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Vertuchou.over-blog.com

Sans la nommer

21 Mars 2016, 03:32am

Publié par vertuchou

Je voudrais sans la nommer
Vous parler d'elle
Comme d'une bien aimée,
D'une infidèle,
Une fille bien vivante
Qui se réveille
À des lendemains qui chantent
Sous le soleil.

REFRAIN :
C'est elle que l'on matraque,
Que l'on poursuit, que l'on traque,
C'est elle qui se soulève,
Qui souffre et se met en grève.
C'est elle qu'on emprisonne,
Qu'on trahit, qu'on abandonne,
Qui nous donne envie de vivre,
Qui donne envie de la suivre
Jusqu'au bout, jusqu'au bout.

Je voudrais sans la nommer
Lui rendre hommage :
Jolie fleur du mois de mai
Ou fruit sauvage,
Une plante bien plantée
Sur ses deux jambes
Et qui traîne en liberté
Où bon lui semble.

REFRAIN

Je voudrais sans la nommer
Vous parler d'elle :
Bien-aimée ou mal-aimée,
Elle est fidèle ;
Et si vous voulez
Que je vous la présente,
On l'appelle Révolution permanente.

REFRAIN

Georges Moustaki

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Pour être grand, sois entier

20 Mars 2016, 04:22am

Publié par vertuchou

Pour être grand, sois entier
Rien en toi n’exagère ou n’exclus.
Sois tout en chaque chose.
Mets tout ce que tu es
Dans le moindre de tes actes.
Ainsi en chaque lac brille la lune entière
Pour ce qu’elle vit haut.


--- Fernando Pessoa

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La grande vague

19 Mars 2016, 03:56am

Publié par vertuchou

Gustave Le Gray, La grande vague Sète, 1857

Gustave Le Gray, La grande vague Sète, 1857

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Les séparés

18 Mars 2016, 03:28am

Publié par vertuchou

N'écris pas. Je suis triste, et je voudrais m'éteindre.
Les beaux étés sans toi, c'est la nuit sans flambeau.
J'ai refermé mes bras qui ne peuvent t'atteindre,
Et frapper à mon cœur, c'est frapper au tombeau.
N'écris pas !

N'écris pas. N'apprenons qu'à mourir à nous-mêmes.
Ne demande qu'à Dieu... qu'à toi, si je t'aimais !
Au fond de ton absence écouter que tu m'aimes,
C'est entendre le ciel sans y monter jamais.
N'écris pas !

N'écris pas. Je te crains ; j'ai peur de ma mémoire ;
Elle a gardé ta voix qui m'appelle souvent.
Ne montre pas l'eau vive à qui ne peut la boire.
Une chère écriture est un portrait vivant.
N'écris pas !

N'écris pas ces doux mots que je n'ose plus lire :
Il semble que ta voix les répand sur mon cœur ;
Et que je les voix brûler à travers ton sourire ;
Il semble qu'un baiser les empreint sur mon cœur.
N'écris pas !

Marceline Desbordes-Valmore

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On dirait que ton nom est écrit dans l'air

17 Mars 2016, 03:26am

Publié par vertuchou

On dirait que ton nom est écrit dans l'air. Tu sens bon. Tu es somptueuse et douce. Tu es inaccessible, et très proche, et tout menue. Tu es une belle femme que l'on désire, et une petite fille que l'on est tout étonné de trouver dans ses bras.

Sois silencieuse si le silence te fait plaisir. Nous nous aimons mieux quand nous n’écrivons pas, car tous les mots sont un mensonge. Quand nous parlons nous trahissons notre âme. Il suffirait de se regarder. On sent des choses mais l'effort seul que l’on fait pour les exprimer est déjà une trahison.

Antonin Artaud, Lettres à Génica

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Elégie du matin

16 Mars 2016, 03:24am

Publié par vertuchou

Au début, j'avais promis de me taire
Mais plus tard, au matin,
Je vous ai vus sortir avec des sacs de cendre devant les portes
Et la répandre comme on sème le blé ;
N'y tenant plus, j'ai crié : Que faites-vous ? Que faites-vous ?
C'est pour vous que j'ai neigé toute la nuit sur la ville,
C'est pour vous que j'ai blanchi chaque chose toute la nuit - ô si
Vous pouviez comprendre comme il est difficile de neiger !
Hier soir, à peine étiez-vous couchés, que j'ai bondi dans l'espace
Il y faisait sombre et froid. Il me fallait
Voler jusqu'au point unique où
Le vide fait tournoyer les soleils et les éteint,
Tandis que je devais palpiter encore un instant dans ce coin,
Afin de revenir, neigeant parmi vous.
Le moindre flocon, je l'ai surveillé, pesé, éprouvé,
Pétri, fait briller du regard,
Et maintenant, je tombe de sommeil et de fatigue et j'ai la fièvre.
Je vous regarde répandre la poussière du feu mort
Sur mon blanc travail et, souriant, je vous annonce :
Des neiges bien plus grandes viendront après moi
Et il neigera sur vous tout le blanc du monde.
Essayez dès à présent de comprendre cette loi,
Des neiges gigantesques viendront après nous,
Et vous n'aurez pas assez de cendre.
Et même les tout petits enfants apprendront à neiger.
Et le blanc recouvrira vos piètres tentatives à le nier.
Et la terre entrera dans le tourbillon des étoiles
Comme un astre brûlant de neige.


Anna Blandiana

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Fantaisie en fa mineur, Op. 103, D 940

15 Mars 2016, 03:20am

Publié par vertuchou

La Fantaisie en fa mineur pour piano à quatre mains, opus 103, D. 940, de Franz Schubert

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La coccinelle

14 Mars 2016, 03:19am

Publié par vertuchou

Elle me dit: "Quelque chose
Me tourmente." Et j'aperçus
Son cou de neige, et, dessus,
Un petit insecte rose.

J'aurais dû — mais, sage ou fou,
À seize ans, on est farouche, —
Voir le baiser sur sa bouche
Plus que l'insecte à son cou.

On eût dit un coquillage;
Dos rose et taché de noir.
Les fauvettes pour nous voir
Se penchaient dans le feuillage.

Sa bouche fraîche était là:
Je me courbai sur la belle,
Et je pris la coccinelle;
Mais le baiser s'envola.

"Fils, apprends comme on me nomme",
Dit l'insecte du ciel bleu,
"Les bêtes sont au bon Dieu;
Mais la bêtise est à l'homme."

Paris, mai 1830.

Victor Hugo

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L'émotion poétique

13 Mars 2016, 03:46am

Publié par vertuchou

L'émotion poétique est de l'ordre des révélations intimes, fragiles, précaires

et toujours recommencées..

Jean-Pierre Siméon

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Nous n’avons pas la réponse

12 Mars 2016, 03:15am

Publié par vertuchou

nous n’avons pas la réponse
aux questions que pose le silence
ni d’explication aux rêves
à peine devinons-nous certains signes

que savons-nous du miracle qui nous réunit
puis de ce qui lentement nous sépare
de ce qui se dit à travers nous
lorsque nous tentons d’écrire
de l’objet réel de notre quête
ou de ce qu’est la plus belle chose du monde

nous ne connaissons ni la part non vécue
de nos vies ni ce que nous ne sommes pas

ni même ce que nous sommes vraiment
ou ce que nous aurions pu être
nous ne connaissons ni la raison du soleil
ni le pourquoi du cercle de la terre du ciel
de la ronde des naissances et des morts
ni les autres noms du néant ceux de la lumière
ni même la vraie couleur du temps
ou les limites de l’âme
ou les chiffres liés à la disparition des astres
pas plus que le centième nom du rien


— Amina Saïd

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