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Elle arriva

17 Décembre 2025, 00:11am

Publié par vertuchou

Elle arriva ,tranchant la chair fraîche de ma petite vie d'adolescent, pour y apporter la séduction et la souffrance, l'insomnie, les ravages du coeur et les tenailles de l'amour. Elle n'était pas attendue ,mais secrètement désirée, et,dès l'instant où j'entrevis sa flamme, je fus pris ,happé, par ce feu . 

Philippe Labro, Quinze ans.

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Au début, il a une idée très claire de la femme

11 Décembre 2025, 00:09am

Publié par vertuchou

Au début, il a une idée très claire de la femme. Elle est grande et élégante ; ce n’est pas une beauté au sens conventionnel du terme, mais sa chevelure brune, ses traits – yeux bruns, pommettes hautes, lèvres pulpeuses – sont frappants et sa voix grave de contralto a un charme magnétique suave. Sexy ? Non, elle n’est pas sexy et absolument pas séductrice. Elle était peut-être sexy quand elle était jeune – comment ne pas l’être avec une telle silhouette ? – mais à présent qu’elle a une quarantaine d’années, elle aime conserver une certaine distance. Elle marche – et cela se remarque particulièrement – sans se déhancher, en semblant glisser sur le sol, très droite, majestueuse même.

Voilà comment il résumerait son apparence. Quant à son moi, son âme, elle a le temps de se révéler. Il est convaincu d’une chose : c’est une femme bien, gentille, sympathique.

J. M. Coetzee, Le Polonais.

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T'en souvient-il

3 Décembre 2025, 00:07am

Publié par vertuchou

T'en souvient-il ce qui des mains aux lèvres, comme un matin tardif dans la chambre d'avril, faisait l'envie de nous plus forte que raison? T'en souvient-il, l'arbre du lit, témoin de frondaisons si hautes, et les veines du large qui nous gardaient du vent, et ce bitume gris de lanterne avortée, qui passait, repassait aux carreaux des fenêtres? Envieuse, la rue faisait claquer ses pas dans les bruits de la pluie. Nous marchions sur un fil du coté de l'urgence. Dans les draps mélangés, une respiration faisait chose commune. Le temps qui s'enfuyait comme du vin de grappe et ce goût sur la langue précipité d'ivresse, t'en souvient-il? Une absolue beauté regardait ses enfants incendier la neige.

Ile Eniger, Le bleu des ronces.

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Ta lettre a tout balayé

25 Novembre 2025, 00:46am

Publié par vertuchou

Ta lettre a tout balayé et ce soir je me sens revivre. Il faut maintenant que je dorme. Demain je me lèverai prête à tout.
Oh mon amour, si tu savais comme il est bon de te porter !
Je t'aime, je t'aime. Je t'aime. »

 Lettre de Maria Casarès à Albert Camus

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Elle était là, seule et tranquille

17 Novembre 2025, 00:44am

Publié par vertuchou

Elle était là, seule et tranquille, regardant vers le large ; puis lorsqu’elle eut senti la présence de Stephen et son regard d’adoration, ses yeux se tournèrent vers lui, subissant ce regard avec calme, sans honte ni impudeur. Longtemps, longtemps elle le subit ainsi, puis, calme, détourna ses yeux de Stephen et les abaissa vers le ruisseau, remuant l’eau de-ci, de-là, doucement, du bout de son pied. Le premier clapotis léger de l’eau remuée rompit le silence, doux et timide, et murmurant, timide comme les clochettes du sommeil : de-ci, de-là, de-ci, de-là : et une rougeur timide palpitait sur sa joue.

James Joyce, Portrait de l'artiste en jeune homme.

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Si tu pouvais lire dans mon esprit

9 Novembre 2025, 01:00am

Publié par vertuchou

Si tu pouvais lire dans mon esprit, tu y verrais que je t'aime, si tu pouvais lire dans mon âme tu y verrais que je t'aime, si tu pouvais lire dans mon cœur, tu y verrais que je t'aime. Pour mon esprit tu es charmante, pour mon âme tu es céleste, pour mon cœur tu es bonne, il y a en toi une femme dont je baise les pieds et un ange dont je baise les ailes ! 

Victor Hugo, Le livre de l’anniversaire (1833-1834

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J'ai besoin de tes forces

1 Novembre 2025, 09:36am

Publié par vertuchou

J'ai besoin de tes forces, car je me sens à bout de nerfs. […] Tu vois donc que tu dois tout faire pour retrouver ton équilibre moral et physique : c'est le nôtre. Je m'efforce à te dire tout cela. Si je me laissais aller tu n'entendrais qu'un cri d'appel continu ; pour être sincère, je ne peux plus vivre sans toi.
C'est pour cela justement que je veux vivre et que tu vives longtemps. Mais je ne veux pas penser à cela ; je me sens devenir folle moi aussi. Soigne-toi. Fais pour le mieux. Je t'aime comme je vis. 

Lettre de Maria Casarès à Albert Camus

 

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Ses doigts à lui tracent des cercles

26 Octobre 2025, 02:03am

Publié par vertuchou

Ses doigts à lui tracent des cercles autour de son sein, à la manière d’un animal aux aguets. Elle voudrait qu’il bouge plus vite, qu’il touche son mamelon, sa pensée anticipe sur son geste, mais, peut-être que le sachant, il la provoque, se délecte, et tarde infiniment. Ses mamelons dressés, il joue un peu avec, elle a la chaire de poule et son sexe fond encore de désir. Maintenant il promène ses doigts sur son ventre, descend vers ses jambes, ses pieds, ses mains parcourent l’intérieur de ses cuisses, il perçoit sa chaleur sans s’en approcher, c’est une caresse douce, légère, d’une légèreté hallucinante. 

Paulo Coelho, Onze minutes.

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J'ai envie de t'embrasser

10 Octobre 2025, 01:02am

Publié par vertuchou

J'ai envie de t'embrasser, de te couvrir de baisers, j'ai envie de toi. Une envie qui est l'armature de toutes mes journées, qui est là, derrière tous les gestes, derrière toutes mes pensées, une envie qui peut se lire de partout : j'ai l'impression que tous ceux qui me regardent lisent ton nom imprimé sur ma peau. Je me sens nue, vêtue de ton seul nom qui me rend plus nue que jamais. Mais cela me plaît, je suis heureuse, je suis heureuse de t'aimer, je suis heureuse que tu m'aimes, je serai toujours heureuse, aussi longtemps que je t'aimerai et que tu m'aimeras.

Lettre de Franca à Louis Althusser, le 30 septembre 1961

 

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Constance rentra lentement

4 Octobre 2025, 01:18am

Publié par vertuchou

Constance rentra lentement, comprenant la profondeur de cette autre chose qui était en elle. Un autre moi vivait en elle, fondant, brulant, et doux dans ses entrailles; et, de tout ce moi, elle adorait son amant. Elle l'adorait jusqu'à sentir en marchant faiblir ses genoux. Dans ses entrailles, elle était contente et vivante et vulnérable et sans défense dans son adoration pour lui, comme la femme la plus naïve.

David Herbert Lawrence, Lady Chatterley

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