Coups de cœur
Le silence de la maison
Le silence de la maison
dort encore
le ciel n’existe plus
il est dans les brins
d‘herbe, les feuillages
et sous les toits
Le brouillard
mord nos corps
nos âmes nos cœurs
Le visible et l’invisible
les désirs et l’impuissance
l’avant l’après
le maintenant
se confondent…
C’est un jour
au milieu de nulle part
Songe à la douceur
de l’habiter
pour quelques heures
en ta compagnie
Laetitia Cuvelier
Je suis riche et libre
Je suis riche et libre, et je revis en rêve, à plein poumons, chaque seconde de l’après-midi. Je n’ai plus aucune envie de sortir aujourd’hui. Je veux rêver de légers rêves et parer ma chambre de leur éclat comme des guirlandes, pour l’accueil. Je veux emporter dans ma nuit la bénédiction de tes mains sur mes mains et mes cheveux. Je ne veux parler à personne, pour ne pas gaspiller l’écho de tes paroles qui tremble tel un émail sur les miennes et les fait sonner plus tendres ; et, le soleil couché, je ne veux voir aucune lampe pour allumer au feu de tes yeux mille bûchers secrets…
Lettre de Gérard de Nerval à Jenny Colon
Viendras-tu avec moi ?
Viendras-tu avec moi ?
Je peux vous offrir un feu d’artifice
De mille soleils éclatés
Et le tremblement de douce angoisse
Je peux vous apprendre à voler.
Viendras-tu avec moi ma belle ?
Viendras-tu avec moi ?
Je peux vous emmener par les racines
Vous faire monter dans la sève des arbres
Je peux vous apprendre la caresse
Du sang qui coule sur le sabre.
Viendras-tu avec moi, ma belle ?
Viendras-tu avec moi ?
Je peux vous offrir un cimetière
Où les tombes s’ouvrent sur les corps
Vous faire découvrir des désirs obscurs
Je peux vous offrir la mort.
Viendras-tu avec moi, ma belle ?
Viendras-tu avec moi ?
Greame Allwright
Untitled
Haïkaï
Dans une humble chaumière
les feuilles de thé ratissées
après l’orage
Matsuo Basho
La poésie est l’art
La poésie est l’art de faire entrer la mer dans un verre
Italo Calvino
À mon amour
À mon amour
J’avais voulu les montrer,
Les fleurs de prunier,
Mais elles ne se distinguent plus
Depuis que la neige est tombée.
Yamabe no Akahito
Glencoe
Soleil couchant
Soleil couchant –
Tout à coup la neige
tombe d’une branche
Atsuko Ishida
![Edward Weston. Untitled [window seat, Seminary of San Martín, Tepotzotlán], 1924.](https://image.over-blog.com/fzM8h9uq7CD11_Ce18zePAh9qVQ=/filters:no_upscale()/image%2F0674225%2F20260430%2Fob_e59401_edward-weston-untitled-window-seat.jpg)
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