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Et ce que je veux, c'est l'amour

25 Juillet 2019, 02:10am

Publié par vertuchou

Et ce que je veux, c'est l'amour, l'amour insouciant et celui qui remet tout en question, celui qui fait renaître, l'amour-passion, l'amour de loin, le fin amor, celui qui vous force à vous dépasser, l'amour platonique, l'amour sexuel, l'amour léger, l'amour sombre, l'amour lumineux, l'amour tendresse, l'amour fidèle, l'amour infidèle, l'amour jaloux, l'amour généreux, l'amour libre, l'amour rêvé, l'amour adoration, l'amour mystique, l'amour pulsion, l'amour qu'on fait, l'avant, le pendant et l'après amour, l'amour qui brûle, l'amour pudique, l'amour secret, l'amour crié, l'amour qui fait mal au ventre, l'amour qui fait bon au ventre, l'amour qui paralyse et celui qui donne des ailes, l'amour à mort, l'amour à vie, le premier amour, l'amour perdu, l'amour blessé, le prochain amour, parce qu'il n'y a pas de modèle, parce qu'il faut inventer ses amours, inventer sa vie.

Alina Reyes, Quand tu aimes, il faut partir

 

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Métamorphose

17 Juillet 2019, 01:52am

Publié par vertuchou

Quelquefois la nuit, singulièrement après l'amour, je deviens insecte. Si l'homme de ses deux mains étrangle doucement la taille, elle s'étire et fond jusqu'à devenir un pivot excessivement grêle, mais solide comme un filin d'acier, exactement de la hauteur des mains.
Alors commencent à jouer avec une parfaite indépendance les muscles et les joints du bassin et du torse. Les seins se dressent, interrogent l'horizon, se tournent lentement : avec un peu d'habitude on arrive à les placer face à la cambrure des reins. En dessous les hanches glissent peu à peu, dans un mouvement plutôt ondulatoire. La masse heureuse se déplace avec une souplesse lente, prisonnière de la pression des dents. Et puis les jambes se disjoignent, chaque orteil se dédouble, gratte le drap comme une argile. A chaque articulation jaillissent des contacts, d'agiles ramifications. Les bras deviennent légers et nageurs : il tombe mollement des pluies de bras dans l'espace.
Quant aux antennes elles me montent de droite et de gauche, impalpables, pêchant dans l'air, inlassablement sensibles aux odeurs du sexe et de la nuit.

Claudine Chonez, Les verrous ambigus

 

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C'est arrivé le plus naturellement du monde

5 Juillet 2019, 12:02pm

Publié par vertuchou

C'est arrivé le plus naturellement du monde. Un soir d'une tristesse légère.
Un soir où nous avons dîné ensemble, où je lui ai proposé de prendre un verre
chez moi, où elle a ôté sa veste, où j'ai embrassé son épaule, voilà.
J'ignore ce qui m'a pris mais, sur le moment, cela m'a paru la chose à faire.
Claire n'a pas montré de résistance, acceptant que mes lèvres trouvent le chemin
des siennes, que nos corps se pressent l'un contre l'autre, que nous basculions
sur le canapé.
Je ne me souviens pas qu'il y ait eu une réserve, une hésitation.
En revanche, il y a eu de la timidité, de la délicatesse et de la gravité.
Nous nous sommes réveillés, le lendemain matin, enlacés entre mes draps

Philippe Besson, La trahison de Thomas Spencer

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Amoureuse

27 Juin 2019, 02:16am

Publié par vertuchou

Amoureuse, piètre mot pour exprimer tant de choses ! Imprégnée, voilà qui exprime mieux… Imprégnée, c’est cela tout à fait, imprégnée depuis la peau jusqu’à l’âme, car l’amour définitif m’est si entré partout que je m’attendais presque à voir mes cheveux et ma peau en changer de couleur.''

Colette, La Retraite sentimentale

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Je brûle de peindre

17 Juin 2019, 02:13am

Publié par vertuchou

Je brûle de peindre celle qui m'est apparue si rarement et qui a fui si vite, comme une belle chose regrettable derrière le voyageur emporté dans la nuit. Comme il y a longtemps déjà qu'elle a disparu!
Elle est belle, et plus que belle ; elle est surprenante. En elle le noir abonde: et tout ce qu'elle inspire est nocturne et profond. Ses yeux sont deux antres où scintille vaguement le mystère, et son regard illumine comme l'éclair: c'est une explosion dans les ténèbres.

Charles Baudelaire, Le Désir de Peindre
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Elle montait devant lui

9 Juin 2019, 02:10am

Publié par vertuchou

Elle montait devant lui, lentement, mollement, avec une sorte de rythme. Son manteau, doublé d'une fourrure aussi neigeuse que le duvet des cygnes, n'était plus maintenu par l'agrafe et glissait autour de son buste, laissant les épaules découvertes. Ces épaules émergeaient, pâles comme de l'ivoire poli, divisées par un sillon délicat, et les omoplates se perdaient sous les dentelles du corsage avec je ne sais quelle fuyante et douce inflexion d'ailes.

Gabriele D'Annunzio, L'enfant de volupté

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Elle alla à la rencontre

1 Juin 2019, 02:04am

Publié par vertuchou

Elle alla à la rencontre de Jacques qui venait vers eux. Elle nagea quelques brasses, se releva, et renagea encore. Ludi, de loin, lui souriait. La mer faisait rire. Elle était si chaude qu'on aurait pu y rester facilement deux heures. Elle n'avait rien à voir, cette mer-là avec aucune autre mer au monde. C'était la revanche de ceux qui aimaient cet endroit, de Jacques et de Ludi. Cette mer était irréprochable. Sara se mit sur le dos et se tint immobile. C'était là une chose qu'elle ne réussissait à faire que depuis quelques jours. La mer pénétrait alors dans l'épaisseur des cheveux jusqu'à la mémoire.

Marguerite Duras. Les petits chevaux de Tarquinia

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Et ton visage est renversé

28 Mai 2019, 02:35am

Publié par vertuchou

 …  Et ton visage est renversé, ta bouche est fruit à consommer, à fond de barque, dans la nuit. Libre mon souffle sur ta gorge, et la montée, de toutes parts, des nappes du désir, comme aux marées de lune proche, lorsque la terre femelle s’ouvre à la mer salace et souple, ornée de bulles, jusqu’en ses mares, ses maremmes, et la mer haute dans l’herbage fait son bruit de noria, la nuit est pleine d’éclosions…
Et mon amour est sur les mers ! et ma brûlure est sur les mers !
—      Saint John Perse, Amers

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Le soir, avant de m'endormir

20 Mai 2019, 02:02am

Publié par vertuchou

Le soir, avant de m'endormir, je ferme les yeux et j'essaie de compter les hommes par qui il ne me déplairait pas de me laisser embrasser. Je les compte sur mes doigts. c'est amusant. Et quand je n'arrive pas jusqu'à dix, je me sens abandonnée.

Yasunari Kawabata., Les belles endormies

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Votre voix me manque

12 Mai 2019, 01:53am

Publié par vertuchou

Votre voix me manque. Oui je sais bien que je ne l’ai jamais entendue, votre voix, pas plus que je n’ai vu votre visage. Quand je dis votre voix, je veux dire votre façon de me parler. Et aussi votre façon de me faire parler, de me donner envie de vous parler. Voilà : notre complicité me manque. Nous me manquons.

Jean-Claude Mourlevat, Anne-Laure Bondoux Et je danse, aussi

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