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J’aime les regards

20 Avril 2024, 01:34am

Publié par vertuchou

J’aime les regards qu’il pose sur moi comme si c’était la première fois. J’aime ses mains, lorsqu’elles partent à la découverte d’un corps qu’il connaît pourtant par cœur. J’aime ses lèvres, pleines et douces, qui prennent possession des miennes, comme si c’était un besoin vital, une obsession. Jusqu’à la déraison. Faire l’amour avec lui, c’est oublier qui je suis. User ma peau contre la sienne. Fusionner les deux moitiés d’un tout.

 Karyn Adler, Unfaithful

 

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Elle pose ses mains

13 Avril 2024, 01:55am

Publié par vertuchou

Elle pose ses mains de chaque côté de mon visage et la pièce s'effondre. Je ne me suis jamais autant perdu dans un baiser auparavant.

Et puis, l’espace entre nous explose. Mon cœur manque constamment de battements et mes mains ne peuvent pas la rapprocher suffisamment de moi. Je la goûte et réalise que je suis affamé.

J'ai déjà aimé, mais ce n'était pas comme ça.

J'ai déjà embrassé auparavant, mais cela ne m'a pas brûlé vif.

Peut-être que ça dure une minute, et peut-être une heure. Tout ce que je sais, c'est ce baiser, et combien sa peau est douce lorsqu'elle effleure la mienne, et que même si je ne le savais pas jusqu'à présent, j'attends cette personne depuis toujours.

Jodi Lynn Picoult

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Elle me regarde dans les yeux

5 Avril 2024, 01:54am

Publié par vertuchou

Elle me regarde dans les yeux, droit dans les yeux comme une météore, une supernova qui me ferait prendre feu en touchant la fibre nue de mon âme.
J'ai l'estomac noué.

Aura Xilonen, Gabacho

 

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Tu es là, mon amour

28 Mars 2024, 01:56am

Publié par vertuchou

Tu es là, mon amour, et je n'ai lieu qu'en toi. J'élèverai vers toi la source de mon être, et t'ouvrirai ma nuit de femme, plus claire que ta nuit d'homme ; et la grandeur en moi d'aimer t'enseignera peut-être la grâce d'être aimé. Licence alors aux jeux du corps ! Offrande, offrande, et faveur d'être ! La nuit t'ouvre une femme : son corps, ses havres, son rivage ; et sa nuit antérieure où gît toute mémoire. L'amour en fasse son repaire !
 
Saint-John Perse, Amers.

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Qu’une main palpe

20 Mars 2024, 01:54am

Publié par vertuchou

Qu’une main palpe ma tête à tâtons, et prenne du bout des doigts la forme de la coquille, la ligne du cou et les attaches, je n’ai pas la force de le prendre, je m’enfondre, je me phantome, et comme des doigts cherchent à tâtons l’ourlet de mes oreilles et mon bonnet de cheveux, dans l’horreur de mon saisissement, trop jouir me nuit, l’intelligence est perdue, dans mon gosier la parole est tarie, une glace me prend, jusqu’aux pointes me saisit toute raide, mes spondyles sont deslochées, je ne m’ouïs même pas respirer, je suis faillie.

Hélène Cixous, La.

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Mon bien-aimé

12 Mars 2024, 01:52am

Publié par vertuchou

Mon bien-aimé, mon Victor, ne m’abandonne pas. Aime-moi. Si je meurs avant le terme, je veux qu’on te porte mon cœur, comme le pauvre Claude fit à Albin de son dernier morceau de pain, le dernier jour de sa vie. Moi, je veux qu’on te porte mon cœur que tu dois posséder au-delà même de ma vie.

Aime-moi, pardonne-moi, fais de moi ce que tu voudras.

Je t’aime.

Ici ma vie.

Là mes baisers.

Partout

Juliette

Adresse :

À toi mon bien-aimé

Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo.

 

 

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Vous êtes la première femme

4 Mars 2024, 01:57am

Publié par vertuchou

Vous êtes la première femme que j’aime et je suis peut-être le premier homme qui vous aime à ce point. Si ce n’est pas là une sorte d’hymen que le ciel bénisse, le mot amour n’est qu’un vain mot !

Lettre de John Keats à Fanny Brawne, mercredi 13 octobre 1819.

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Depuis hier soir, je songe à vous

25 Février 2024, 01:28am

Publié par vertuchou

Depuis hier soir, je songe à vous, éperdument. Un désir insensé de vous revoir, de vous revoir tout de suite, là, devant moi, est entré soudain dans mon coeur. Et je voudrais passer la mer, franchir les montagnes, traverser les villes, rien que pour poser ma main sur votre épaule, pour respirer le parfum de vos cheveux.
Ne le sentez-vous pas, autour de vous, rôder, ce désir, ce désir venu de moi qui vous cherche, ce désir qui vous implore dans le silence de la nuit ?

Lettre de Maupassant à Hermine Lecomte de Noüy, le 19 décembre 1887.

 

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Tu me regardes

17 Février 2024, 01:27am

Publié par vertuchou

Tu me regardes, tu me regardes de tout près, tu me regardes de plus en plus près, nous jouons au cyclope, nos yeux grandissent, se rejoignent, se superposent, et les cyclopes se regardent, respirent confondus, les bouches se rencontrent, luttent tièdes avec leurs lèvres, appuyant à peine la langue sur les dents, jouant dans leur enceinte où va et vient un air pesant dans un silence et un parfum ancien. Alors mes mains s'enfoncent dans tes cheveux, caressent lentement la profondeur de tes cheveux, tandis que nous nous embrassons comme si nous avions la bouche pleine de fleurs ou de poissons, de mouvements vivants, de senteur profonde. Et si nous nous mordons, la douleur est douce et si nous sombrons dans nos haleines mêlées en une brève et terrible noyade, cette mort instantanée est belle. Et il y a une seule salive et une seule saveur de fruit mûr, et je te sens trembler contre moi comme une lune dans l'eau.

Julio Cortázar, Marelle.

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Je sais aussi qu'on dit quelquefois

9 Février 2024, 01:09am

Publié par vertuchou

Je sais aussi qu'on dit quelquefois : plutôt rien qu'un sentiment qui ne soit pas parfait. Mais moi je ne crois pas aux sentiments parfaits ni aux vies absolues. Deux êtres qui s'aiment ont à conquérir leur amour, à construire leur vie et leur sentiment, et cela non seulement contre les circonstances mais aussi contre toutes ces choses en eux qui limitent, mutilent, gênent ou pèsent sur eux. Un amour, Maria, ça ne se conquiert pas sur le monde mais sur soi-même.

Albert Camus, Correspondance Albert Camus-Maria Casarès (1944-1959)

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