Coups de cœur
L'amour
L'amour est quelque chose qui peut
renverser l'histoire,
peut damner une âme
ou la faire monter au ciel :
c'est une question de chance.
Alda Merini
Je n'oublierais jamais
Je n'oublierais jamais la façon qu'il tenait son cou. Ils ne flirtaient pas, ne faisaient aucun geste érotique ou démonstratif, mais leur intimité était électrique.Il tenait son cou.Ce n'était pas un geste possessif, c'était fusionnel
Lucia Berlin, Manuel à l'usage des femmes de ménages.
L’amour nous fait trembler comme un jeune feuillage
L’amour nous fait trembler comme un jeune feuillage,
Car chacun de nous deux a peur du même instant.
Mon bien-aimé, dis-tu très bas, je t’aime tant…
Laisse… Ferme les yeux… Ne parle pas… Sois sage…
Je te devine proche au feu de ton visage.
Ma tempe en fièvre bat contre ton coeur battant.
Et, le cou dans tes bras, je frissonne en sentant
Ta gorge nue et sa fraîcheur de coquillage.
Écoute au gré du vent la glycine frémir.
C’est le soir ; il est doux d’être seuls sur la terre,
L’un à l’autre, muets et faibles de désir.
D’un baiser délicat tu m’ouvres la paupière ;
Je te vois, et, confuse, avec un long soupir,
Tu souris dans l’attente heureuse du mystère.
Charles Guerin
Sun
Les fusillés
Dans le petit matin
Alignés contre le mur
Ils ont des mains puissantes
Des chemises déboutonnées
Des dents de loup
L'allure cavalière
Fument par tout le corps l'honneur de vivre
Comme une fumée légère
Qui s'éloigne d'eux
Très vite
A mesure que file le sang
Criblé de balles.
Anne Hébert
La poésie ne se laisse pas saisir
La poésie ne se laisse pas saisir.
Quand elle nous veut, elle est par essence indescriptible…
Lorsqu’elle est enfin capturée, c’est la griserie.
René Char, Sous ma casquette amarante
Les trois dernières muses castillanes
Je regarde cette montagne qui vieillit en janvier,
et cana je regarde expirer avec la neige
son sommet qui, froid, sombre et bref,
Le soleil la regarde, qui l'a peinte en premier.
Je vois que dans de nombreux endroits, flatteur,
soit il donne sa glace, soit il la boit;
qui, reconnaissant de sa pitié, bouge
le musicien de cristal libre et bavard.
Mais dans les Alpes de ta poitrine en colère,
Je ne vois pas que tes yeux sur les miens
Donnez, étant le feu, la glace que vous aimez.
Ma propre flamme se multiplie par le froid,
et dans mes propres cendres je brûle gelé,
envier le bonheur de ces rivières.
Francisco de Quevedo
Visions
Étoiles d’été
Étoiles d’été cueillies une à une
Rayon fouillant l’ombre bruissante
Où demeure obscure et claire
La source du désir
François Cheng
/image%2F0674225%2F20250711%2Fob_83e79b_david-hockney-sun-from-weather-seri.jpg)