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poetes d'hier

Large est la lumière jaune du soir

29 Juin 2025, 01:10am

Publié par vertuchou

Large est la lumière jaune du soir,
Tendre la fraîcheur d’avril.
Tu es en retard de dix années,
Mais je suis heureuse de te voir.
Assieds-toi, là, plus près de moi,
Regarde de tes yeux joyeux:
Voici le cahier bleu ciel
Rempli de mes vers d’enfant.
Pardonne-moi: j’ai vécu triste
Et sans faire fête au soleil.
Pardon! Ils sont bien trop nombreux
Ceux que d’abord j’ai pris pour toi.

Anna Akhmatova.

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Lorsque ma main frémit si la tienne l'effleure

25 Juin 2025, 01:09am

Publié par vertuchou

Lorsque ma main frémit si la tienne l'effleure,
Quand tu me vois pâlir, femme aux cheveux dorés,
Comme le premier jour, comme la première heure,
Rien qu'en touchant ta robe et ses plis adorés ;

Quand tu vois que les mots me manquent pour te dire
Tout ce dont tu remplis mon sein tumultueux ;
Lorsqu'en me regardant tu sens que ton sourire
M'enivre par degrés et fait briller mes yeux ;

Quand ma voix, sous le feu de ta douce prunelle,
Tremble en ma bouche émue impuissante à parler,
Comme un craintif oiseau tout à coup pris par l'aile
Qui frissonne éperdu sans pouvoir s'envoler ;

Ô bel être créé pour des sphères meilleures,
Dis, après tant de deuils, de désespoirs, d'ennuis,
Et tant d'amers chagrins et tant de tristes heures
Qui souvent font tes jours plus mornes que des nuits ;

Oh ! dis, ne sens-tu pas se lever dans ton âme
L'amour vrai, l'amour pur, adorable lueur,
L'amour, flambeau de l'homme, étoile de la femme,
Mystérieux soleil du monde intérieur !

Ne sens-tu pas, dis-moi, passer sur ta paupière
Le souffle du matin, des ténèbres vainqueur ?
Ne vient-il pas des voix tout bas te dire : espère !
N'entends-tu pas un chant dans l'ombre de ton cœur

Oh ! recueille ce chant, âme blessée et fière !
Cette aube qui se lève en toi, c'est le vrai jour.
Ne crains plus rien ! Dieu fit tes yeux pour la lumière,
Ton âme pour le ciel et ton cœur pour l'amour !

Regarde rayonner sur ton destin moins sombre
Ce soleil de l'amour qui pour jamais te luit,
Qui, même après la mort, brille sorti de l'ombre,
Qui n'a pas de couchant et n'aura pas de nuit !

Victor Hugo

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En Secret

21 Juin 2025, 01:07am

Publié par vertuchou

Ton baiser, sa douceur terrible, tout l'émoi
De ton corps qui fuit et qui cède
Si profondément me possède
Qu'en te quittant, je sens ta forme vivre en moi.

C'est elle qui se berce à mes étroites hanches,
Qui gonfle mon torse ambigu,
Qui luit à mon orteil aigu,
Arrondit mes genoux et creuse mes mains blanches.

Et j'aime porter à mon front rougissant
L'inquiétude et l'insolence
De me souvenir en silence
Sans qu'on puisse savoir que je t'ai dans le sang.

Lucie Delarue-Mardrus

 

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Dissolu

17 Juin 2025, 01:06am

Publié par vertuchou

Il me reste encore de nombreuses années à brûler, retenu
Comme la flamme d'une bougie sur ce corps ; mais j'illumine
Une obscurité en moi, une présence qui dort contenue
Dans ma flamme de vivre, son âme enveloppée dans la mienne.

Et à travers ces années, pendant que je brûle le carburant de la vie,
Qu'importe ce que je lèche dans ma flamme vivante,
Voyant que je garde dans le noyau du feu, inviolée,
Une nuit où elle rêve mes rêves pour moi, toujours les mêmes . 

David Hebert Lawrence

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Fugue

7 Juin 2025, 00:14am

Publié par vertuchou

Ton âme d'eau fuyante et mon âme de soif
S'uniront-elles?...
Au coeur de nos fêtes charnelles,
Que ne puis-je te prendre et boire en un baiser,

Mon corps sur ton corps est posé,
Je me penche...
Ton âme d'eau fuyante et mon âme de soif,
Où trouver le baiser double qui les étanche?

Que ne puis-je te prendre et boire en un baiser?
Comment nous joindre,
Si, telle qu'une source agile tu t'enfuis
Dès que tu vois mon âme poindre?

Eau claire, ah! Je voudrais te boire!! je ne puis!...
-Au coeur de nos fêtes charnelles,
Ton âme d'eau fuyante et mon âme de soif
S'uniront-elles?

Lucie  Delarue-Mardrus

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La pipe

3 Juin 2025, 00:12am

Publié par vertuchou

Je suis la pipe d’un auteur ;
On voit, à contempler ma mine
D’Abyssinienne ou de Cafrine,
Que mon maître est un grand fumeur.

Quand il est comblé de douleur,
Je fume comme la chaumine
Où se prépare la cuisine
Pour le retour du laboureur.

J’enlace et je berce son âme
Dans le réseau mobile et bleu
Qui monte de ma bouche en feu,

Et je roule un puissant dictame
Qui charme son cœur et guérit
De ses fatigues son esprit.

Charles Baudelaire

 

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Elle

30 Mai 2025, 00:15am

Publié par vertuchou

Toute entière et dans tout elle est blonde aux yeux bleus,
Ma proie!
Elle est blonde et docile à mon geste orgueilleux
Et pleine de douceur même au coeur de la joie.

Sous ma bouche salée encore par la mer,
Sa bouche
Est humide et glissante comme de l'eau douce,
Et telle est la blessure intime de sa chair.

Mais je ferme, par peur qu'elle ne soit mon rêve,
Les yeux,
Car si fort la prendraient mes bras impérieux
Que je la briserais du coup contre mes lèvres...

Lucie Delarue-Mardrus

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Au bord de la mer

28 Mai 2025, 00:21am

Publié par vertuchou

Vois, ce spectacle est beau. Ce paysage immense
Qui toujours devant nous finit et recommence ;
Ces blés, ces eaux, ces prés, ce bois charmant aux yeux ;
Ce chaume où l'on entend rire un groupe joyeux ;
L'océan qui s'ajoute à la plaine où nous sommes ;
Ce golfe, fait par Dieu, puis refait par les hommes,
Montrant la double main empreinte en ses contours,
Et des amas de rocs sous des monceaux de tours ;
Ces landes, ces forêts, ces crêtes déchirées ;
Ces antres à fleur d'eau qui boivent les marées ;
Cette montagne, au front de nuages couvert,
Qui dans un de ses plis porte un beau vallon vert,
Comme un enfant des fleurs dans un pan de sa robe ;
La ville que la brume à demi nous dérobe,
Avec ses mille toits bourdonnants et pressés ;
Ce bruit de pas sans nombre et de rameaux froissés,
De voix et de chansons qui par moments s'élève ;
Ces lames que la mer amincit sur la grève,
Où les longs cheveux verts des sombres goémons
Tremblent dans l'eau moirée avec l'ombre des monts ;
Cet oiseau qui voyage et cet oiseau qui joue ;
Ici cette charrue, et là-bas cette proue,
Traçant en même temps chacune leur sillon ;
Ces arbres et ces mâts, jouets de l'aquilon ;
Et là-bas, par-delà les collines lointaines,
Ces horizons remplis de formes incertaines ;
Tout ce que nous voyons, brumeux ou transparent,
Flottant dans les clartés, dans les ombres errant,
Fuyant, debout, penché, fourmillant, solitaire,
Vagues, rochers, gazons, - regarde, c'est la terre !

Et là-haut, sur ton front, ces nuages si beaux
Où pend et se déchire une pourpre en lambeaux ;
Cet azur, qui ce soir sera l'ombre infinie ;
Cet espace qu'emplit l'éternelle harmonie ;
Ce merveilleux soleil, ce soleil radieux
Si puissant à changer toute forme à nos yeux
Que parfois, transformant en métaux les bruines,
On ne voit plus dans l'air que splendides ruines,
Entassements confus, amas étincelants
De cuivres et d'airains l'un sur l'autre croulants,
Cuirasses, boucliers, armures dénouées,
Et caparaçons d'or aux croupes des nuées ;
L'éther, cet océan si liquide et si bleu,
Sans rivage et sans fond, sans borne et sans milieu,
Que l'oscillation de toute haleine agite,
Où tout ce qui respire, ou remue, ou gravite,
A sa vague et son flot, à d'autres flots uni,
Où passent à la fois, mêlés dans l'infini,
Air tiède et vents glacés, aubes et crépuscules,
Bises d'hiver, ardeur des chaudes canicules,
Les parfums de la fleur et ceux de l'encensoir,
Les astres scintillant sur la robe du soir,
Et les brumes de gaze, et la douteuse étoile,
Paillette qui se perd dans les plis noirs du voile,
La clameur des soldats qu'enivre le tambour,
Le froissement du nid qui tressaille d'amour,
Les souffles, les échos, les brouillards, les fumées,
Mille choses que l'homme encor n'a pas nommées,
Les flots de la lumière et les ondes du bruit,
Tout ce qu'on voit le jour, tout ce qu'on sent la nuit ;
Eh bien ! nuage, azur, espace, éther, abîmes,
Ce fluide océan, ces régions sublimes
Toutes pleines de feux, de lueurs, de rayons,
Où l'âme emporte l'homme, où tous deux nous fuyons,
Où volent sur nos fronts, selon des lois profondes,

Près de nous les oiseaux et loin de nous les mondes,
Cet ensemble ineffable, immense, universel,
Formidable et charmant, contemple, c'est le ciel !

Oh oui ! la terre est belle et le ciel est superbe ;
Mais quand ton sein palpite et quand ton oeil reluit,
Quand ton pas gracieux court si léger sur l'herbe
Que le bruit d'une lyre est moins doux que son bruit ;

Lorsque ton frais sourire, aurore de ton âme,
Se lève rayonnant sur moi qu'il rajeunit,
Et de ta bouche rose, où naît sa douce flamme,
Monte jusqu'à ton front comme l'aube au zénith ;

Quand, parfois, sans te voir, ta jeune voix m'arrive,
Disant des mots confus qui m'échappent souvent,
Bruit d'une eau qui se perd sous l'ombre de sa rive
Chanson d'oiseau caché qu'on écoute en rêvant ;

Lorsque ma poésie, insultée et proscrite,
Sur ta tête un moment se repose en chemin ;
Quand ma pensée en deuil sous la tienne s'abrite,
Comme un flambeau de nuit sous une blanche main ;

Quand nous nous asseyons tous deux dans la vallée ;
Quand ton âme, soudain apparue en tes yeux,
Contemple avec les pleurs d'une soeur exilée,
Quelque vertu sur terre ou quelque étoile aux cieux ;

Quand brille sous tes cils, comme un feu sous les branches,
Ton beau regard, terni par de longues douleurs ;
Quand sous les maux passés tout à coup tu te penches,
Que tu veux me sourire et qu'il te vient des pleurs ;

Quand mon corps et ma vie à ton souffle résonnent,
Comme un tremblant clavier qui vibre à tout moment ;
Quand tes doigts, se posant sur mes doigts qui frissonnent,
Font chanter dans mon coeur un céleste instrument ;

Lorsque je te contemple, ô mon charme suprême !
Quand ta noble nature, épanouie aux yeux,
Comme l'ardent buisson qui contenait Dieu même,
Ouvre toutes ses fleurs et jette tous ses feux ;

Ce qui sort à la fois de tant de douces choses,
Ce qui de ta beauté s'exhale nuit et jour,
Comme un parfum formé du souffle de cent roses,
C'est bien plus que la terre et le ciel, c'est l'amour !

Victor Hugo

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Je suis plus pauvre que jamais

22 Mai 2025, 01:59am

Publié par vertuchou

Je suis plus pauvre que jamais
   Et que personne ;
Mais j'ai ton cou gras, tes bras frais.
   Ta façon bonne
De faire l'amour, et le tour
   Leste et frivole,
Et la caresse, nuit et jour,
   De ta parole.

Je suis riche de tes beaux yeux.
   De ta poitrine,
Nid follement voluptueux,
   Couche ivoirine
Où mon désir, las d'autre part.
   Se ravigore
Et pour d'autres ébats repart
   Plus brave encore...

Sans doute tu ne m'aimes pas
   Comme je t'aime,
Je sais combien tu me trompes
   Jusqu'à l'extrême.
Que me fait, puisque je ne vis
   Qu'en ton essence,
Et que tu tiens mes sens ravis
   Sous ta puissance ?

Paul Verlaine

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Carpe Diem

16 Mai 2025, 00:07am

Publié par vertuchou

Ne laisse pas le jour finir sans avoir grandi un peu,
Sans être heureux, sans avoir atteint tes rêves.
Ne te laisse pas vaincre par la déception.
Ne laisse personne t’enlever le droit de parler, c’est presque un devoir.
N’abandonne pas le désir de faire de ta vie quelque chose de spécial.
Crois bien que les mots et la poésie peuvent changer le monde.
Quoi qu’il advienne, notre être profond reste intact,
Nous sommes pleinement des êtres de passion.
La vie est désert et oasis.
Nous tombons, nous avons mal, nous apprenons, nous sommes les acteurs de notre histoire,
En dépit des vents contraires, ce travail puissant continue,
Tu peux en écrire une strophe.
Ne cesse jamais de rêver, parce que dans son rêve, l’homme est libre
Ne t’abandonne pas à la pire des fautes, le silence.
La plupart des hommes vivent dans le silence. Échappe-toi !
Apprécie la beauté des choses simples.
Tu peux écrire des poèmes sur des choses simples
Mais on ne peut voguer contre soi-même
Cela fait de la vie un enfer.
Aime la peur qui te fait aller de l’avant
Vis intensément, sans médiocrité
N’oublie pas que tu es le futur et aborde cette tâche avec fierté, sans crainte,
Apprends de ceux qui peuvent t’instruire
Ne laisse pas la vie s’écouler sans vivre cela.

Walt Whitman

 

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