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Articles avec #emois

Mes yeux furent tout à coup frappés

7 Février 2013, 05:36am

Publié par vertuchou

Mes yeux furent tout à coup frappés par de blanches épaules rebondies

sur lesquelles j'aurais voulu pouvoir me rouler, des épaules légèrement rosées

qui semblaient rougir comme si elles se trouvaient nues

pour la première fois, de pudiques épaules qui avaient une âme,

et dont la peau satinée éclatait à la lumière comme un tissu de soie.

Ces épaules étaient partagées par une raie,

le long de laquelle coula mon regard, plus hardi que ma main.


Honoré de  Balzac

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Nous éclatons de rire

7 Janvier 2013, 05:48am

Publié par vertuchou

Nous éclatons de rire. Nous nous allongeons ensemble et faisons l’amour,

doucement, tendrement, nous nageons en plein amour, et pour la première fois,

l’orgasme m’envahit par surprise, sans que j’y pense, presque paisiblement,

comme une aube qui se lève lentement, un lent épanouissement né de l’abandon,

de la décontraction, né du non-être.

Aucun effort pour l’atteindre. Tombant comme la pluie, noyant l’esprit et le faisant fleurir.

 

Anaïs Nin
Journal V / 1947-1955

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Je ne sais rien de votre peau

7 Novembre 2012, 05:10am

Publié par vertuchou

Je ne sais rien de votre peau, de votre odeur.
Laissez-moi vous explorer, vous effeuiller jusqu'à l'insupportable,

jusqu'à ne plus accepter d'être des mots écrits sur des coins de nappes en papier,

des pensées notées sur un carnet.
Vous méritez mieux que cela.
Vous êtes une étoile lointaine, pas trop j'espère, et je ne suis qu'un amant de papier.
Ne me brûlez pas... 

 

 Bernard Giraudeau

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C'est une décision difficile à prendre

7 Août 2012, 05:25am

Publié par vertuchou

C'est une décision difficile à prendre, s'il faut commencer une fille par le haut ou par le bas.

Avec Vida, franchement, je ne savais pas par où commencer. C'était vraiment un problème.
Quand elle se souleva un peu et, gauchement, plaça mon visage dans un petit réceptacle

qui était ses mains et qu'elle m'embrassa calmement (encore, et encore)

il fallut bien commencer quelque part.
Pendant tout ce temps, elle me regardait fixement. Ses yeux ne me quittaient pas des yeux,

comme si j'étais un terrain d'atterrissage.
Je changeai de réceptacle et c'est son visage alors qui devint une fleur entre mes mains.

Lentement, pendant que je l'embrassais, j'ai laissé mes mains dériver le long de son visage

puis plus bas encore, jusqu'au cou, jusqu'aux épaules.
Et je voyais l'avenir se chambarder dans sa tête tandis que j'arrivais à la lisière de ses seins.

Si vastes, d'un galbe si parfait sous son pull, que j'avais l'estomac perché

en haut d'un escabeau lorsque je les touchai pour la première fois.
Ses yeux ne me quittaient pas et je voyais dans ses yeux le reflet du geste

par lequel je touchais ses seins.

Ce fut comme un bref éclair bleu.

 

Richard Brautigan

L'Avortement / 1966

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Elle vit sa propre main

7 Juillet 2012, 05:45am

Publié par vertuchou

Elle vit sa propre main apparaître au-dessus de la petite colline

que formaient ses fesses qu’elle commença à caresser.

Son autre main glissait entre ses jambes et elle la voyait par-derrière dans le miroir.

De cette main, elle se caressait le sexe d’avant en arrière. Son majeur pénétra en elle

et elle le fit aller et venir. Elle eut soudain envie d’être prise des deux côtés à la fois

et de glisser son autre majeur entre ses fesses. En remuant d’avant en arrière,

elle sentait tour à tour les deux doigts comme cela lui arrivait parfois

lorsque Martinez et un ami la caressaient en même temps.

L’approche de l’orgasme l’excita, elle se mit à faire des gestes convulsifs,

comme pour attraper le dernier fruit d’une branche ;

tirant, tirant sur la branche pour faire éclater le tout en un orgasme sauvage,

qui l’envahit alors qu’elle se regardait dans la glace,

et voyait ses mains actives, et le miel briller, mouillant tout son sexe

et ses fesses, entre les jambes.


Anaïs Nin
Venus Erotica / 1940

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Je te rencontre. Je me souviens de toi

7 Juin 2012, 05:13am

Publié par vertuchou

Je te rencontre. Je me souviens de toi.
Cette ville était faite à la taille de l'amour. Tu étais fait à la taille de mon corps même. Qui es-tu ? Tu me tues.
J'avais faim. Faim d'infidélités, d'adultères, de mensonges et de mourir. Depuis toujours. Je me doutais bien qu'un jour tu me tomberais dessus. Je t'attendais dans une impatience sans borne, calme.
Dévore-moi. Déforme-moi à ton image afin qu'aucun autre, après toi, ne comprenne plus du tout le pourquoi de tant de désir. Nous allons rester seuls, mon amour. La nuit ne va pas finir. Le jour ne se lèvera plus sur personne. Jamais. Jamais plus.
 

Marguerite Duras  Hiroshima mon amour

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Les rubans et les mèches de ta robe

7 Mai 2012, 05:20am

Publié par vertuchou

Les rubans et les mèches de ta robe étirée flottent sur le canapé ;

le parfum de tes jambesdans la grille des bas,rêve sous la voilette,

ton corps jaune qui danse, gainé de tulle noir.
Tu coupes les fils qui te lie à la terre, voici les nouvelles plages

où va se poser le regard de tes seins,

voici la main qui guette le mouvement de ta peau ;

l'humidité scandaleuse de tes lèvres, au moment où la chair exaspérée se déshabille,

rappelle l'instant, charmant, où le zéphir attiré sous tes jupes proféra des fourrures-nuit.


Guy Cabanel                
                                                                                      
                                                                             

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