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Articles avec #poetes d'aujourd'hui

Art poétique

26 Juin 2017, 02:53am

Publié par vertuchou

Si j’écris, c’est disons
pour ouvrir une porte.

Le chant
Peut être silence.

Lorsque j’écris nuage,
le mot nuage,
c’est qu’il se passe quelque chose
avec le mot nuage…

Ce que je crois ne pas savoir,
Ce que je n’ai pas en mémoire,

C’est le plus souvent
ce que j’écris dans mes poèmes.

Et si le poème
Etait une bougie
Qui se consumerait
sans jamais s’épuiser ?

Quand un poème t’arrive,
Tu ne sais d’où ni pourquoi, c’est comme si un oiseau
Venait se poser dans ta main …

Le poème s’enracine
dans ce qu’il devient.

Je suis un ruminant
Je broute des mots.

Eugène Guillevic

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Le chant d'amour

22 Juin 2017, 02:40am

Publié par vertuchou

Voici de quoi est fait le chant symphonique de l’amour
Il y a le chant de l’amour de jadis
Le bruit des baisers éperdus des amants illustres
Les cris d’amour des mortelles violées par les dieux
Les virilités des héros fabuleux érigées comme des pièces contre avions
Le hurlement précieux de Jason
Le chant mortel du cygne
Et l’hymne victorieux que les premiers rayons du soleil ont fait chanter à Memnon l’immobile
Il y a le cri des Sabines au moment de l’enlèvement
Il y a aussi les cris d’amour des félins dans les jongles
La rumeur sourde des sèves montant dans les plantes tropicales
Le tonnerre des artilleries qui accomplissent le terrible amour des peuples
Les vagues de la mer où naît la vie et la beauté
 
Il y a là le chant de tout l’amour du monde
 
Guillaume Apollinaire

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Bifurcation

18 Juin 2017, 02:34am

Publié par vertuchou

je ne veux pas te quitter
mon sourire est attaché à ton corps
et le baiser de l'algue à la pierre
à l'intérieur de mon âge je porte un enfant gai et
bruyant
il n'y a que toi qui saches le faire sortir du coquillage
comme l'escargot avec de fines voix

parmi l'herbe il y a
les mains fraîches des fleurs qui se tendent vers moi
mais il n'y a que ta voix qui soit fine
comme ta main est fine comme le soir est impalpable
comme le repos

 

Tristan Tzara

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Air noir

14 Juin 2017, 03:11am

Publié par vertuchou

 

La ville cousue de fil blanc,
Les toits portants cheminées,
Le ciel parallèle aux rues,
Les rues,
La fumée sur les trottoirs,
TROUVAILLE.

Des pas les uns vers les autres,
Le soleil ou la lumière,
Souvenirs de ville,
L'HEURE A L'HEURE,
Du matin, de midi au soir,

Façades et boutiques,
Des lumières pliées dans des vitres,
VEILLER.

Ailleurs,
La nuit enfermée dans la nuit,
Les chiens aboyant à la nuit des chats,
LA FATIGUE.

Paul Eluard

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Ne plus te voir

10 Juin 2017, 02:52am

Publié par vertuchou

    Ne plus te voir
    C’est chercher dans les particules d’air ta respiration
    Dans chaque grain de sable ta peau
    Dans chaque larme ton goût
    Derrière l’arbre ton ombre

    Ne plus te voir
    C’est courir dans le vide pour suivre ton pas
    Tourner la tête partout derrière tes yeux
    Me recroqueviller sur mon corps adossé à ton bras

    Ne plus te voir
    C’est écouter ta voix qui tambourine contre mon âme
    Ouvrir toutes les portes du temps sur ta silhouette

    Ne plus te voir
    C’est déshabiller  mon cœur et t’attendre sous le drap
    Scruter mes mains regorgeant de ton odeur

    Ne plus te voir
    C’est m’étendre sur le sol et murmurer tes mots
    Prendre toute poignée de terre et souffler dessus mes poumons  
    Épier les bourgeons qui porteront ton visage

    Ne plus te voir
    C’est habiller le vent d’espérances et le laisser partir
    Féconder l’eau des ruisseaux de tous les chagrins et ne  laisser nul s’y abreuver

    Ne plus te voir
    Ne plus te voir
    Qui comprendrait?

    Siham Bouhlal

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Au-delà

6 Juin 2017, 02:55am

Publié par vertuchou

Il n'y a pas de trace
au passage
la tête s'en va
Le courant d'air sur la pierre
plus vite dans la rivière
Et toujours plus bas
Quand le bruit sourd qui résonne
Que se lève l'homme
Et le jour qui passe tombe
au bord de la place
où l'autre mourra
Tous ceux qui sont là regardent
ne comprennent pas
Et les regards qui se lassent
s'usent
se détachent
Les yeux glissent
vers un autre endroit
Au carrefour des six routes
L'arrêt de nos pas
On irait plus loin sans doute
Mais on n'ose pas

Pierre Reverdy

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La vie profonde

2 Juin 2017, 02:42am

Publié par vertuchou

Être dans la nature ainsi qu'un arbre humain,
Étendre ses désirs comme un profond feuillage,
Et sentir, par la nuit paisible et par l'orage,
La sève universelle affluer dans ses mains !

Vivre, avoir les rayons du soleil sur la face,
Boire le sel ardent des embruns et des pleurs,
Et goûter chaudement la joie et la douleur
Qui font une buée humaine dans l'espace !

Sentir, dans son coeur vif, l'air, le feu et le sang
Tourbillonner ainsi que le vent sur la terre.
- S'élever au réel et pencher au mystère,
Être le jour qui monte et l'ombre qui descend.

Comme du pourpre soir aux couleurs de cerise,
Laisser du coeur vermeil couler la flamme et l'eau,
Et comme l'aube claire appuyée au coteau
Avoir l'âme qui rêve, au bord du monde assise...

 

Anna de Noailles

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L'arrivée de l'amour

29 Mai 2017, 03:06am

Publié par vertuchou

L’amour est arrivé, il a débarqué sur le quai
où personne ne l’attendait, et il a fait
trembler toute la ville, comme si
l’amour l’avait touchée.

Mais quelqu’un l’a vu sortir
du bateau, et l’a conduit jusqu’à la file d’attente
de la douane, où on lui a demandé : "d’où
venez-vous ? Qu’est-ce que vous apportez
avec vous ? Montrez-nous
votre passeport." L’amour n’a pas compris
ce qu’on lui demandait ; il a posé l’arc sur
la table, et avec lui les flèches.

Tout a été confisqué : on ne veut pas d’agressions
dans cette ville ; les armes blanches sont
interdites. Et l’amour, sans passeport, est resté sur le quai,
entre les poubelles et les vagabonds,
désœuvré.

Et la nuit, quand la ville
s’endort, tout le monde se demande
quand l’amour viendra.

Nuno Judice

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Invitation au rêve

18 Mai 2017, 03:17am

Publié par vertuchou

Viens, nous allons rêver, le soir propice descend, La volupté de l’ombre, les joues des étoiles nous appellent. Viens, nous allons tendre nos filets aux merveilles, compter les fils de la lumière, Et les pentes des collines seront témoins de notre amour.

Nous marcherons ensemble sur le flanc de notre île sans sommeil Nous laisserons dans le sable les empreintes de nos pas vagabonds, Quand viendra le matin répandre sa fraîche rosée, Sur le lieu de nos rêves poussera, pour le moins, une rose.

Nous rêverons que nous escaladons les montagnes de la lune. Nous folâtrerons dans une solitude sans limites, sans humains, Loin, loin, jusqu’où le souvenir ne pourra pas Nous rejoindre, car nous serons par delà le champ de la pensée.

[…]

Nous rêverons que nos pas nous portent vers hier, non vers demain Et que nous parvenons à Babel par une aube perlée ; Amoureux, nous ferons au temple le serment de nous aimer ; Un prêtre de Babel nous bénira de ses mains pures.

Nâzik al Malaika

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Premier Jour

14 Mai 2017, 02:55am

Publié par vertuchou

Des draps blancs dans une armoire
Des draps rouges dans un lit
Un enfant dans sa mère
Sa mère dans les douleurs
Le père dans le couloir
Le couloir dans la maison
La maison dans la ville
La ville dans la nuit
La mort dans un cri
Et l’enfant dans la vie.

Jacques Prévert

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