Dans toute poésie
Dans toute poésie, il y a une lutte secrète
entre l'infini du sentiment
et le fini de la langue dans laquelle
cet infini se renferme sans se limiter.
Jules Barbey d'Aurevilly
Coups de cœur
Dans toute poésie, il y a une lutte secrète
entre l'infini du sentiment
et le fini de la langue dans laquelle
cet infini se renferme sans se limiter.
Jules Barbey d'Aurevilly
Comme toi,
j'aime l'amour, la vie, le doux enchantement
des choses, le paysage
céleste des jours de janvier.
Aussi, mon sang bout
et mes yeux rient
qui ont connu le jaillissement des larmes.
Je crois que le monde est beau,
que la poésie est comme le pain, pour tous.
Et que mes veines ne finissent pas en moi
mais dans le sang unanime
de ceux qui luttent pour la vie,
l'amour,
les choses,
le paysage et le pain,
la poésie pour tous.
Roque Dalton
Claudio Monteverdi
(1567-1643)
L'Orfeo, "fable en musique"
1607
Toccata
Ritornello
Dal mio Permesso amato
Jordi Savall. Le Concert des Nations
Mélodie de soie
aux strophes familières
venue d'une passagère
pourtant inconnue
qui résonne en moi
Visages aimés
à jamais sabordés
fantômes dérisoires
rencontres furtives
attente sans espoir
Draps froissés
amours flétris
le temps d'une nuit
coule la Seine
et ma peine.
Henri Matisse
Nu rose assis
1935
huile sur toile
92 x 73 cm
Je suis comme je suis
Je suis faite comme ça
Quand j'ai envie de rire
Oui je ris aux éclats
J'aime celui qui m'aime
Est-ce ma faute à moi
Si ce n'est pas le même
Que j'aime chaque fois
Je suis comme je suis
Je suis faite comme ça
Que voulez-vous de plus
Que voulez-vous de moi
Je suis faite pour plaire
Et n'y puis rien changer
Mes talons sont trop hauts
Ma taille trop cambrée
Mes seins beaucoup trop durs
Et mes yeux trop cernés
Et puis après
Qu'est-ce que ça peut vous faire
Je suis comme je suis
Je plais à qui je plais
Qu'est-ce que ça peut vous faire
Ce qui m'est arrivé
Oui j'ai aimé quelqu'un
Oui quelqu'un m'a aimée
Comme les enfants qui s'aiment
Simplement savent aimer
Aimer aimer...
Pourquoi me questionner
Je suis là pour vous plaire
Et n'y puis rien changer.
Jacques Prévert
Il n’y a pas de finalité en poésie.
C’est une liberté totale.
C’est un langage essentiel – unité de souffle.
Bernard Badié
Albulena Panduri
life is about...
Sur ma joue un baiser.
Oui, le vent passe.
Sur ma joue nulle trace
du vent passé.
Sur ta joue un baiser.
Oui, le vent passe.
Sur ta joue nulle trace
de vent glissé
Sur nos joues un baiser.
Oui, le vent passe.
Sur nos joues nulle trace
du vent glacé.
Paul Fort
J'ai presque peur, en vérité,
Tant je sens ma vie enlacée
À la radieuse pensée
Qui m'a pris l'âme l'autre été,
Tant votre image, à jamais chère,
Habite en ce coeur tout à vous,
Mon coeur uniquement jaloux
De vous aimer et de vous plaire ;
Et je tremble, pardonnez-moi
D'aussi franchement vous le dire,
À penser qu'un mot, un sourire
De vous est désormais ma loi,
Et qu'il vous suffirait d'un geste,
D'une parole ou d'un clin d'oeil,
Pour mettre tout mon être en deuil
De son illusion céleste.
Mais plutôt je ne veux vous voir,
L'avenir dût-il m'être sombre
Et fécond en peines sans nombre,
Qu'à travers un immense espoir,
Plongé dans ce bonheur suprême
De me dire encore et toujours,
En dépit des mornes retours,
Que je vous aime, que je t'aime !
Paul Verlaine - Printemps 1870