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A Poor Young Shepherd

10 Octobre 2021, 01:59am

Publié par vertuchou

J'ai peur d'un baiser
Comme d'une abeille.
Je souffre et je veille
Sans me reposer.
J'ai peur d'un baiser !

Pourtant j'aime Kate
Et ses yeux jolis.
Elle est délicate
Aux longs traits pâlis.
Oh! que j'aime Kate !

C'est Saint-Valentin !
Je dois et je n'ose
Lui dire au matin...
La terrible chose
Que Saint-Valentin !

Elle m'est promise,
Fort heureusement !
Mais quelle entreprise
Que d'être un amant
Près d'une promise !

J'ai peur d'un baiser
Comme d'une abeille.
Je souffre et je veille
Sans me reposer:
J'ai peur d'un baiser

Paul Verlaine

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Les femmes baisent pour un tas d'excellentes raisons

9 Octobre 2021, 01:43am

Publié par vertuchou

... Les femmes baisent pour un tas d'excellentes raisons qui n'ont rien avoir avec le plaisir physique. Comment un homme pourrait-il le savoir ? Comment Stéphane pourrait-il se douter que ma bonne raison à moi, là, tout de suite, est de faire se toucher les deux continents que nous représentons et qui, sans ces contions météorologiques passagères, cet ouragan, ne se rapprocheraient jamais l'un de l'autre ? C'est pour cette magie - pour le voir s'abandonner, redevenir aussi jeune, aussi malléable que moi, pour entendre sa voix grave prendre des aigus désespérés de petit garçon lorsque je l'enfourche, et regarder Stéphane ouvrir grand ses yeux, pétrifié semble-t-il par la puissance que je prends, assise sur lui.

Emma Becker, La Maison

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L'enfant sauvage

8 Octobre 2021, 02:17am

Publié par vertuchou


Au dernier rang de la classe un rebelle
Voit de l'automne une langue rougeâtre
Lécher la vitre. II coulera du sang
Dam la ruelle où roulent des oranges.

Un livre ouvert vole dans un bruit d'ailes.
Le doigt dans l'encre il dessine des monstres
Sur le bois sombre où les noms sont gravés
D'écoliers endormis dans le temps.

Une rature un instant le rassure
Car il y voit les cris verts d'herbes folles.
Il vagabonde en lui-même, il se livre
À des exploits d'empereur cosmonaute.

Il peint sa joue avec de l'encre mauve
Et des tribus indiennes le rejoignent.
Cet inventeur d'autres cosmogonies
Sera puni de chérir sa durée.

Quel est le mot qui déchire les lèvres,
Fait éclater les louanges percluses ?
Printemps, Printemps... répète le barbare,
Printemps, Printemps, comme on appelle un tigre.

Rien ne répond. Naguère un bonnet d'âne
Et le vainqueur était qui le portait,
Mâchant sa gomme et rêvant de vengeance
Au coin fleuri de toiles d'araignées.

Crisse la page au rythme des dictées.
Las d'ânonner de vieilles montgolfières,
L 'enfant s'envole au-dessus de la ville
Pour se brûler les ailes au soleil.

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Concerto n°1 en la mineur, BWV 1041 - 2. Andante

7 Octobre 2021, 02:13am

Publié par vertuchou

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L'idole

6 Octobre 2021, 01:26am

Publié par vertuchou

Comme un dernier remous sur une blanche plage
Que les flots refoulés ne peuvent pas saisir,
Sur la nuque que mord le souffle du désir,
Un frisson de cheveux trace son clair sillage.

Frisson d'écume d'or, si vivante que l'âge
Se connaît à la voir, et qui semble choisir
Les cols dont la beauté modelée à loisir
A les perfections antiques d'un moulage.

En extase penché, j'aurai pour horizon
L'oreille à qui l'amour porte mon oraison,
L'oreille, bijou fait en rose de coquille ;

Et ma bouche osera baiser l'éclat vermeil
Des minces cheveux fous brodés par le soleil,
Dont la confusion étincelante brille.


Albert Mérat.

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La poésie est le symbole

5 Octobre 2021, 02:03am

Publié par vertuchou

La poésie est le symbole de la stabilité immuable du monde.

Yukio Mishima
 

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Le monde s'est dédoublé

4 Octobre 2021, 01:06am

Publié par vertuchou

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Il y aura

3 Octobre 2021, 01:35am

Publié par vertuchou

D’où vient ce bruit de source
Pourtant la clé n’est pas restée sur la porte
Comment faire pour déplacer ces énormes pierres noires
Ce jour-là je tremblerai de perdre une trace
Dans un des quartiers brouillés de Lyon
Une bouffée de menthe c'est quand j’allais avoir vingt ans
Devant moi la route hypnotique avec une femme
sombrement heureuse
D’ailleurs les mœurs vont beaucoup changer
Le grand interdit sera levé
Une libellule on courra pour m’entendre en 1950
A cet embranchement
Ce que j’ai connu de plus beau c'est le vertige
Et chaque 25 mai en fin d’après-midi le vieux Delescluze
Au masque auguste descend vers le Château-d’Eau
On dirait qu’on bat des cartes de miroirs dans l’ombre

André Breton

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Elle se sent femme aujourd'hui,

2 Octobre 2021, 01:58am

Publié par vertuchou

Elle se sent femme aujourd'hui, auprès de cet homme qui l'a révélée. Cette main, elle n'est pas près de la lâcher. Dans les années qui suivront, elle la serrera souvent, dans la rue, au parc, à la maternité, en dormant, en jouissant, en pleurant, en mettant au monde leurs enfants. Cette main, elle la tient pour longtemps.

Laetitia Colombani, La tresse.

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Ce que c’est que la mort

1 Octobre 2021, 01:53am

Publié par vertuchou

Ne dites pas : mourir ; dites : naître. Croyez.
On voit ce que je vois et ce que vous voyez ;
On est l’homme mauvais que je suis, que vous êtes ;
On se rue aux plaisirs, aux tourbillons, aux fêtes ;
On tâche d’oublier le bas, la fin, l’écueil,
La sombre égalité du mal et du cercueil ;
Quoique le plus petit vaille le plus prospère ;
Car tous les hommes sont les fils du même père ;
Ils sont la même larme et sortent du même œil.
On vit, usant ses jours à se remplir d’orgueil ;
On marche, on court, on rêve, on souffre, on penche, on tombe,
On monte. Quelle est donc cette aube ? C’est la tombe.
Où suis-je ? Dans la mort. Viens ! Un vent inconnu
Vous jette au seuil des cieux. On tremble ; on se voit nu,
Impur, hideux, noué des mille nœuds funèbres
De ses torts, de ses maux honteux, de ses ténèbres ;
Et soudain on entend quelqu’un dans l’infini
Qui chante, et par quelqu’un on sent qu’on est béni,
Sans voir la main d’où tombe à notre âme méchante
L’amour, et sans savoir quelle est la voix qui chante.
On arrive homme, deuil, glaçon, neige ; on se sent
Fondre et vivre ; et, d’extase et d’azur s’emplissant,
Tout notre être frémit de la défaite étrange
Du monstre qui devient dans la lumière un ange.

Victor Hugo.

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