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Articles avec #poetes d'aujourd'hui

Synonymes

15 Mai 2015, 04:49am

Publié par vertuchou

Regard doux.
Corps de femme
Qui rend fou
Qui enflamme...

Peau de velours
Beauté naturelle
Image du jour
Reflet du ciel...

Lèvres brillantes ;
Pétales de charme
Qui hantent
Qui désarment

Sourire merveilleux
Simple, ravageur
Douceur de feu
Langage du coeur...

Glacier, volcan
De l’Olympe déesse
Fleur de printemps
Infinie tendresse...

Ange, fée,
Génie de l’au-delà
Mythe, réalité...
Simplement Toi...

Jean Bernard Etienne

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Demain

11 Mai 2015, 04:36am

Publié par vertuchou

Le vent demain lèvera mes ombres ;
le poisson arrondira ses lèvres blanches sur mon nom ;
la voix du feu secondera la mienne et le fil n'aura jamais
été plus tendu ni plus musical.
Demain.

L'eau, la première, la très noire, dans ses gestes lavera
le souffle qui ne m'appartient plus,
la bouche que je n'ouvrirai pas sinon pour entrer dans
la tendre mort - et vous aurez tenu mes mains dans les
vôtres -
Ah, demain, seulement demain ;
il faut pour l'heure s'efforcer de ne pas défaillir à tâcher
de pénétrer dans l'aiguille par sa pointe.

Roger Kowalski

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L'amour

8 Mai 2015, 04:02am

Publié par vertuchou

[…] L’amour a toujours le temps. Il a devant lui le front d’où semble venir la pensée,

les yeux qu’il s’agira tout à l’heure de distraire de leur regard, la gorge

dans laquelle se cailleront les sons, il a les seins et le fond de la bouche.

Il a devant lui les plis inguinaux, les jambes qui couraient, la vapeur

qui descend de leurs voiles, il a le plaisir de la neige qui tombe devant la fenêtre.

La langue dessine les lèvres, joint les yeux, dresse les seins, creuse les aisselles,

ouvre la fenêtre; la bouche attire la chair de toutes ses forces,

elle sombre dans un baiser errant, elle remplace la bouche quelle a prise,

c’est le mélange du jour et de la nuit.

Les bras et les cuisses de l’homme sont liés aux bras et aux cuisses de la femme,

le vent se mêle à la fumée, les mains prennent l’ensemble des désirs. […]

André Breton et Paul Eluard

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Où que tu sois, je t’aime

3 Mai 2015, 04:24am

Publié par vertuchou

Pour te rejoindre
nul parcours sur la terre,
il y faut l’ascension
de la montagne immense
qui me déchire le cœur.

Là tout est vertical
de l’abîme du sang
aux mille soleils de l’âme,
une épée de lumière
et pas un seul sentier.

Est-ce mon amour
au souffle fragile,
à la fougue patiente
et légère, qui va ouvrir
la septième voie?

Amour sauvage que tu voudrais
libre du chasseur et de la proie,
amour qui inventait l’amour
sans un appui sans une corde,
amour absolu, tout à toi.

André Velter

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Demain

29 Avril 2015, 04:11am

Publié par vertuchou

Âgé de cent mille ans, j’aurais encor la force
De t’attendre, ô demain pressenti par l’espoir.
Le temps, vieillard souffrant de multiples entorses,
Peut gémir : Le matin est neuf, neuf est le soir.

Mais depuis trop de mois nous vivons à la veille,
Nous veillons, nous gardons la lumière et le feu,
Nous parlons à voix basse et nous tendons l’oreille
À maint bruit vite éteint et perdu comme au jeu.

Or, du fond de la nuit, nous témoignons encore
De la splendeur du jour et de tous ses présents.
Si nous ne dormons pas c’est pour guetter l’aurore
Qui prouvera qu’enfin nous vivons au présent.

Robert Desnos

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Le poète

26 Avril 2015, 04:26am

Publié par vertuchou

Le poète est à la fois celui qui écrit des poèmes
et celui qui n’en écrit pas
le poète est celui qui secoue les chaînes
et celui qui s’en charge
le poète est celui qui croit
et celui qui ne peut croire
le poète est celui qui a menti
et celui à qui on a menti
le poète est celui qui mangeait dans la main
et celui qui a coupé les mains
le poète est celui qui s’en va
et celui qui ne peut s’en aller

Tadeusz Rozewicz

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Le haut du bas

23 Avril 2015, 04:07am

Publié par vertuchou

C’est l’humeur de l’humus

Qui donne aux pieds la fermeté

D’une marche longue

Sur des prairies cailloutées

L’humeur de l’humus

Harnache des lanternes

Du sommeil

D’un chemin sans raccourci

Sans possibles de bohême

Sans ailleurs ouverts :

Un chemin de frontières

La terre je la retourne

Je la foule je la désire

Je la cherche vers le haut

Je la chevauche

Les yeux aux savates

Et mon élan ailé

Pour les envols

Mes pieds ronds

Encourent l’éternité

Une vie de plomb

Alors que l’or

Ailleurs

Assure sa renommée

L’humus ami

A cette heure sauvage

Fait entrer la marche

Dans les constellations

Du sol

Pierre Bonnet

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Souffles

18 Avril 2015, 04:15am

Publié par vertuchou

Écoute plus souvent
        Les choses que les Êtres
        La Voix du Feu s'entend,
        Entends la Voix de l'Eau.
        Écoute dans le Vent
        Le Buisson en sanglots :
        C'est le Souffle des ancêtres.

        Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
        Ils sont dans l'Ombre qui s'éclaire
        Et dans l'ombre qui s'épaissit.
        Les Morts ne sont pas sous la Terre :
        Ils sont dans l'Arbre qui frémit,
        Ils sont dans le Bois qui gémit,
        Ils sont dans l'Eau qui coule,
        Ils sont dans l'Eau qui dort,
        Ils sont dans la Case, ils sont dans la Foule :
        Les Morts ne sont pas morts.

        Écoute plus souvent
        Les Choses que les Êtres
        La Voix du Feu s'entend,
        Entends la Voix de l'Eau.
        Écoute dans le Vent
        Le Buisson en sanglots :
        C'est le Souffle des Ancêtres morts,
        Qui ne sont pas partis
        Qui ne sont pas sous la Terre
        Qui ne sont pas morts.

        Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
        Ils sont dans le Sein de la Femme,
        Ils sont dans l'Enfant qui vagit
        Et dans le Tison qui s'enflamme.
        Les Morts ne sont pas sous la Terre :
        Ils sont dans le Feu qui s'éteint,
        Ils sont dans les Herbes qui pleurent,
        Ils sont dans le Rocher qui geint,
        Ils sont dans la Forêt, ils sont dans la Demeure,
        Les Morts ne sont pas morts.

       (...)

      Birago DIOP

     
 

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Conversation avec la pierre

13 Avril 2015, 04:58am

Publié par vertuchou

Je frappe à la porte de la pierre
”C’est moi, laisse-moi entrer.
je viens te voir, te visiter
sentir ton souffle”

”Va-t-en, dit la pierre
Je suis fermée à clé.
Même brisée en morceaux
nous resterons toujours fermés,
même réduite en sable
nous ne laisserons entrer personne.”

Je frappe à la porte de la pierre.
”C’est moi, laisse-moi entrer.
Je viens par simple curiosité
et la vie est l’unique occasion.
Je voudrais seulement me promener dans ton palais
avant d’aller visiter la feuille et la goutte d’eau.
Je n’ai pas beaucoup de temps
car je n’ai qu’une vie.

- Je suis faite de pierre, dit la pierre.
Je dois rester sérieuse. Va-t-en,
tu vois bien que je n’ai pas les muscles du rire.

Je frappe à la porte de la pierre
- C’est moi, laisse-moi entrer.
On dit qu’il y a chez toi des grandes salles vides
majestueuses et sans bruit de pas
que personne n’a jamais vu.
Avoue que tu ne les connais pas toi-même.

-De grandes salles vides c’est vrai
mais il n’y a pas de place, dit la pierre.
Belles, peut-être
mais pas d’une beauté perceptible à tes sens.
Tu peux me savoir, mais jamais me connaître.
Tu me vois en apparence mais pas dans mon essence
Je frappe à la porte de la pierre
- C’est moi, laisse-moi entrer.
Je te promets de ne pas m’éterniser pas chez toi
ni prendre refuge
Je ne suis pas malheureuse et j’ai un domicile.
Et puis le monde vaut la peine qu’on y retourne.
J’entrerai chez toi et ressortirai les mains vides
sans toucher à rien.

Comme preuve de ma visite
j’écrirai seulement quelques mots
et d’ailleurs personne ne me croira.

- Tu n’entreras pas, dit la pierre.
Tu n’as pas le sens du partage
et aucun autre sens ne peut le remplacer
pas même la clairvoyance de l’au-delà.
Tu n’entreras pas,
tu ne connais pas le partage
tu n’en a qu’une image lointaine.

Je frappe à la porte de la pierre
- C’est moi, laisse-moi entrer.
Je ne peux pas attendre deux mille siècles
pour venir chez toi.

- Si tu ne me crois pas, dit la pierre
demande à la feuille, elle te dira la même chose,
et la goutte d’eau te dira comme la feuille.
Tu peux même demander à un cheveu de ta tête, si tu veux.
Tu me fais rire, tiens. D’un immense éclat de rire
comme si j’avais appris à rire.

Je frappe à la porte de la pierre
- C’est moi, laisse-moi entrer.

- Je n’ai pas de porte, dit la pierre.

Wislawa Szymborska

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Attends moi

9 Avril 2015, 04:09am

Publié par vertuchou

Si tu m’attends, je reviendrai,
Mais attends-moi très fort.
Attends, quand la pluie jaune
Apporte la tristesse,
Attends quand la neige tournoie,
Attends quand triomphe l’été
Attends quand le passé s’oublie
Et qu’on n’ attend plus les autres.
Attends quand des pays lointains
Il ne viendra plus de courrier,
Attends, lorsque seront lassés
Ceux qui avec toi attendaient.

Si tu m’attends, je reviendrai.
Ne leur pardonne pas, à ceux
Qui vont trouver les mots pour dire
Qu’est venu le temps de l’oubli.
Et s’ils croient, mon fils et ma mère,
S’ils croient, que je ne suis plus,
Si les amis las de m’attendre
Viennent s’asseoir auprès du feu,
Et s’ils portent un toast funèbre
A la mémoire de mon âme…
Attends. Attends et avec eux
refuse de lever ton verre.

Si tu m’attends, je reviendrai
En dépit de toutes les morts.
Et qui ne m’a pas attendu
Peut bien dire : « C’est de la veine ».
Ceux qui ne m’ont pas attendu
D’où le comprendraient-ils, comment
En plein milieu du feu,
Ton attente
M’a sauvé.
Comment j’ai survécu, seuls toi et moi
Nous le saurons,
C’est bien simple, tu auras su m’attendre, comme personne

Constantin Simonov

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