Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Vertuchou.over-blog.com

Articles avec #poetes d'aujourd'hui

Tu brûles mes poèmes

27 Mars 2017, 03:39am

Publié par vertuchou

Tu brûles mes poèmes

En quelle langue sont-ils ?

La langue d’amour n’a point de nom

Qui brûle l’autre

Ton feu ou mon poème ?

- Siham Bouhlal

 

Voir les commentaires

Mon amour parle-moi

23 Mars 2017, 03:04am

Publié par vertuchou

   Quand tu m’aimes, qu’à tes étreintes
    Je m’abandonne avec émoi
    Pour calmer mes tourments mes craintes
    Mon amour parle-moi

    Il faut peupler les nuits hostiles
    Avec les cris de nos émois
    Il faut charmer les nuits tranquilles
    Mon amour parle-moi

    Dans la nuit vouée aux mauvais sorts
    Des fantômes jettent l’effroi
    Et toi si tu es un mort ?
    Mon amour parle-moi

    Si tu m’aimes il faut le dire
    Il faut me prouver tes émois
    Il faut me prouver ton délire
    Mon amour parle-moi

    Même si tu dis des mensonges
    si tu simules ton émoi
    Pour que le songe se prolonge
    Mon amour parle-moi.

    Robert Desnos

Voir les commentaires

Tout redevient fragile

19 Mars 2017, 02:50am

Publié par vertuchou

    On finit par suivre la lumière
    qui nous bouleverse parfois
    à travers un geste
    sentir que rien ne viendra
    sinon quelque désastre

    On finit par ne plus voir
    les percées du vide
    on oublie ce visage
    qui n’a jamais existé
    ailleurs que devant soi

    On s’ouvre au silence qui revient
    ne plus répondre au bruit des pas
    ne plus croire qu’on a aimé
    soutenir un instant
    la beauté de nos vies

    Plus rien n’est lié soudain
    plus rien ne s’accomplit
    tout redevient fragile

    On finit par ne plus entendre
    que ces mots accidentés
    appelant sans relâche
    ce qui n’est jamais venu
    et ne viendra jamais

    On finit par dire qu’on est là
    faire signe parmi nos absences
    ne plus fuir la mémoire
    des failles qui nous blessent
    ces manques de tendresse

    On finit par sentir le temps
    qui replie nos regards
    lentement les referme
    comme une blessure
    dont on ne parle plus

    Plus rien n’est lié soudain
    plus rien ne s’accomplit
    tout redevient fragile

    Sur ce manque sans fond
    se dire qu’il y a quelqu’un
    quelqu’un au bout des mots
    on se souvient soudain
    de ce qui fut approché, effleuré
    du désir dans lequel nous jette un corps

    On finit par répondre chaque fois
    à ce qui peut encore venir
    on finit par se souvenir
    qu’il y eut quelqu’un
    quelqu’un derrière le désastre

    Et puis l’on finit par guérir
    de ses premières questions
    toutes restées sans réponse
    dans un regard perdu
    sur un nouvel amour

    Quand tout se démêle enfin
    que tout s’accomplit
    tout redevient fragile


    Hélène Dorion

 

Voir les commentaires

Puisque nous sommes mortels

15 Mars 2017, 02:48am

Publié par vertuchou

Puisque nous sommes mortels,
Puisqu'en nous, déjà, cheminent
Les ombres et que le temps montant
Comme un gravier s'éboule,
Puisque s'élancent à la course
D'autres soleils,
En nous, pour publier l'instant accompli,
Avec les mots et les choses qui les portent
Dans la plus grande attention, la nudité
De l'âme quand elle s'éveille avant le jour,
Nous choisissons le témoignage.
Car nous sommes responsables,
Non de ce que nous avons fait,
Mais des promesses non tenues.
Ce n'est point de ne point avoir fait le mal.
Les mains quittes ne sont jamais pures.
Il faut les avoir noires de terre,
Saisies en leur travail, armées.
Il fallait toujours parfaire.
L'ordre du monde le demande.
C'est par les rêves tenus
Que se fait notre alliance.

Je n'ai pas assez aimé.

Jean Malrieu
 

Voir les commentaires

Nada

11 Mars 2017, 02:59am

Publié par vertuchou

Il avait tatoué sur son cœur
Le nom intraduisible
D’une femme de néant : Nada

Nada, ma nuit de rien
Nada, mon ombre fauve
Nada, pour le rire et le non

Il psalmodiait avec ivresse
Ce mantra de carbone
En souvenir de l'or

Nada, ô ma sultane
Nada, ma déchirure
Nada, pour la fin des fins

Sous son masque de cendre
Il suivait du regard
Une sombre déesse

Nada, au goût d'orage
Nada, de corps et d'esprit
Nada, qui efface tout

Nada, portée à l'infini

André Velter

Voir les commentaires

Les cheveux blancs

7 Mars 2017, 02:53am

Publié par vertuchou

Ce sont les cendres d'un trésor –
Tant de pertes, tant d'offenses
Quel roc ne s'effrite et s'abat
Devant de telles cendres.

La colombe éclatante et nue
A nulle autre appariée.
La sagesse de Salomon
Sur toutes les vanités.

Redoutable blancheur, craie
D'un temps sans déclin.
Mais si le feu brûlait mes murs
Dieu se tenait à mon seuil!

Délivré de tous les fatras,
Maître des songes et des jours,
Flamme née de ce blanc précoce
L'esprit monte droit !

Non vous ne m'avez pas trahie,
Années, ni prise de revers!
En ces cheveux déjà blancs
C'est l'éternité qui l'emporte.

 27 septembre 1922

Marina Tsvetaïeva,

Voir les commentaires

Rien

3 Mars 2017, 02:40am

Publié par vertuchou

rien que la soif
et le silence
nulle rencontre

prends garde mon amour prends garde
à la silencieuse dans le désert
la voyageuse au verre vide
prends garde à l'ombre de son ombre

Alejandra Pizarnik

Voir les commentaires

Être poète

27 Février 2017, 02:27am

Publié par vertuchou

Être poète est être plus, est être plus grand
Que les hommes! Mordre comme qui embrasse!
C’est être mendiant et offrir comme celui qui est
Roi du Royaume au-deçà et au-delà de la Douleur!

C’est avoir de mil désirs la splendeur
Et ne pas savoir même ce que l’on désire!
C’est avoir en soi un astre qui flamboie,
C’est avoir des griffes et des ailes de condor!

C’est avoir faim, avoir soif de l’Infini!
La protection, les matins d’or et de satin…
C’est condenser le monde dans un seul cri!

Et c’est t’aimer, ainsi, éperdument…
Tu es âme, et sang, et vie en moi
Et en chantant le dire à tout le monde.

 Florbela Espanca

Voir les commentaires

Si la poésie vient

23 Février 2017, 02:46am

Publié par vertuchou

    si la poésie vient sans qu'on s'y attende
    elle s'en va comme elle est venue, par surprise
    et ce qu'elle nous laisse parfois c'est un lac
    dans la province inconnue de l'Alberta
    ce n'est en réalité que le souvenir
    d'une photographie d'un atlas d'enfance
    mais un moment sur ce lac on navigue
    en compagnie d'un ami mort depuis longtemps
    le soir tombe et le visage de l'Indien
    qui lève la rame vers le ciel s'éclaire
    et le sourire de l'ami devient si présent
    qu'il est impossible enfin de douter
    des sources de la lumière

    Jean-Claude Pirotte
  

Voir les commentaires

Surgis

19 Février 2017, 02:21am

Publié par vertuchou

Surgis d’une seule eau
Comme une jeune fille seule
Au milieu de ses robes nues
Comme une jeune fille nue
Au milieu des mains qui la prient
Je te salue

Je brûle d’une flamme nue
Je brûle de ce qu’elle éclaire
Surgis ma jeune revenante
Dans tes bras une île inconnue
Prendra la forme de ton corps
Ma souriante

Une île et la mer diminue
L’espace n’aurait qu’un frisson
Pour nous deux un seul horizon
Crois-moi surgis cerne ma vue
Donne la vie à tous mes rêves
Ouvre les yeux.


Paul Éluard

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 > >>