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Vois-tu, notre amour

5 Février 2017, 03:35am

Publié par vertuchou

Vois-tu, notre amour est né d'une rencontre, du choc de nos regards,

de l'appel de nos chairs. Nous nous sommes frôlés pendant des jours

et des jours et chacun de nous avait l'intention qu'il fallait persévérer,

que le bonheur était là dans la fusion de nos deux êtres.

Nous nous sommes donnés avant de nous connaître

et l'avenir nous a donné raison.

Depuis que nous sommes amants, nous n'avons jamais eu

que de la joie ensemble et notre possession mutuelle

nous apporte des extases infinies.

Oui, restons nous deux, mon cher amour, rien que nous deux.


Mademoiselle S  Lettres d'amour

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Doux est l’amour

28 Janvier 2017, 03:48am

Publié par vertuchou

 Doux est l’amour, mais plus doux encore pour moi d’être en toi.

À l’heure où tu t’abandonnes, où tremblent les nerfs de ton cou. À l’heure où tu te perds en moi et où je maîtrise ta perte.

Toi, mer passive et passionnée, éternelle autant qu’éphémère au gré de tes humeurs, ruisselets, ravin où chantent des perdrix avec leurs griffes toutes rouges, toi et moi.


—      Vassilis Vassilikos

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Mon amour

21 Janvier 2017, 03:26am

Publié par vertuchou

Mon amour

Il y a une source de soleil, ruisselante, qui éclaboussera votre corps de lumière.
L’étoffe lourde et soyeuse de ses rayons ardents qui enrobera votre éblouissante nudité.
Il y aura vos regards humides, troubles comme l’étang, étincelants de clarté noire
votre chevelure affolée de lueurs, votre chevelure comme l’olivier en flammes
votre bouche écarlate, affamée, entrouverte sur la morsure à fleur de dents
et ce sourire obsédant d’enfant tourmenté
cette brûlure fulgurante du plaisir, qui vous déchire la peau et vous dévore les membres…

Je serai là
...
Jacques Higelin, Lettres d'amour d'un soldat de vingt ans

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Je te faisais toujours de grands discours

13 Janvier 2017, 02:57am

Publié par vertuchou


     Je te faisais toujours de grands discours, après ton départ. Je te parlais tout le temps, même si j'étais seule. Pendant des mois, j'ai marché en te parlant. Maintenant je ne sais pas quoi dire. C'était plus facile juste quand je t'imaginais. J'imaginais même que tu me répondais. On avait de grandes conversations, tous les deux. C'était presque comme si tu étais là. Je pouvais t'entendre, te voir, sentir ton odeur. Je pouvais entendre ta voix. Il y a eu des moments où c'est ta voix qui me réveillait. Elle me réveillait au milieu de la nuit juste comme si tu étais dans la chambre avec moi.

Et puis… ça s'est effacé lentement. Je ne pouvais plus me représenter comment tu étais. J'ai essayé de te parler tout haut comme avant, mais il n'y avait plus rien. Je ne pouvais plus t'entendre. Et alors… j'ai abandonné. Tout s'est arrêté. Et alors tu… as disparu. Maintenant je travaille ici. J'entends ta voix tout le temps. Chaque homme a ta voix.

Sam Shepard,  Paris,Texas

Réalisateur : Wim Wenders
 

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Fais moi l'amour

5 Janvier 2017, 03:33am

Publié par vertuchou

Fais moi l'amour, mon amour. Fais moi l'amour comme tu n'as jamais aimé, comme tu n'as jamais désiré personne. Fais moi l'amour à en perdre la tête, à ne plus sentir mon corps, fais moi oublier qu'il y a eu un hier et qu'il y aura un demain.

Fais que je m'agrippe ce drap comme je m'accrocherais au peu de conscience qu'il me reste. Fais moi l'amour, oublier mon nom et crier le tiens, fais le sans relâche et fais moi perdre tous mes sens. Fais moi sentir la tendresse et la passion, la douleur et l'acharnement, toutes ces choses qui font l'amour, le notre.

Agrippe toi à moi, brutalise moi, regarde dans mes yeux et embrasse moi, cajole moi, murmure mon nom dans le creux de mon coup, donne moi tout ce que tu es et ce que tu as. Parce que dans cet instant où tu es en moi, mon amour, l'univers tout entier n'est qu'amour pour toi.

Fais moi l'amour encore, ne t'arrêtes jamais de le faire. Un jour peut-être que l'on mourra de plaisir, de bonheur, sûrement des deux. Mais j'aimerai cette mort là, mon amour, sois-en sûr.

Alix Rousselet

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Sans savoir pourquoi, il fut attiré par elle

24 Décembre 2016, 03:05am

Publié par vertuchou

Sans savoir pourquoi, il fut attiré par elle, c'était fou, c'était évident, c'était instinctif. Il devait à tout prix lui parler. Mais dès qu'il avança vers elle, il commença à souffrir. Cette image, cette fille sortant de l'église, le hantait déjà comme si elle était un souvenir et non le présent. Une fois face à elle, il se mit en travers de son chemin et lui dit : "Vous êtes si belle que je préfère ne jamais vous revoir."
Mon père aimait plus que tout ce souvenir car il estimait, sûrement à juste titre, que c'était la seule fois de sa vie où il avait été héroïque, étonnant, et même charmant. Il n'en revenait pas d'avoir été soumis à une telle pulsion. Et puis, bien sûr, pour saisir entièrement la saveur de ce moment, il fallait ajouter que cette femme allait devenir sa femme. Cette femme allait devenir ma mère.
David Foenkinos, les souvenirs

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J’ai tant envie de toi.

16 Décembre 2016, 03:35am

Publié par vertuchou

J’ai tant envie de toi. J’en deviens fou. Je meurs à l’idée de te retrouver, de te voir, de t’embrasser. Je veux que ta main, ta bouche, ton sexe ne quittent mon sexe.

Je te vois partout, en tout, sur tout. Je t’aime à en mourir. Ton sexe couvre mon visage, il mange le mien, il me couvre de ta beauté, il couvre toute de ta beauté, de ton génie.

Tout est beau en toi : tes yeux, ta bouche, tes cheveux, tes seins, tes poils, tes fesses, ton sexe, tes jambes, ton sexe, tes mains qui ne lâchent plus ce qu’elles branlent, cet espace qui est entre tes cuisses, près de ton sexe, tes épaules.

Je me saoule de penser à chaque partie de ton corps. Et tout ce que tu fais me grise, me terrifie, me torture, me ravit, tout ce que tu fais est parfait.


Lettre de Paul Eluard à Gala

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À l’heure où, dans le ciel...

8 Décembre 2016, 02:28am

Publié par vertuchou

    À l’heure où, dans le ciel, la Pléiade déroulait sa ceinture sertie de joyaux,  j’arrivais à elle. Elle avait ôté ses vêtements comme pour dormir et guettait ma venue, habillée seulement d’une légère tunique. [..]
     Nous sortions de sa tente. En marchant, elle laissait traîner derrière nous, pour effacer nos traces, le pan d’un manteau bariolé.  Nous parvenions aux limites du campement et, un coin accueillant s’étant offert à nous, à l’abri d’une bande de sable haute et ondoyante,
    Je tirais à moi ses deux nattes. Consentante, elle inclinait doucement un corps à la taille svelte et aux fines chevilles.  Douce et blanche, son ventre était mince et plat et son cou lisse comme un miroir. [...]    Sa taille avait la finesse d’une cordelette de cuir et sa jambe était aussi lisse que la tige du papyrus qui pousse à l’ombre des palmiers.
    Le matin, c’était sur une couche semée de brins de musc qu’elle s’éveillait, s’y prélassant longtemps. On la servait car elle n’était la servante de personne.
    Pour prendre, elle tendait des doigts fragiles et lisses, fins comme […] les rameaux d’un ishil.  Le soir, son visage éclairait dans les ténèbres, comme la lampe d’un moine retiré du monde. [...] "

  Imru l’Qays, (traduction de J.-J. Schmitt)

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Quand je l'imaginais près de moi

26 Novembre 2016, 02:57am

Publié par vertuchou

Quand je l'imaginais près de moi, mon désir arrivait vite, brutal, comme une gifle, je ne perdais jamais son visage, aucun autre ne pouvant s'y substituer. J'aimais l'idée de me donner à lui et de lui faire confiance. J'aimais nos deux images réunies, elles me semblaient vraies.

Il m'arrivait encore de ressentir le vide de mon hiver, de mes heures sans fin à vouloir capturer son regard, son sourire, ses gestes. Je voulais alors le serrer contre moi, le séduire depuis mon silence


Nina Bouraoui,  Appelez-moi par mon prénom

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J’ai envie de vous sentir, Louise.

18 Novembre 2016, 03:16am

Publié par vertuchou

 - J’ai envie de vous sentir, Louise.

- … Me sentir ?

Vous sentir.

Elle sourit, interloquée. Innocente. Elle ne sait pas ce que le mot sentir recouvre. Quand, en fait, il recouvre tout. (…) Elle se lève, défait le premier bouton de son corsage, s’approche de moi. Et m’offre sa gorge.

-  Ça, je l’ai depuis longtemps. Ce que je veux, c’est votre odeur brute. Votre essence même. L’essence de Louise. Celle qu’aucune fragrance n’a jamais altérée. C’est tout votre être que je veux.

-  … ?

- Qu’avez-vous à craindre d’un vieillard comme moi ? Je ne vous toucherai même pas, ça ne prendra qu’un instant, et plus personne au monde ne vous sentira comme je l’aurai fait. Je vous aurai sentie.
...

Elle laisse tomber sa robe à ses pieds, et s’étend sur le canapé. (…) J’approche mon visage, les yeux clos et, sans doute pour la dernière fois de mon existence, je rassemble toute ma science, toute la ferveur qu’il me reste.

Tout commence par une note de tête à forte tonalité ambrée, au départ boisée, puis balsamique. Suivie d’une variation de jasmins intenses, avec une trace de benjoin de Siam, suave, d’une grande ténacité. Puis une pointe de bois de santal stabilise un étrange mélange de civette, animale, intense, et un trait de vanilline qui constitue déjà la note de cœur. La note du fond, irisée, se prolonge dans un juste équilibre de cardamone et d’essence de litsea persistante.

Une éternité plus tard, j’ouvre les yeux.

Encore ivre d’elle, je la vois saisir sa robe au passage et disparaître.

Tonino Benacquista, Nos gloires secrètes

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