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Articles avec #poetes d'aujourd'hui

Les mois de l’année

31 Décembre 2016, 02:57am

Publié par vertuchou

Janvier pour dire à l’année « bonjour »
Février pour dire à la neige « il faut fondre »
Mars pour dire à l’oiseau migrateur « reviens »
Avril pour dire à la fleur « ouvre-toi »
Mai pour dire « ouvriers nos amis »
Juin pour dire à la mer « emporte-nous très loin »
Juillet pour dire au soleil « c’est ta saison »
Août pour dire « l’homme est heureux d’être homme »
Septembre pour dire au blé « change-toi en or »
Octobre pour dire « camarades la liberté »
Novembre pour dire aux arbres « déshabillez-vous »
Décembre pour dire à l’année « adieu, bonne chance. »
Et douze mois de plus par an, mon fils,
Pour te dire que je t’aime.

Alain Bosquet

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Donne-moi ta main

23 Décembre 2016, 02:03am

Publié par vertuchou

« Donne-moi ta main
et je te conduirai aux champs interprétés par l’hymne des moissons.
Hâtons-nous avant que les oiseaux ne nous disputent les fruits,
avant que les insectes ne fassent des feuilles entrouvertes leur nourriture.
Donne-moi ta main,
je t’apprendrai cette saveur du sol reconnaissant,
je te donnerai pour couche la terre amie
et j’offrirai à ta tête vieillie de reposer
sur l’herbe silencieuse des champs.
Je ne demanderai rien,
tu entendras seulement la mélodie des jeunes eaux
et ces paroles prononcées par mon regard sur ton visage bien-aimé. »

Adalgisa Nery

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L’écorce des cœurs

19 Décembre 2016, 02:43am

Publié par vertuchou

Bien sûr je sais qu’à cette heure
Partout dans le monde
Des hommes se blottissent de peur
Des enfants ne font plus la ronde
Des étoiles au bout de leurs doigts
Que des femmes se cachent de la bête immonde
De la violence quotidienne qui leur est faite…

Mais comment ne pas penser d’abord à toi
A tes seins bourdonnant comme des abeilles
A ta bouche fruitée qui déborde du cœur
A tes mains d’où ruissellent des caresses de soleil
A tes épaules nues ou je cueille des fleurs
Au parfum crémeux de ton ventre blanc
Oui comment ne pas penser d’abord à toi
A tes caresses comme une odorante verdure
A tes élans puissants traduits dans un murmure
A la source de vie que tu portes en toi
A ce regard d’Amour que tu as posé sur moi
A ce sourire de fée qui dessine ma joie
Comment ne pas d’abord penser à toi
Qui n’a que la beauté à opposer à la laideur
La vérité de toi dissimulée à toi dans ton regard
Qui cherche à te trouver dans les méandres du cœur
Qui veux être pour toi une belle aventure
Et qui cherche toi-même à te mettre au monde

Ô Mon Amour, ma force et ma vigueur t’accompagnent
Puisque de tous les jours je te veux ma compagne.

Jacques Viallebesset

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Le chant

15 Décembre 2016, 02:24am

Publié par vertuchou

À travers le silence
Apparent du cosmos

Montent vers celui
Qui les écoute

Des milliards de chants
Qui finissent

Par trouver en lui
Un point de convergence.

Eugène Guillevic

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En moi régnait la désolation

11 Décembre 2016, 02:54am

Publié par vertuchou

En moi régnait la désolation


Où ton inexistence était si forte. elle était devenue forme d'être.

En moi régnait la désolation. comme conversant à voix basse.

Mais les paroles n’avaient pas la force de franchir.

De franchir seulement. car il n'y avait pas quoi.

On se tourne vers le monde. on se tourne vers soi.

On voudrait n'habiter aucunement.

C'est le noyau habituel de l'infortune.

"Vous" était notre mode d'adresse. l’avait été.

Morte je ne pouvais plus dire que : "tu".

 

Jacques Roubaud

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Jamais je ne pourrai

7 Décembre 2016, 02:26am

Publié par vertuchou

Jamais, jamais je ne pourrai
Dormir tranquille aussi longtemps
Que d'autres n'auront pas le sommeil et l'abri
Ni jamais vivre de bon coeur tant qu'il faudra que d'autres
Meurent qui ne savent pas pourquoi
J'ai mal au coeur, mal à la terre, mal au présent
Le poète n'est pas celui qui dit : je n'y suis pour personne
Il dit j'y suis pour tout le monde
Ne frappez pas avant d'entrer
Vous êtes déjà là
Qui vous frappe me frappe
J'en vois de toutes les couleurs
J'y suis pour tout le monde
Pour ceux qui meurent parce que les juifs, les indiens, les noirs
Il faut les tuer
Pour ceux qui meurent pour leurs idées
J'y suis pour tout le monde
Pour ceux qui triment parce que les pauvres
C'est fait pour travailler
Pour ceux qui paient les pots cassés du Profit
Et du mépris des hommes

Claude Roy

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Je rapporterai du futur une larme versée

3 Décembre 2016, 02:54am

Publié par vertuchou


Je rapporterai du futur,
Une larme versée,
Dans un petit anneau, je l’enchâsserai.
Si tu te promènes seule,
Passe-le sur...
Sur ton annulaire, bien sûr.

Et les autres, elles ont leurs maris,
Des anneaux jaunets,
Des boucles d'oreille nacrées.
Et moi, j’ai une larme,
Une turquoise liquide,
Qui sèche au petit matin.

Tant qu’il est visible de loin,
Porte l’anneau.
Après, il s’en trouvera un autre.
Et si tu te lasses de le porter,
Tu auras quelque chose à laisser tomber
Au fond d’un puits, dans la nuit.

Joseph Brodsky

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Le piano bleu

29 Novembre 2016, 03:43am

Publié par vertuchou

chez moi j'ai un piano bleu

mais je ne sais aucune note.

il se tient dans le noir de la porte de la cave,

depuis le jour où le monde est devenu brutal.

les étoiles jouaient jadis à quatre mains

- la femme lune chantait dans le bateau -

maintenant des rats dansent dans sa gorge.

cassé est le clavier -

je pleure pour la mort bleue.

Ah chers anges, ouvrez-moi

- j'ai tant mangé du pain amer -

les portes du paradis pendant que je vis encore,

oui même contre les interdictions.

Else Lasker-Schüler

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Commencement du corps, fin de l'océan

25 Novembre 2016, 02:54am

Publié par vertuchou

Lune, qu’elle était tendre la lune
quand il puisait l’eau dans son bassin,
et lui faisait ses adieux en partant.

Qu’il est tendre le lit, la couche, le drap
quand s’emmêlaient nos membres
dans une étreinte longue, que nous supplions l’ange de la veillée
de marcher sur son pont
de ralentir sa marche.

Qu’elles étaient tendres les étoiles - Elles chantaient
chaque fois que le soir nous réunissait
vêtus de nous-mêmes.

Adonis

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Le nuage

21 Novembre 2016, 03:26am

Publié par vertuchou

Nuage changeant
où le poète a mis
le mystère à l’épreuve

Appuyé sur la terre
et le silence

Nuage qui prend forme
pour éprouver l’image

Le poète a toujours
une éclaircie d’avance.

Claude Albarède

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