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Sonnet

11 Octobre 2010, 06:05am

Publié par vertuchou

Je vis, je meurs : je me brûle et me noie,
J'ai chaud extrême en endurant froidure;
La vie m'est et trop molle et trop dure,
J'ai grands ennuis entremélés de joie.

Tout en un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j'endure,
Mon bien s'en va, et à jamais il dure,
Tout en un coup je sèche et je verdoie.

 

Ainsi Amour inconstamment me mène
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.

Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être en haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.

Louise Labé

 

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Cinq mots

10 Octobre 2010, 07:40am

Publié par vertuchou

regard
    trouble
attirance
    fulgurance

                  déshérence

 

 

 

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Si mis manos pudieran deshojar / Si mes mains pouvaient effeuiller

9 Octobre 2010, 06:49am

Publié par vertuchou

Yo pronuncio tu nombre
en las noches oscuras
cuando vienen los astros
a beber en la luna
y duermen los ramajes
de las frondas ocultas.
y yo me siento hueco
de pasión y de música.
loco reloj que canta
muertas horas antiguas.


Je prononce ton nom
Au coeur des nuits obscures,
Lorsque viennent les astres
Boire l'eau de la lune
Et que dorment les feuilles
Des secrètes ramures

Je me sens tout sonore
De passion, de musique,
Folle horloge qui chante
Les heures de jadis.

 

Full-Moon

 

Yo pronuncio tu nombre
en esta noche oscura,
y tu nombre me suena
más lejano que nunca.
más lejano que todas las estrellas
y más doliente que la mansa lluvia.

 

Je prononce ton nom
En cette nuit obscure
Et je l'entends sonner
Plus lointain que jamais,
Plus lointain que toutes les étoiles,
Et plus plaintif que la douce pluie.

 

  ¿Te querré como entonces
alguna vez? ¿Qué culpa
tiene mi corazón?
si la niebla se esfuma,
¿Qué otra pasión me espera?
¿Será tranquila y pura?
¡¡Si mis dedos pudieran
deshojar la luna!!

Pourrais-je un jour t'aimer
Comme je fis naguère ?
Mon coeur, où est la faute ?
Si le brouillard s'éclaire,
Aurai-je une nouvelle
Passion, tranquille et pure ?
Ah, si mes doigts pouvaient
Vous effeuiller, ô lune !

Federico García Lorca

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Mieux que l'amour

8 Octobre 2010, 05:43am

Publié par vertuchou

Qu’est-ce (...) qui, mieux que l’amour, est affaire d’élection et de lien,

sinon la poésie qui, comme lui, « risque tout sur des signes ».

Tout autant qu’une affaire élective de mots isolés et choisis,

extraits de la langue commune et en quelque manière rendus irremplaçables,

la langue est dans le poème une affaire de tropes, d’images, de métaphores,

c’est-à-dire un vaste système de transferts, de transports et  de correspondances :

tissages, tissu, réseau de signes.

 

Jean-Michel Maulpoix

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Ton regard. Ta voix

7 Octobre 2010, 06:31am

Publié par vertuchou

tu parais


ton regard s’empare du mien

m’enveloppe de silence de tendresse


ta voix garde l’empreinte

de ce qui t’a meurtrie

et pourquoi naguère n’ai-je pas été là

pour empêcher que survienne

l’épreuve qui t’a laissé cette fêlure


tu parais


mes cinq sens se mettent à l’affût

se tendent avidement vers ta bouche

tes seins tes flancs

vers tes mains prometteuses


c’est toi qui donnes sens et saveur

à ma vie

et pourtant tu es ma blessure

c’est toi qui me fais grandir

 

Charles Juliet 


 

 

 

 

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Der bräutigam / Le fiancé

6 Octobre 2010, 06:04am

Publié par vertuchou

Um Mitternacht, ich schlief, im Busen wachte
Das liebevolle Herz, als wär es Tag;
Der Tag erschien, mir war, als ob es nachte -
Was ist es mir, so viel er bringen mag?

 

Minuit, je dormais, au fond de moi veillait

Le cœur plein d’amour, comme si c’était le jour ;

Parut le jour, c’était la nuit pour moi,

Que m’est le jour, tant qu’il puisse apporter.

 

Sie fehlte ja! mein emsig Tun und Streben
Für sie allein ertrug ichs durch die Glut
Der heißen Stunde; welch erquicktes Leben
Am kühlen Abend! lohnend wars und gut.

 

Elle n’était pas là ; mon labeur incessant

Pour elle seule je le soutins parmi l’ardeur

De l’heure brûlante, quelle vie renouvelée

Dans la froideur du soir ! Ce fut fécond, et bon.


Die Sonne sank, und Hand in Hand verpflichtet
Begrüßten wir den letzten Segensblick,
Und Auge sprach, ins Auge klar gerichtet:
Von Osten, hoffe nur, sie kommt zurück.

Le soleil se coucha ; main dans la main l’un à l’autre engagés,

Nous saluâmes son dernier regard, bénédiction dernière,

Et les yeux dirent, clairement dirigés dans les yeux :

De l’orient, espère, espère, il reviendra.

 

Um Mitternacht, der Sterne Glanz geleitet
Im holden Traum zur Schwelle, wo sie ruht.
O sei auch mir dort auszuruhn bereitet!
Wie es auch sei, das Leben, es ist gut.

 

Minuit ! L’éclat des étoiles conduit

En un doux rêve au seuil où elle repose.

O qu’il me soit donné de reposer moi aussi en ce lieu.

Quelle que soit la vie, vivre est bon.


Goethe


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Cette lune sur l'eau

5 Octobre 2010, 06:02am

Publié par vertuchou

Cette lune sur l'eau
Est-ce toi
Cette lune dans l'eau
Est-ce toi
Est-ce toi reflet et éclat
A toi-même inédits

 

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En ton unique mémoire
Tu regardes
Et tu t'éloignes
Tu souris
Et tu t'éloignes
A jamais proche inaccessible
Dans l'au-delà d'ici
Dans l'au-delà de toi.

François Cheng

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Fusion

4 Octobre 2010, 05:15am

Publié par vertuchou

playa00

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Aimer à perdre la raison

3 Octobre 2010, 08:15am

Publié par vertuchou

Aimer à perdre la raison
Aimer à n'en savoir que dire
A n'avoir que toi d'horizon
Et ne connaître de saisons
Que par la douleur du partir
Aimer à perdre la raison

Ah c'est toujours toi que l'on blesse
C'est toujours ton miroir brisé
Mon pauvre bonheur, ma faiblesse
Toi qu'on insulte et qu'on délaisse
Dans toute chair martyrisée

Aimer à perdre la raison
Aimer à n'en savoir que dire
A n'avoir que toi d'horizon
Et ne connaître de saisons
Que par la douleur du partir
Aimer à perdre la raison

La faim, la fatigue et le froid
Toutes les misères du monde
C'est par mon amour que j'y crois
En elle je porte ma croix
Et de leurs nuits ma nuit se fonde

Aimer à perdre la raison
Aimer à n'en savoir que dire
A n'avoir que toi d'horizon
Et ne connaître de saisons
Que par la douleur du partir
Aimer à perdre la raison

 

Louis Aragon

 



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le poème dit ce qu'il dit

2 Octobre 2010, 05:57am

Publié par vertuchou

Le poème dit ce qu’il dit.

L’interprétation appartient à celui qui lit, et elle est toujours juste.


La poésie est remise en question des certitudes, mise en danger,

elle demande de l’humilité et du partage.


Alexandre Voisard

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