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Je n’attends rien…

10 Juillet 2014, 05:01am

Publié par vertuchou

Je n’attends rien… je n’espère rien.
Je vous aime. Quoi que vous fassiez, je vous le répéterai si souvent, avec tant de force et d’ardeur, que vous finirez bien par le comprendre.
Je veux faire pénétrer en vous ma tendresse, vous la verser dans l’âme, mot par mot, heure par heure, jour par jour, de sorte qu’enfin elle vous imprègne comme une liqueur tombée goutte à goutte, qu’elle vous adoucisse, vous amollisse et vous force, plus tard, à me répondre : "Moi aussi je vous aime."

Guy de Maupassant Bel ami

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Elle avait tant à dire.

7 Juillet 2014, 04:44am

Publié par vertuchou

Elle avait tant à dire. Mais les mots lui semblèrent soudain trop légers.

Il n’existait qu’un langage suffisamment puissant.

Alors elle laissa son corps lui dire que c’était avec lui qu’elle voulait

rire, danser, chanter, pleurer, crier.

Dominique Demers, Pour rallumer les étoiles

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Ôki saisit la main de la jeune fille

21 Juin 2014, 04:35am

Publié par vertuchou

Ôki saisit la main de la jeune fille. "Keiko ne te maquille pas…"
- "Vous me faites mal !" dit Keiko, en se tournant vers Ôki. "Vous êtes vraiment odieux !"
- "Ton visage est beau tel quel. Avec ces jolies dents et ces sourcils… ”

Ôki appuya ses lèvres sur la joue brillante de la jeune fille.
Keiko laissa échapper un petit cri. La chaise de la coiffeuse bascula, et elle perdit l’équilibre. Les lèvres d’Ôki furent sur les siennes.
Ce fut un long baiser.
Ôki détourna sa bouche de celle de Keiko pour reprendre son souffle.
“Non, non, embrassez-moi encore…”, dit Keiko, en l’attirant à elle.
Ôki fut sidéré. “même les pêcheuses de perles ne peuvent rester sous l’eau aussi longtemps. Tu vas perdre connaissance !
- "Faites-moi perdre connaissance…"
- "Les femmes ont plus de souffle que les hommes.”

Yasunari Kawabata, Tristesse et beauté

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Je n’ai jamais imaginé

14 Juin 2014, 04:15am

Publié par vertuchou

Je n’ai jamais imaginé qu’on pût être à ce point hanté par une voix, par un cou, par des épaules, par des mains. Ce que je veux dire c’est qu’elle avait des yeux où il faisait si bon vivre que je n’ai jamais su où aller depuis.
Romain Gary - La Promesse de l’Aube

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Oui, c’est toi

17 Mai 2014, 04:03am

Publié par vertuchou

Une peau délicate se déploie sur ma langue. Elle la caresse.

Une peau délicate caresse ma langue.

Mes mains résonnent pleines des fruits.

Remplies d’abandon.

Ce qui doit arriver dans l’ histoire arrive maintenant dans mes mains.

Tu vivifies ma journée.

La sidères.

Ton odeur a chamboulé ma journée.

Elle tourbillonne, Bascule.

Ma journée tourbillonne et bascule dans la tienne.

Mon cœur une bouche brûlante docile condamnée

par la caresse de ton cœur parfumée

à subsister béante balbutiante de lèvres privée.

Dimitra Kotoula

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Je ne voyais vraiment pas comment

27 Avril 2014, 04:47am

Publié par vertuchou

Je ne voyais vraiment pas comment je pouvais aimer quelqu'un d'autre que toi, ni même jouer à l'amour avec un autre, cela m'était parfaitement étranger, le simple fait d'être tentée m'aurait semblé un crime. Ma passion pour toi restait toujours aussi forte, seulement, elle se transformait en même temps que mon corps, elle devenait plus ardente, plus charnelle, plus féminine à mesure que mes sens s'éveillaient. Et ce que l'enfant, prisonnière d'une volonté impuissante et innocente, l'enfant qui avait tiré un soir la sonnette de ta porte, n'a pas pu deviner, était maintenant mon unique pensée : m'offrir à toi, me donner à toi.

Stefan Zweig, Lettre d'une inconnue

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Il replia ses bras

21 Avril 2014, 12:35pm

Publié par vertuchou

Il replia ses bras autour de moi avec une petite exclamation de colère et m'arracha doucement du bateau. Il me tenait serrée contre lui, soulevée, la tête sur son épaule. En ce moment-là, je l'aimais. Dans la lumière du matin, il était aussi doré, aussi gentil, aussi doux que moi, il me protégeait. Quand sa bouche chercha la mienne, je me mis à trembler de plaisir comme lui et notre baiser fut sans remords et sans honte, seulement une profonde recherche, entrecoupée de murmures. Je m'échappai et nageai vers le bateau qui partait à la dérive. Je plongeai mon visage dans l'eau pour le refaire, le rafraîchir... L'eau était verte. Je me sentais envahie d'un bonheur, d'une insouciance parfaite.


Françoise Sagan, Bonjour Tristesse

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Au fil de l'eau

11 Avril 2014, 05:07am

Publié par vertuchou

(...)

Ce fut un baiser long comme une éternité
Qui tendit nos deux corps dans l'immobilité.
Elle se renversa, râlant sous ma caresse ;
Sa poitrine oppressée et dure de tendresse,
Haletait fortement avec de longs sanglots ;
Sa joue était brûlante et ses yeux demi-clos,
Et nos bouches, nos sens, nos soupirs se mêlèrent.
Puis, dans la nuit tranquille où la campagne dort,
Un cri d'amour monta, si terrible et si fort
Que des oiseaux dans l'ombre effarés s'envolèrent.
Les grenouilles, la caille, et les bruits et les voix
Se turent ; un silence énorme emplit l'espace.
Soudain, jetant aux vents sa lugubre menace,
Très loin derrière nous un chien hurla trois fois.

(...)

Guy de Maupassant

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Pour la première fois

21 Mars 2014, 04:45am

Publié par vertuchou

J’étais immobile de stupeur comme si la Vénus fût descendue de son piédestal et s’était mise à marcher.

C’est que, pour la première fois alors, je sentais mon cœur, je sentais quelque chose de mystique, d’étrange comme un sens nouveau.

J’étais baigné de sentiments infinis, tendres, j’étais bercé d’images vaporeuses, vagues ; j’étais plus grand et plus fier à la fois.
J’aimais.

Gustave Flaubert. Mémoires d’un fou,

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Pourquoi la peau des lèvres est-elle si douce ?

9 Mars 2014, 04:47am

Publié par vertuchou

La douceur des lèvres - on peut retourner la question dans tous les sens - ne se justifie que pour donner des baisers.
[...] Quand Libert l'a embrassée pour la première fois, les lèvres de Thérèse sont parties toutes seules à la rencontre des siennes. Sûrement, elles cherchaient d'elles-mêmes la place qui est la leur, comme le poussin se glisse, à peine éclos, sous l'aile de sa mère.
Et une fois arrivées à destination, quel étrange délice ! Cela ne ressemblait à rien de connu. Les lèvres, inutiles de le dire, étaient ravies, mais surtout, elles tenaient absolument à le faire savoir au reste du corps. De lointaines extrémités, qui jusqu'alors avaient mené une existence paisible et effacée, s'ébrouaient, se dressaient, réclamaient, un peu affolées, qu'on s'intéresse à elles. Et pour les rassurer, Thérèse ne trouvait d'autre ruse que de les confier aux mains vigoureuses de Libert.

Armel Job, Baigneuse nue sur un rocher

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