Nuages d'été
Emil Nolde
(1867 - 1956)
Nuages d'été
1913
huile sur toile
73.3 x 88.5 cm
Coups de cœur
Emil Nolde
(1867 - 1956)
Nuages d'été
1913
huile sur toile
73.3 x 88.5 cm
Mes yeux furent tout à coup frappés par de blanches épaules rebondies
sur lesquelles j'aurais voulu pouvoir me rouler, des épaules légèrement rosées
qui semblaient rougir comme si elles se trouvaient nues
pour la première fois, de pudiques épaules qui avaient une âme,
et dont la peau satinée éclatait à la lumière comme un tissu de soie.
Ces épaules étaient partagées par une raie,
le long de laquelle coula mon regard, plus hardi que ma main.
Honoré de Balzac
Le baiser en l'Amour est l'octave en Musique,
Vous en avez prins un, et vous en voulez deux ;
Pourquoy enervez-vous, les accords amoureux,
C'est pecher, disiez-vous, contre la Theorique.
Non je ne baise point qu'en pure Arithmetique,
Respondis-je soudain, deux baisers savoureux
Font nombre, l'unité est un rien mal heureux
Payez moi, vous devez une chose Physique.
Que vous estes mauvais, repliquastes vous alors,
Qui pourroit resister à argumens si forts,
Qui me font succomber en si juste querelle ?
Moi respondit Amour, et d'un dard furieux,
Qu'il trempa plusieurs fois aux flammes de voz yeux,
Il m'enfonça le coeur d'une playe immortelle.
Abraham de Vermeil
Le poète est parmi les rares voyageurs d’ici-bas qui sont partis pour le Pays de la Vie, quittant le Royaume des Apparences pour celui des Réalités Spirituelles, - les seules éternelles. Le poète est un réaliste dans le plus haut sens spirituel du terme »
Malcolm de Chazal,
Ah je brûle je brûle les tentacules m'attrapant du fond des enfers me donnent la cruelle sensation de marcher pieds nus sur du verre La bonté de ta main généreuse et parfaite qui me fait signe d'avancer me donne l'aimable sensation d'être à la vie de nouveau convié, convié. A la table des convives, convives Qu'on vive jusqu'à ce que repu l'on en meurt Tu m'invites à prendre ma place à partager le miel des honneurs de ton coeur. Volontiers j'accepte le meilleur traitement Que l'on réserve tout exclusivement Aux invités le festin nu, qui fait les langues au soir se délier se délier yeah Oh je brûle je brûle de goûter à présent à tous ces nectars affolants dont le poison noir et pourpre fait battre indécent le sang des amants. Ton baiser confiant m'appelle à tout autre destin adoré, me donne l'aimable sensation d'être à la vie de nouveau convié, convié. Convié yeah Ah qu'y puis qu'y puis je, la liqueur volatile je veux toute la partager, à la table des poètes, des assassins, tout comme moi ici conviés. Volontiers j'accepte le meilleur traitement Que l'on réserve tout exclusivement Aux invités le festin nu, qui fait les langues au soir se délier se délier yeah yeah yeah yeah...
Etienne Daho
Ce triangle d’eau qui a soif
cette route sans écriture
Madame, et le signe de vos mâtures
sur cette mer où je me noie.
Les messages de vos cheveux
le coup de fusil de vos lèvres
cet orage qui m’enlève
dans le sillage de vos yeux.
Cette ombre enfin, sur le rivage
où la vie fait trêve, et le vent,
et l’horrible piétinement
de la foule sur mon passage.
Quand je lève les yeux vers vous
on dirait que le monde tremble,
et les feux de l’amour ressemblent
aux caresses de votre époux.
Antonin Artaud
Claude Monet
(1840-1926)
Charing Cross Bridge
1899
huile sur toile.
64.8 x 80.6 cm