Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Vertuchou.over-blog.com

poetes d'aujourd'hui

Les droits de l'homme

30 Mars 2026, 00:03am

Publié par vertuchou

Le droit d’être vulnérable

Le droit d’être faible

Le droit d’avoir tort

Le droit d’être intuitif

Le droit de ne pas savoir

Le droit de ne pas être sûr de soi

Le droit d'être souple

Le droit de ne pas avoir honte de tout cela

Grayson Perry

Voir les commentaires

Connais-moi

26 Mars 2026, 00:00am

Publié par vertuchou

Connais-moi si tu peux, ô passant, connais-moi !
Je suis ce que tu crois et suis tout le contraire !
La poussière sans nom que ton pied foule à terre,
Et l’étoile sans nom qui peut guider ta foi.
Connais-moi si tu peux. Le pourras-tu ?… Le puis-je ?…
Tu le sauras si rien qu’un seul instant tu m’aimes !

 
Marie Noël 

Voir les commentaires

L'histoire de ma vie

22 Mars 2026, 00:58am

Publié par vertuchou

Il était une fois deux frères.
Puis il n’y en eut plus qu’un : moi.
J’ai grandi vite, avant d’apprendre à conduire,
même. Voilà j’y étais : un adulte puant.
J’ai pensé à développer des intérêts
auxquels on prendrait de l’intérêt. Pas de savon.
Je suis devenu très larme à l’œil pour mon enfance
qui avait paru si douce. Aussi,
avec l’âge, je me suis fait plus charitable
envers mes opinions, mes idées,
pensant qu’elles valaient bien celles du tout-venant.
Puis un grand nuage vorace
est apparu, vautré sur l’horizon et l’avalant
tout entier, à n’en plus finir semblait-il.

John Ashbery

Voir les commentaires

Je voudrais à l'ombre

18 Mars 2026, 00:57am

Publié par vertuchou

Je voudrais à l'ombre de ton
regard
m'arrêter et avec la
main dessiner
ta voix
qui penche vers
moi pour raconter.
Je voudrais au rythme
du vers m'abandonner mais
le temps presse
et je dois courir
encore. 

Goliarda Sapienza

Voir les commentaires

Au premier plan

14 Mars 2026, 00:56am

Publié par vertuchou

Au premier plan des bois mauves
soulignent l’ondulation des collines

au-delà au bord des parois dénudées
des névés glissent leurs langues bleues
dans l’interstice entre des roches jaunes

au ciel scintille un poudroiement d’or
mais l’ombre d’un nuage en dissipe l’éclat

puis comme né de la pure contemplation
un souffle de vent flatte l’échine des montagnes
et en modifie momentanément la couleur

Jean-Pierre Chambon

Voir les commentaires

A qui confies-tu

10 Mars 2026, 00:55am

Publié par vertuchou

A qui confies-tu
La suite de ce poème 
Sur la fleur de lotus
Poète des premiers vers ?

Akiko Yosano

Voir les commentaires

Je choisis parfois

6 Mars 2026, 00:33am

Publié par vertuchou

Je choisis parfois un but pour mes promenades. Je vais vers une rue dont le nom m’a séduit. Je vais vers une rue qu’on m’a indiquée, pour ma collection de rues particulières, mon portefeuille de rues. Une rue sans joie ; une rue calme ; une rue abstraite ; une rue chargée de signes. Une rue caressée d’arbres, aux oiseaux rétractiles ; une rue qui n’a que des coins de rue ; une rue sans numéros ; une rue gorgée d’automobiles arrêtées ; une rue à escaliers, une rue plate, une rue basse. Une rue invraisemblable, une rue sereine, une rue crapule. Trois rues noires, deux rues blanches. J’examine le dessin des trottoirs, leurs fractures ; je compte des pots de fleurs, des laveries, des fenêtres.

Je suis l’autobus 47, l’autobus 29, le 91. Je traverse. J’attends sous une porte cochère, sur un banc, face à une fleur, un croissant au beurre, une boucherie hippophagique, un ‘Ed-l’épicier’. Je sors du neuvième arrondissement. Je passe la Seine.

Je vais d’une rue à une autre pour des raisons arithmologiques, méthodologiques, sentimentalologiques. Je vais de plus en plus loin, je vais sans savoir où ; je me retourne : le ciel est là, le soleil ; une vitre s’enflamme ; la lumière ricoche dans une flaque. Je vais dans les jardins publics, les gares, dans les passages. Je vais même dans les avenues. C’est tout dire !

Jacques Roubaud, Poésie, 2000.

Voir les commentaires

Chanson

2 Mars 2026, 00:21am

Publié par vertuchou

Le poids du monde
         c’est l’amour.
Sous le fardeau
         de la solitude,
sous le fardeau
         de l’insatisfaction.

             le poids,
le poids que nous portons         
c’est l’amour.

Qui peut le nier ?
         Dans les rêves
il touche
         le corps,
dans la pensée
         construit
un miracle,
         dans l’imagination
nous tourmente
         jusqu’à
ce
         qu’il soit né
dans l’humain—

il regarde par le cœur
         brûlant de pureté—
car le fardeau de la vie
         c’est l’amour,

mais nous portons le poids
         avec lassitude,
alors nous devons rester
        dans les bras de l’amour,
rester enfin dans les bras
         de l’amour.

Pas de repos
         sans l’amour,
pas de sommeil
         sans rêves
d’amour—
         sois fou ou décontracté
obsédé d’anges
         ou de machines,
le souhait final
         est l’amour
—ne peut être amère,
         ne peut nier,
ne peut se refréner
         si dénié :

le fardeau est trop lourd

         —doit donner
pour aucun retour
         comme la pensée
est donnée
         en solitude
dans toute sa splendeur
         de son excès.

Les corps chauds
         brillent ensemble
dans l’obscurité,
         la main bouge
au centre
         de la chair,
la peau tremble
         en bonheur
et l’âme vient
         à l’œil avec joie—

oui, oui,
         c’est ce que
je voulais,
         j’ai toujours voulu,
j’ai toujours voulu,
         revenir
au corps
         où je suis né.

Allen Ginsberg.

Traduction par Caspar Schjelbred

Voir les commentaires

Je t'attends aux grilles des routes

26 Février 2026, 00:25am

Publié par vertuchou

Je t'attends aux grilles des routes
Aux croisées du vent du sommeil
Je crie ton nom du fond des soutes
Des marécages sans oiseaux

Du fond de ce désert de fonte
Où je pose un à un mes pas
J'attends la source de tes bras
De tes cheveux de ton haleine

J'attends la source de tes bras
De tes cheveux de ton haleine
Tu es terrible tu m'enchaînes
Tu me dévastes tu me fais

Je t'attends comme la forêt
Inextricable enchevêtrée
Tissée de renards et de geais
Mais que le matin fait chanter.

 Luc Bérimont 

Voir les commentaires

Marine

22 Février 2026, 00:23am

Publié par vertuchou

Je te regarde et le soleil grandit
Il va bientôt couvrir notre journée
Éveille-toi cœur et couleur en tête
Pour dissiper les malheurs de la nuit

Je te regarde tout est nu
Dehors les barques ont peu d'eau
Il faut tout dire en peu de mots
La mer est froide sans amour

C'est le commencement du monde
Les vagues vont bercer le ciel
Toi tu te berces dans tes draps
Tu tires le sommeil à toi

Éveille-toi que je suive tes traces
J'ai un corps pour t'attendre, pour te suivre
Des portes de l'aube aux portes de l'ombre
Un corps pour passer ma vie à t'aimer

Un cœur pour rêver hors de ton sommeil. 

Paul Éluard

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>