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Articles avec #emois

Aucun bien n'est comparable

12 Mai 2016, 03:47am

Publié par vertuchou

Aucun bien n'est comparable à la douceur et au bonheur d'aimer

un homme qui nous paraît digne des plus tendres affections de notre cœur,

qui nous aime, qui nous le dit, qui nous le répète à chaque instant du jour et de la nuit,

dont tous les désirs se confondent avec les nôtres ! Quel plaisir de l'attendre,

de le voir paraître, de lever sur lui des yeux que sa présence anime,

de lire dans les siens qu'on est belle et qu'on lui plaît !

Qu'il est flatteur de se voir l'objet de ses soins, de ses préférences ;

d'imaginer qu'il ressent tous les transports qu'il excite,

qu'il jouit de tous les plaisirs qu'il donne !

Madame Riccoboni, Lettres de Milady Juliette Catesby à Milady Henriette Campley,
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Puis, dans la brève hésitation

22 Avril 2016, 02:43am

Publié par vertuchou

Puis, dans la brève hésitation que nous marquâmes l’un et l’autre avant de repartir,

nos épaules se touchèrent, s’effleurèrent presque consciemment,

s’abandonnèrent l’une à l’autre,

il était impossible que ce fût fortuit, nos regards se croisèrent encore

et je sus alors avec certitude qu’elle aussi avait été consciente

de ce nouveau contact secret entre nous, comme une ébauche,

la rapide esquisse de l’étreinte plus complète, de nouveau différée,

qui ne tarderait plus.

Jean-Philippe Toussaint, Fuir

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Elle ne pensait qu’à lui

14 Avril 2016, 03:04am

Publié par vertuchou

Elle ne pensait qu’à lui dès qu’elle était libre de rêver.

Toute sa vie silencieuse revenait sur lui.

C’était la plus formidable rêverie amoureuse qu’elle eût jamais traversée.

Elle éprouvait jusqu’au besoin d’être seule et recueillie pour librement

se remémorer ses émois, leur rencontre, le dîner, la promenade,

et tout ce qui avait été dit ce soir-là. Elle se lovait dans ce panier de souvenirs,

en négligeant un peu tout ce qui ne se rapportait pas à cet amant imaginaire.

Parfois elle réalisait la folie d’une telle songerie.

D’autres vivaient-ils ainsi dans les chimères ?

Alice Ferney, La conversation amoureuse

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Comment une femme

2 Avril 2016, 03:01am

Publié par vertuchou

Comment une femme pouvait-elle s'introduire aussi simplement
dans le cœur d'un homme, juste par des regards, des sourires?
Est-ce qu'il était possible de caresser le cœur
sans même effleurer la peau ?

C'était sans doute cela séduire.
S'immiscer dans le cœur de l'autre, le faire vibrer pour se l'attacher.

Jean-Claude Izzo, Soléa

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On dirait que ton nom est écrit dans l'air

17 Mars 2016, 03:26am

Publié par vertuchou

On dirait que ton nom est écrit dans l'air. Tu sens bon. Tu es somptueuse et douce. Tu es inaccessible, et très proche, et tout menue. Tu es une belle femme que l'on désire, et une petite fille que l'on est tout étonné de trouver dans ses bras.

Sois silencieuse si le silence te fait plaisir. Nous nous aimons mieux quand nous n’écrivons pas, car tous les mots sont un mensonge. Quand nous parlons nous trahissons notre âme. Il suffirait de se regarder. On sent des choses mais l'effort seul que l’on fait pour les exprimer est déjà une trahison.

Antonin Artaud, Lettres à Génica

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Au premier jour

9 Mars 2016, 03:55am

Publié par vertuchou

Au premier jour comment oser, comment savoir te dévêtir ?
Pourtant je voulais te saisir nu dans mes mains nues.
Tu as ri quand je me suis étonnée de la douceur
de ta peau ! Je n'en croyais pas mes paumes...
Avais-je jusqu'alors pensé que le corps d'un homme
devait être semblable aux vieilles écorces ? ...
Tu jaillis dans ma main comme un cri ; tu jaillis
dans l'anneau de mes doigts vers mon regard
que bouleverse cette parade... Que j'aime ce bien-être animal
qui te gonfle, cette croissance que je nourris et qui me comble.

Mireille Sorgue, l'Amant

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Que puis-je faire avec mon bonheur ?

26 Février 2016, 03:42am

Publié par vertuchou

“Que puis-je faire avec mon bonheur ?
Comment puis-je le garder, le cacher, l'ensevelir dans un lieu où jamais je ne le perdrais ?
J'ai envie de m'agenouiller, tandis qu'il tombe sur moi
comme de la pluie, de l'envelopper dans de la soie
et de la dentelle, et de le presser une nouvelle fois
contre mon cœur.”

Anaïs Nin : Henry et June, Cahiers secrets

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la caresse

18 Février 2016, 03:03am

Publié par vertuchou

La caresse est un mode d'être du sujet, où le sujet dans le contact d'un autre
va au delà de ce contact. Le contact en tant que sensation fait partie
du monde de la lumière.

Mais ce qui est caressé n'est pas touchè à proprement parler.
Ce n'est pas le velouté ou la tiédeur de cette main donnée dans le contact
que cherche la caresse.

Cette recherche de la caresse en constitue l'essence par le fait
que la caresse ne sait pas ce qu'elle cherche. Ce « ne pas savoir ››,
ce désordonné fondamental en est l'essentiel.

Elle est comme un jeu avec quelque chose qui se dérobe,
et un jeu absolument sans projet ni plan,
non pas avec ce qui peut devenir nôtre et nous,
mais avec quelque chose d'autre, toujours autre, toujours inaccessible,
toujours à venir.

La caresse est l'attente de cet avenir pur, sans contenu.
Elle est faite de cet accroissement de faim, de promesses toujours plus riches,
ouvrant des perspectives nouvelles sur l'insaisissable.
Elle s'alimente de faims innombrables.

— Emmanuel Levinas, Le temps et l’autre

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Ami, ô, mon ami…

10 Février 2016, 04:40am

Publié par vertuchou

Ami, ô, mon ami… J'éprouve les limites du langage, et mes propres limites aussi

-limites écartelées continûment… et qu'est-ce qui va naître ?

Ce n'est pas de tout repos de grandir. Demain me donne le vertige,

et pourtant j'ai soif infiniment, j'ai faim infiniment de nouvelles nourritures ;

je n'en finis pas de venir au monde.

Et qui délivrera cet oiseau battant de mes poignets ?

-Ah, pardonne-moi, pardonne-moi cette incohérence.

Je suis abattue contre ton épaule, mais comment consoleras-tu ce bonheur

de vivre si poignant qu'il m'est douleur ?

Mireille Sorgue, Lettres à l’Amant,

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Quand j’embrasse une femme

28 Janvier 2016, 04:04am

Publié par vertuchou


Quand j’embrasse une femme au creux du cou, que mes lèvres goûtent

le grain de sa peau (sans mordre, c’est promis), que je sens le mélange

de son odeur unique et de son parfum, que j’écoute son souffle abandonné,

je me nourris de ce qui lui est propre, que je ne possède pas

et dont j’ai besoin : sa féminité.

Jean-Louis Servan-Schreiber

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