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la part d'exil

21 Mars 2011, 06:06am

Publié par vertuchou

À la fanée des jours, comme si le temps
soudain
    se retirait de nous
    sur la pointe des blés,
comme si l’effritement des astres
    ou l’infinie saignée
    des crépuscules,
quelque chose s’éloigne, qui n’est pas le
destin.
Peut-être le vent
    Sans ailes ni cadastres ;
l’espoir, la pluie rouillée par les hivers.
    Quelque chose s’éloigne,
    qui n’a pas de dessein.
Serait-ce donc nous-mêmes hors de
nous-mêmes ?

Gilles Baudry

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The sun died

20 Mars 2011, 05:30am

Publié par vertuchou

The sun died, the sun died, with my love
When you left me blue
The summer died too
My love and the sun, it's the same

The sun died, the sun died with my love
And I'm so alone
And yet life goes on
But for me there can't be no more dawn

Yesterday, the coldest winter was like spring
I thought my heart would always sing
I thought our love would never end
But that was yesterday

The sun died, the sun died with my love
And life's all in vain
In my heart there's rain
And I know that my soul won't stop crying

Yesterday, when I was looking in your eyes
I thought it was sweet paradise
For love completely changed my life
But that was yesterday

The sun died, the sun died with my love
When you left me blue
The summer died too
My love and the sun, it's the same
My love and the sun, it's the same

 

paroles d'Ann Grégory et Ray Charles

 

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Tu frissonnais

19 Mars 2011, 05:42am

Publié par vertuchou

Tu frissonnais
Tu semblais si fragile
attendant dans le vent
le moment de se séparer

J'aurais aimé
te retenir
mais tu avais choisi
de partir

Jamais je ne pourrai
atteindre
l'autre rive
où tu vis désormais

A la chaleur
de la vie
succède
le froid de la solitude

Devant ton choix
je m'enfuis
loin de toi
le coeur glacé

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Sonnet de printemps

18 Mars 2011, 05:52am

Publié par vertuchou

 
Avril met aux buissons leurs robes de printemps
Et brode aux boutons d'or de fines collerettes,
La mouche d'eau sous l'œil paisible des rainettes,
Patine en zigzags fous aux moires des étangs.

Narguant d'un air frileux le souffle des autans
Le liseron s'enroule étoilé de clochettes
Aux volets peints en vert des blanches maisonnettes,
L'air caresse chargé de parfums excitants.

Tout aime, tout convie aux amoureuses fièvres,
Seul j'erre à travers tout le dégoût sur les lèvres.
Ah ! l'Illusion morte, on devrait s'en aller.

Hélas ! j'attends toujours toujours l'heure sereine,
Où pour la grande nuit dans un coffre de chêne,
Le Destin ce farceur voudra bien m'emballer.

 

Jules Laforgue

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Les grandes baigneuses

17 Mars 2011, 06:01am

Publié par vertuchou

cezanne-les-grandes-baigneuses-copie-1.jpg

 

    Paul Cézanne, les grandes baigneuses
    1905

huile sur toile, 500 x 344 cm
   

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Ballade du silence craintif / Balada del silencio temeroso

16 Mars 2011, 05:46am

Publié par vertuchou

Ici, quand le vent meurt,
les mots défaillent.
Et le moulin ne parle plus.
Et les arbres ne parlent plus.
Et les chevaux ne parlent plus.
Et les brebis ne parlent plus.

Se tait le fleuve.
Se tait le ciel.
Se tait l’oiseau.
Et se tait le perroquet vert.
Et, là-haut, se tait le soleil.

Se tait la grive.
Se tait le caïman.
Se tait l’iguane.
Et se tait le serpent.
Et, en bas, se tait l’ombre.

Se tait tout le marais.
Se tait tout le vallon.
Et se tait même la colombe
qui au grand jamais ne se tait.

Et l’homme, toujours silencieux,
de peur, se met à parler

Rafaël Alberti

 

Aquí, cuando muere el viento,
desfallecen las palabras.
El molino ya no habla.
Los árboles ya no hablan.
Los caballos ya no hablan.
Las ovejas ya no hablan.

Se calla el río.
Se calla el cielo.
Y el benteveo se calla.
Y el loro verde se calla.
Y el sol, arriba, se calla

El zorzal se calla.
Se calla el lagarto.
Se calla la iguana.
Se calla la víbora.
La sombra, abajo, se calla.

Se calla todo el ganado
y la barranca se calla.
Se calla hasta la paloma,
que nunca jamás se calla.

Y el hombre, siempre callado,
entonces, de miedo, habla.

 

 

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Rondeau des "Indes Galantes"

15 Mars 2011, 05:37am

Publié par vertuchou

 

 

 

Jean-Philippe Rameau

Rondeau des "Indes Galantes"

interprété par Magali Léger et Laurent Naouri,

les Musiciens du Louvres sous la direction de Marc Minkowski en version de concert.

 

 

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Grand vent

14 Mars 2011, 05:57am

Publié par vertuchou

Nous n'appartenons qu'au sentier de montagne

Qui serpente au soleil entre la sauge et le lichen

Et s'élance à la nuit, chemin de crête,

A la rencontre des constellations.

Nous avons rapproché des sommets

La limite des terres arables.

Les graines éclatent dans nos poings.

Les flammes rentrent dans nos os.

 

chartreuserouge

 


Que le fumier monte à dos d'hommes jusqu'à nous !

Que la vigne et le seigle répliquent

A la vieillesse du volcan !

Les fruits de l'orgueil, les fruits du basalte

Mûriront sous les coups

Qui nous rendent visibles.

La chair endurera ce que l'oeil a souffert,

Ce que les loups n'ont pas rêvé

Avant de descendre à la mer.

 

 

Jacques Dupin


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Sonnet XVIII

13 Mars 2011, 05:35am

Publié par vertuchou

Embrasse-moi, embrasse-moi encore et encore :

donne m'en un de tes plus savoureux,

Donne m'en un de tes plus amoureux :

je t'en rendrai quatre plus chauds que braise.

Las, te plains-tu ? Viens, que j'apaise ce mal

en t'en donnant dix autres encore plus doux.

Ainsi mêlant nos baisers si heureux

jouissons l'un de l'autre à notre aise.

Alors chacun de nous aura une double vie.

chacun vivra en soi et en son ami.

Laisse-moi, Amour, imaginer quelque folie :

je suis toujours mal, car je vis repliée sur moi,

et je ne puis trouver de satisfaction

sans me ruer hors de moi-même.



Louise Labé

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Celui qui efface son visage

12 Mars 2011, 05:59am

Publié par vertuchou

Celui qui efface son visage en face de l’amour
s’est égaré dans le labyrinthe que lui-même a tracé.


Manuel Viola

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