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Vertuchou.over-blog.com

Matin

11 Janvier 2015, 04:13am

Publié par vertuchou

Voici le matin bleu. Ma rose et blonde amie
Lasse d’amour, sous mes baisers, s’est endormie.
Voici le matin bleu qui vient sur l’oreiller
Éteindre les lueurs oranges du foyer.

L’insoucieuse dort. La fatigue a fait taire
Le babil de cristal, les soupirs de panthère.
Les voraces baisers et les rires perlés.
Et l’or capricieux des cheveux déroulés

Fait un cadre ondoyant à la tête qui penche.
Nue et fière de ses contours, la gorge blanche
Où, sur les deux sommets, fleurit le sang vermeil,
Se soulève et s’abaisse au rythme du sommeil.

La robe, nid de soie, à terre est affaissée.
Hier, sous des blancheurs de batiste froissée
La forme en a jailli libre, papillon blanc.
Qui sort de son cocon, l’aile collée au flanc.

A côté, sur leurs hauts talons, sont les bottines
Qui font aux petits pieds ces allures mutines,
Et les bas, faits de fils de la vierge croisés,
Qui prennent sur la peau des chatoiements rosés.

Epars dans tous les coins de la chambre muette
Je revois les débris de la fière toilette
Qu’elle portait, quand elle est arrivée hier
Tout imprégnée encor des senteurs de l’hiver.

Gaston Couté

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The Yellow Sky

10 Janvier 2015, 04:10am

Publié par vertuchou

Alexandre Calder, The Yellow Sky, 1963,  gouache et encre sur papier, 67.95 x 100.96 cm

Alexandre Calder, The Yellow Sky, 1963, gouache et encre sur papier, 67.95 x 100.96 cm

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Je respire où tu palpites

9 Janvier 2015, 04:03am

Publié par vertuchou

Je respire où tu palpites,
Tu sais ; à quoi bon, hélas !
Rester là si tu me quittes,
Et vivre si tu t'en vas ?

A quoi bon vivre, étant l'ombre
De cet ange qui s'enfuit ?
A quoi bon, sous le ciel sombre,
N'être plus que de la nuit ?

Je suis la fleur des murailles
Dont avril est le seul bien.
Il suffit que tu t'en ailles
Pour qu'il ne reste plus rien.

Tu m'entoures d'Auréoles;
Te voir est mon seul souci.
Il suffit que tu t'envoles
Pour que je m'envole aussi.

Si tu pars, mon front se penche ;
Mon âme au ciel, son berceau,
Fuira, dans ta main blanche
Tu tiens ce sauvage oiseau.

Que veux-tu que je devienne
Si je n'entends plus ton pas ?
Est-ce ta vie ou la mienne
Qui s'en va ? Je ne sais pas.

Quand mon orage succombe,
J'en reprends dans ton coeur pur ;
Je suis comme la colombe
Qui vient boire au lac d'azur.

L'amour fait comprendre à l'âme
L'univers, salubre et béni ;
Et cette petite flamme
Seule éclaire l'infini

Sans toi, toute la nature
N'est plus qu'un cachot fermé,
Où je vais à l'aventure,
Pâle et n'étant plus aimé.

Sans toi, tout s'effeuille et tombe ;
L'ombre emplit mon noir sourcil ;
Une fête est une tombe,
La patrie est un exil.

Je t'implore et réclame ;
Ne fuis pas loin de mes maux,
O fauvette de mon âme
Qui chantes dans mes rameaux !

De quoi puis-je avoir envie,
De quoi puis-je avoir effroi,
Que ferai-je de la vie
Si tu n'es plus près de moi ?

Tu portes dans la lumière,
Tu portes dans les buissons,
Sur une aile ma prière,
Et sur l'autre mes chansons.

Que dirai-je aux champs que voile
L'inconsolable douleur ?
Que ferai-je de l'étoile ?
Que ferai-je de la fleur ?

Que dirai-je au bois morose
Qu'illuminait ta douceur ?
Que répondrai-je à la rose
Disant : " Où donc est ma soeur ?"

J'en mourrai ; fuis, si tu l'oses.
A quoi bon, jours révolus !
Regarder toutes ces choses
Qu'elle ne regarde plus ?

Que ferai-je de la lyre,
De la vertu, du destin ?
Hélas ! et, sans ton sourire,
Que ferai-je du matin ?

Que ferai-je, seul, farouche,
Sans toi, du jour et des cieux,
De mes baisers sans ta bouche,
Et de mes pleurs sans tes yeux !

Victor Hugo

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Tes yeux me manquent

8 Janvier 2015, 04:45am

Publié par vertuchou

Tes yeux me manquent
Et je deviens aveugle
Dès que tu regardes ailleurs
Tous les jours je meurs
Quand parmi les vivants
Je te ne vois nulle part
Qu'est ce que vivre mon amour
Quand toute chose en ce monde
Me raconte ton absence.

Yasmina Khadra

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Tu me demandes...

7 Janvier 2015, 04:37am

Publié par vertuchou

Tu me demandes ce que je ferai quand nous serons ensemble
puisque je n’aurai plus à t’écrire
ensemble ne m’emplira plus des paroles des autres
mes yeux ne serreront plus des ressemblances
de faux fragments de toi
où je tiens à peine à flot
que ferai-je quand tout cela sera ensemble
j’y serai une eau mêlée à l’eau
je me reconnaîtrai
ne sachant plus la différence
moi qui ai déjà tant d’illuminations de toi
un album d’immobiles et je veux une continuité
je n’écrirai plus à toi c’est toi que j’écrirai
je te disséminerai dans les mots où je me rassemble
mes regards pour se vêtir remonteront de leur exil vers toi.

Henri Meschonnic

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I Got Rhythm

6 Janvier 2015, 04:29am

Publié par vertuchou

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Corona

5 Janvier 2015, 04:55am

Publié par vertuchou

Du dedans de la main, l’automne dévore sa feuille : nous sommes amis

Nous libérons le temps de la coquille de noix

Et nous lui apprenons à marcher

Le temps retourne vers sa coquille

Dans le miroir c’est dimanche

Dans le rêve nous dormons

La bouche parle vérité

Mon regard descend vers le sexe de l’aimée

Nous regardons

Nous nous parlons des ténèbres

Nous nous aimons comme pavot et mémoire

Nous dormons comme vin dans les coquillages

Comme mer dans les rayons de sang de la lune

Nous nous tenons enlacés près de la fenêtre

Ils nous dévisagent de la rue

Il est grand temps que l’on sache

Il est grand temps que la pierre s’habitue à fleurir

Que le non-repos batte au cœur

Il est temps que le temps soit

Il est temps

Paul Celan

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La poésie dit violemment

4 Janvier 2015, 04:28am

Publié par vertuchou

La poésie dit violemment,

et la présence des choses et un ailleurs des choses

Marie-Claire Bancquart

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Contempler dans son bain sans voiles

3 Janvier 2015, 04:31am

Publié par vertuchou

Amor, ch'a null' amato amar perdona,
Mi prese del costui placer si forte
Che, come vedi, ancor non m'abbandona.

Dante


Contempler dans son bain sans voiles
Une fille aux yeux innocents ;
Suivre de loin de blanches voiles ;
Voir au ciel briller les étoiles
Et sous l'herbe les vers luisants ;

Voir autour des mornes idoles
Des sultanes danser en rond ;
D'un bal compter les girandoles ;
La nuit, voir sur l'eau les gondoles
Fuir avec une étoile au front ;

Regarder la lune sereine ;
Dormir sous l'arbre du chemin ;
Être le roi lorsque la reine,
Par son sceptre d'or souveraine,
L'est aussi par sa blanche main ;

Ouïr sur les harpes jalouses
Se plaindre la romance en pleurs ;
Errer, pensif, sur les pelouses,
Le soir, lorsque les andalouses
De leurs balcons jettent des fleurs ;

Rêver, tandis que les rosées
Pleuvent d'un beau ciel espagnol,
Et que les notes embrasées
S'épanouissent en fusées
Dans la chanson du rossignol ;

Ne plus se rappeler le nombre
De ses jours, songes oubliés ;
Suivre fuyant dans la nuit sombre
Un Esprit qui traîne dans l'ombre
Deux sillons de flamme à ses pieds ;

Des boutons d'or qu'avril étale
Dépouiller le riche gazon ;
Voir, après l'absence fatale,
Enfin, de sa ville natale
Grandir la flèche à l'horizon ;

Non, tout ce qu'a la destinée
De bien réels ou fabuleux
N'est rien pour mon âme enchaînée
Quand tu regardes inclinée
Mes yeux noirs avec tes yeux bleus !

Septembre 1831.

Victor Hugo.

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Jeunes fermiers

2 Janvier 2015, 04:15am

Publié par vertuchou

August Sander (1876-1964) Jeunes fermiers,  1914

August Sander (1876-1964) Jeunes fermiers, 1914

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