous ces beaux yeux-là ?"
Il faisait doux ce matin, le banc commençait à épouser sa carcasse, il referma les yeux.
Elle était là, bien jolie, illuminant son rêve.

Éric Cuissard

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Amour 8

25 Juillet 2017, 02:14am

Publié par vertuchou

Comme je t'aime, comme je t'aime, dieu seul sait combien je t'aime, loin de toi, je t'aime d'un amour si fort, de toute mon âme, je t'aime plus que tout, loin de toi, dieu seul sait combien je t'aime, l'éloignement est une douleur, car mon amour est si fort et tu ne le sais pas et je t'aime encore et encore, tu ne sais pas que je t'aime, et je t'aime de toutes mes forces et de toute mon âme et je prie dieu de t'aimer, de t'aimer, toi qui ne le sais pas, je t'aime tant, qui te le dira, je t'aime plus que ma vie, plus que l'éloignement, et dieu seul sait combien je t'aime, je t'en aime encore et encore toi qui es si loin de moi, je t'aime d'un amour si entier.

Christophe Tarkis

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Mais qui n'aime pas prolonger

17 Juillet 2017, 02:54am

Publié par vertuchou

Mais qui n'aime pas prolonger ce moment délicieux qui précède le premier baiser,

quand deux êtres qui ressentent l'un pour l'autre quelque inclination amoureuse

ont déjà tacitement décidé de s'embrasser, que leurs yeux le savent,

leurs sourires le devinent, que leurs lèvres et leurs mains le pressentent

mais qu'ils diffèrent encore le moment d'effleurer tendrement leurs bouches

pour la première fois ?

Jean-Philippe Toussaint, Faire l'amour

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Donne, donne un baiser

9 Juillet 2017, 03:07am

Publié par vertuchou

Donne, donne un baiser, fille aimable et naïve!
Tes lèvres sur ma bouche aussitôt ont volé;
Mais, comme un faible enfant par la frayeur troublé,
Tu retires soudain ta lèvre fugitive.
Ce n'est pas là donner le baiser du plaisir:
C'est laisser un regret et donner un désir.

Jean Second, Les baisers

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C’étaient des mains d’une beauté très rare,

1 Juillet 2017, 02:48am

Publié par vertuchou

C’étaient des mains d’une beauté très rare, extraordinairement longues,

extraordinairement minces, et pourtant traversées de muscles extrêmement rigides

– des mains très blanches, avec, au bout, des ongles pâles, aux dessus nacrés

et délicatement arrondis.

Je les ai regardées toute la soirée, oui, je les ai regardées avec une surprise

toujours nouvelle, ces mains extraordinaires, vraiment uniques ;

mais ce qui d’abord me surprit d’une manière si terrifiante, c’était leur fièvre,

leur expression follement passionnée, cette façon convulsive de s’étreindre

et de lutter entre elles.


Stefan Zweig, Vingt-quatre heures dans la vie d'une femme

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Hervé Joncourt n'avait jamais vu cette jeune fille

19 Juin 2017, 02:43am

Publié par vertuchou

Hervé Joncourt n'avait jamais vu cette jeune fille, et en fait il ne la vit pas non plus, cette nuit-là.

Dans la chambre sans lumière, il sentit la beauté de son corps, et il connut ses mains et sa bouche.

Il l'aima pendant des heures, avec des gestes qu'il n'avait jamais faits, se laissant enseigner une lenteur qu'il ne connaissait pas.

Dans le noir, ce n'était rien de l'aimer, et de ne pas l'aimer, elle.

Un peu avant l'aube, la jeune fille se leva, remit son kimono blanc, et partit.

Alessandro Baricco, Soie

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Lettres à Juliette Drouet

11 Juin 2017, 02:47am

Publié par vertuchou

Je vous aime, mon pauvre ange, vous le savez bien, et pourtant vous voulez que je vous l'écrive. Vous avez raison. Il faut s'aimer, et puis il faut se le dire, et puis il faut se l'écrire, et puis il faut se baiser sur la bouche, sur les yeux, et ailleurs. Vous êtes ma Juliette bien-aimée. Quand je suis triste, je pense à vous, comme l'hiver on pense au soleil, et quand je suis gai, je pense à vous, comme en plein soleil on pense à l'ombre. Vous voyez bien, Juliette, que je vous aime de toute mon âme. Vous avez l'aire jeune comme un enfant, et l'air sage comme une mère aussi je vous enveloppe de tous ces amours-là à la fois. Baisez-moi, belle Juju !

7 Mars 1833

Oh ! ma joie, ma vie, ma bien-aimée ! Je suis triste ce matin, j'ai peur que les allants et venants du dimanche ne m'empêchent d'être auprès de toi aussi vite et aussi longtemps que je voudrais. Pourvu encore que toi-même de ton côté tu puisses venir ! pourvu que la fièvre que tu avais hier ne t'empêche pas de sortir aujourd'hui ! Oh ! plains-moi. Oh ! n'est-ce pas ? Tu viendras ? tu te portes bien ? je te verrai ? Oh ! J'ai tant d'amour à te donner, tant de baisers à te prodiguer, sur tes pieds parce que je te respecte, sur ton front parce que je t'admire, sur tes lèvres parce que je t'aime ! Ce n'est pas une couronne que tu devrais avoir sur la tête, c'est une étoile !

Septembre 1834

Victor Hugo

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Je trouvai Albertine dans son lit

3 Juin 2017, 02:29am

Publié par vertuchou

Je trouvai Albertine dans son lit. Dégageant son cou, sa chemise blanche changeait les proportions de son visage qui congestionné par le lit, ou le rhume, ou le dîner, semblait plus rose ; je pensai aux couleurs que j’avais eues quelques heures auparavant à côté de moi, sur la digue, et desquelles j’allais enfin savoir le goût ; sa joue était traversée de haut en bas par une de ses longues tresses noires et bouclées que pour me plaire elle avait défaites entièrement. Elle me regardait en souriant. [...]  Je me penchai vers Albertine pour l’embrasser. [...] « Finissez ou je sonne », s’écria Albertine voyant que je me jetais sur elle pour l’embrasser. Mais je me disais que ce n’était pas pour ne rien faire qu’une jeune fille fait venir un jeune homme en cachette, en s’arrangeant pour que sa tante ne le sache pas, que d’ailleurs l’audace réussit à ceux qui savent profiter des occasions ; dans l’état d’exaltation où j’étais le visage rond d’Albertine, éclairé d’un feu intérieur comme par une veilleuse, prenait pour moi un tel relief qu’imitant la rotation d’une sphère ardente, il me semblait tourner telles ces figures de Michel-Ange qu’emporte un immobile et vertigineux tourbillon. J’allais savoir l’odeur, le goût, qu’avait ce fruit rose inconnu.

J’entendis un son précipité, prolongé et criard. Albertine avait sonné de toutes ses forces.

Marcel Proust, A l'ombre des jeunes filles en fleurs

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Tout de lui m'a été précieux

26 Mai 2017, 02:58am

Publié par vertuchou

Tout de lui m'a été précieux, ses yeux, sa bouche, son sexe, ses souvenirs d'enfant, sa façon brusque de saisir les objets, sa voix.
J'ai voulu apprendre sa langue. J'ai conservé sans le laver un verre où il avait bu.
J'ai désiré que l'avion dans lequel je revenais de Copenhague s'écrase si je ne devais jamais le revoir.
J'ai appliqué cette photo, l'été dernier, à Padoue, sur la paroi du tombeau de saint Antoine — avec les gens qui appuyaient un mouchoir, un papier plié portant leur supplication — pour qu'il revienne.
[...]
J'ai découvert de quoi on peut être capable, autant dire de tout. Désirs sublimes ou mortels, absences de dignité, croyances et conduites que je trouvais insensées chez les autres tant que je n'y avais pas moi-même recours. À son insu, il m'a reliée davantage au monde.

Annie Ernaux, Passion simple

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