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Articles avec #emois

J’éprouvais alors - la seule fois de ma vie -

23 Septembre 2015, 04:33am

Publié par vertuchou

“J’éprouvais alors - la seule fois de ma vie - le désir total d’une femme

où tout mon être était engagé corps et âme, concupiscence et tendresse,

chagrin et furieux goût de vivre, fringale de vulgarité comme de réconfort,

soif d’une seconde de plaisir comme d’éternelle possession.

J’étais entièrement engagé, tendu, concentré et je me souviens

de ces moments comme d’un paradis perdu.”


Milan Kundera, La plaisanterie

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Publié depuis Overblog

10 Septembre 2015, 03:40am

Publié par vertuchou

Quel goût avait-elle, ta bien-aimée ? s’enquièrent les 26 lettres du seul alphabet que l’on m’eût jamais appris et dans quel ordre nous rangerais-tu, toi, si tu nous mettais au défi de le lui apprendre ?
Nid d’hirondelle. Figue tiède. Abricot trop mûr. Minuscule framboise gobée sous un crachin serré.
Quelquefois, dérayure. Quelquefois, écorchures de marées, saignées de l’âme et sang de lune. Ou laitance. Ou lactescence. Colostrum d’Aphrodite.
Oh, Mathilde,
Je renonce.
Je t’ai aimée.
Je t’ai plus aimée que je le saurais le dire,
Et beaucoup moins bien.


Anna Gavalda, La vie en mieux

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Un enchantement les tenait enfermés dans le secret de leur rencontre

25 Août 2015, 04:24am

Publié par vertuchou

C'était un devenir. Un futur implacable leur était échu.

Qu'ils résistent, qu'ils lâchent prise, ils allaient s'y engouffrer. Ils tremblaient au seuil de l'intimité. Ils tremblaient parce qu'ils le savaient. Ils étaient ensemble la proie d'un destin amoureux, et peut-être le plus étrange n'était-il pas ce destin lui-même, mais cette connaissance qu'ils en avaient, et la façon dont, pour ce destin là, la prescience ne leur servait à rien.

Un enchantement les tenait enfermés dans le secret de leur rencontre, dans ce côtoiement inéluctable, et dans leur liberté. Une turbulence les précipitait l'un vers l'autre.

Alice Ferney, La conversation amoureuse

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On dirait que ton nom est écrit dans l'air

20 Août 2015, 03:55am

Publié par vertuchou

On dirait que ton nom est écrit dans l'air. Tu sens bon.

Tu es somptueuse et douce.

Tu es inaccessible, et très proche, et tout menue.

Tu es une belle femme que l'on désire, et une petite fille que l'on est tout étonné

de trouver dans ses bras.

- Antonin Artaud, Lettres à Genica

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Jamais je n'avais regardé ses yeux de si près

17 Août 2015, 04:03am

Publié par vertuchou

Jamais je n'avais regardé ses yeux de si près.
Ils étaient d'un brun foncé, presque aussi sombres que leur pupille. Je ne pourrais pas écrire que je la regardais au fond des yeux car ces yeux-là n'avaient pas de fond. Ils n'étaient qu'une surface noire, désespérément opaque, des yeux inhumains, de rapace ou de lynx, d'une dureté de marbre ou de météorite, des yeux qui me regardaient mais ne me voyaient pas, qui ne m'aimaient pas, qui ne m'aimeraient jamais, qui n'aimaient ni n'aimeraient jamais personne, des yeux d'un autre monde.
Dominique Noguez, Amour noir

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Il n’en fallut pas plus, mon bien aimé

5 Août 2015, 04:09am

Publié par vertuchou

Il n’en fallut pas plus, mon bien aimé. Mais depuis cette seconde, depuis que j’ai senti sur moi ce regard doux et tendre, je fus tout entière à toi. Je me suis rendu compte plus tard - bien rapidement certes – que ce regard qui embrasse, ce regard qui attire comme aimant, qui à la fois vous enveloppe et vous déshabille, ce regard du séducteur-né, tu le prodigues à toute femme qui passe près de toi, à toute vendeuse qui te sert dans un magasin, à toute servante qui t’ouvre la porte; je me suis rendu compte que chez toi ce regard n’a rien de conscient, qu’il n’y a en lui ni volonté, ni inclination, mais que ta tendresse pour les femmes, inconsciemment, lui donne un air doux et chaud, lorsqu’il se tourne vers elles. Mais moi, enfant de treize ans -, je ne soupçonnais pas tout cela: je fus comme plongée dans un fleuve de feu. Je crus que cette tendresse ne s’adressait qu’à moi, à moi seule; cette unique seconde suffit à éveiller la femme en l’adolescente que j’étais, et cette femme fut à toi pour toujours.
Stefan Zweig, Lettre d'une inconnue

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Les vrais rencontres nous jettent hors de nous-mêmes

24 Juillet 2015, 04:00am

Publié par vertuchou

Dès l'abord, elle fut pour moi de ces êtres essentiels qui vous portent aux limites, quand les autres, nous le devinons, ne nous dépayseront jamais.

Elle avait un air fou et caressant, prêt à tout pour me plaire, elle rayonnait avec une façon de s'abandonner en se mettant hors de mon atteinte qui me chavirait.

Cette distance subtile, à laquelle je prêtais des desseins extravagants, avait le don de me captiver en m'inquiétant.

Qu'importe,je la faisais rire, inventant des bon mots, célébrant l'opulence des faits les plus anodins, tirant de la banalité une faculté de renouvellement infinie.

Les vrais rencontres nous jettent hors de nous-mêmes, nous mettent en état de transe, de création permanente.

Pascal Bruckner, Lunes de fiel

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A la seconde où tu m’apparus

16 Juillet 2015, 04:29am

Publié par vertuchou

"A la seconde où tu m’apparus, mon cœur eut tout le ciel pour l’éclairer. Il fut midi à mon poème. Je sus que l’angoisse dormait."

— René Char

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Elle sait les douleurs traversières

11 Juillet 2015, 04:21am

Publié par vertuchou

Elle sait les douleurs traversières et les indéfinissables fêlures, ces peuples mystères des passés tus.
Elle sait l’aube possible, la rosée des joues, les rendez-vous qui décollent les affres des peurs.
Elle sait que Lui d’Elle, il ne veut séparer aucune écorce de peau.
Elle est lyre de ses matins et muse de ses nuits.
Elle sait tant et silence tout. A quoi bon les mots aux contours des regards…
Seule gestera leur tendresse, lovée à la paume de leurs mains : promesse et don. Essence et source, ils sont éclats du printemps.

Sandra Dulier

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Plus jamais il ne se quittèrent

29 Juin 2015, 04:12am

Publié par vertuchou

"Plus jamais il ne se quittèrent. L’un était le guide, l’autre était sa lumière.

Et si parfois, il lui arrivait de la regarder avec ses yeux,

Marisol ne le vit jamais qu’avec son cœur."

Jacques de Loustal et Tonino Benacquista,

Les amours insolentes, 17 variations sur le couple

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