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Correspondances

11 Août 2019, 02:27am

Publié par vertuchou

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
- Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.

Charles Baudelaire

 

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La poésie commence

10 Août 2019, 02:28am

Publié par vertuchou

La poésie commence lorsqu'un idiot dit de la mer : "On dirait de l'huile."

Ce n'est nullement là une description plus exacte du calme plat,

mais le plaisir d'avoir découvert une ressemblance,

l'excitation d'un mystérieux rapport, le besoin de crier

aux quatre points cardinaux qu'on a vu ce rapport.

Cesare Pavese
 

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Pour le moment

9 Août 2019, 02:10am

Publié par vertuchou

La vie est simple et gaie
Le soleil clair tinte avec un bruit doux
Le son des cloches s’est calmé
Ce matin la lumière traverse tout
Ma tête est une rampe allumé
Et la chambre où j’habite est enfin éclairée
Un seul rayon suffit
Un seul éclat de rire
Ma joie qui secoue la maison
Retient ceux qui voudraient mourir
Par les notes de sa chanson
Je chante faux
Ah que c’est drôle
Ma bouche ouverte à tous les vents
Lance partout des notes folles
Qui sortent je ne sais comment
Pour voler vers d’autres oreilles
Entendez je ne suis pas fou
Je ris au bas de l’escalier
Devant la grande porte ouverte
Dans le soleil éparpillé
Au mur parmi la vigne verte
Et mes bras sont tendus vers vous
C’est aujourd’hui que je vous aime

Pierre Reverdy

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Heywete

8 Août 2019, 01:37am

Publié par vertuchou

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Allégorie du pélican

7 Août 2019, 02:28am

Publié par vertuchou

...

Lorsque le pélican, lassé d’un long voyage,
Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux,
Ses petits affamés courent sur le rivage
En le voyant au loin s’abattre sur les eaux.
Déjà, croyant saisir et partager leur proie,
Ils courent à leur père avec des cris de joie
En secouant leurs becs sur leurs goitres hideux.
Lui, gagnant à pas lent une roche élevée,
De son aile pendante abritant sa couvée,
Pêcheur mélancolique, il regarde les cieux.
Le sang coule à longs flots de sa poitrine ouverte ;
En vain il a des mers fouillé la profondeur ;
L’océan était vide et la plage déserte ;
Pour toute nourriture il apporte son cœur.
Sombre et silencieux, étendu sur la pierre,
Partageant à ses fils ses entrailles de père,
Dans son amour sublime il berce sa douleur ;
Et, regardant couler sa sanglante mamelle,
Sur son festin de mort il s’affaisse et chancelle,
Ivre de volupté, de tendresse et d’horreur.
Mais parfois, au milieu du divin sacrifice,
Fatigué de mourir dans un trop long supplice,
Il craint que ses enfants ne le laissent vivant ;
Alors il se soulève, ouvre son aile au vent,
Et, se frappant le cœur avec un cri sauvage,
Il pousse dans la nuit un si funèbre adieu,
Que les oiseaux des mers désertent le rivage,
Et que le voyageur attardé sur la plage,
Sentant passer la mort se recommande à Dieu.

Poète, c’est ainsi que font les grands poètes.
Ils laissent s’égayer ceux qui vivent un temps ;
Mais les festins humains qu’ils servent à leurs fêtes
Ressemblent la plupart à ceux des pélicans.
Quand ils parlent ainsi d’espérances trompées,
De tristesse et d’oubli, d’amour et de malheur,
Ce n’est pas un concert à dilater le cœur ;
Leurs déclamations sont comme des épées :
Elles tracent dans l’air un cercle éblouissant ;
Mais il y pend toujours quelques gouttes de sang.

Alfred de Musset

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Tu es une effraction

6 Août 2019, 02:59am

Publié par vertuchou

Tu es une effraction dans l'absence de mes nuits. Approche. Tends ton envie. Que je l'enroule autour de mes lèvres en un jus amer et putrescible. Tes yeux me songent et m'évertuent, me dégringolent d'impatience. Au bout, chute, cassure, fractures et contusions, hématomes comblés de nos corps, je m'en fous. Je suis celle que tu rouages.

Les serments se délitent. C'est l'instant du froid martyre. Toi tu ne l'entends pas. Je suis écarquillée de désirs. Perçois-tu autre chose ?

 Ananda Devi,  Le long désir

 

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Brûlot

5 Août 2019, 01:49am

Publié par vertuchou

La figure défiant l'orage
Les cheveux cordages fous
La bouche bée aux quatre vents
Les bras emportés par les vagues
Les pieds les mains éparpillés
La poitrine rompue de coups
Le cœur exposé au bordage
Dans un éclat de feu Saint-Elme
D'amour je meurs de rire
Sur le brûlot de nos vies brèves
Où tu me réduis en poudre.

 André Pieyre de Mandiargues

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Mona Lisa

4 Août 2019, 01:28am

Publié par vertuchou

Andy Warhol, Mona Lisa, 1978

Andy Warhol, Mona Lisa, 1978

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Le parfait amour

3 Août 2019, 02:23am

Publié par vertuchou

Autour de la table et du thé fumant,
On causait d’amour, sans grande mesure :
Ces dames n’étaient que pur sentiment :
Ces messieurs n’étaient qu’esthétique pure.

« L’amour vrai, c’est l’amour platonique »
Dit le conseiller, levant haut sa tasse.
Sa femme sourit d’un oeil ironique
Et soupire : « Hélas ! »

« Il ne sied point que l’amour soit farouche »
Dit le chanoine, ouvrant large sa bouche :
« Car il nuirait à la santé »
« Pourquoi donc ? » dit Gretchen avec timidité.

Mélancolique, la comtesse murmure :
« L’amour, c’est la passion. »
Et dans sa bonté pleine de tristesse,
Elle offre du sucre au baron .

Mignonne, à la table un siège était vide ;
Un discours manquait à tous ces discours :
Cher petit cœur froid, pervers et candide,
Que n’étais-tu pas la, pour parler d’amour !

Heinrich Heine

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Le poète habite deux mondes

2 Août 2019, 01:35am

Publié par vertuchou

Le poète habite deux mondes, l'un qui se meurt, l'autre qui se bat pour naître.

--- Virginia Woolf,

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