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Vertuchou.over-blog.com

sérénade

21 Octobre 2015, 03:02am

Publié par vertuchou

S’il vous fallait un cœur, mignonne,
Un cœur pour vous aimer beaucoup,
Le mien n’appartient à personne,
Il vous aime par dessus tout.

S’il vous fallait un cœur, mignonne,
Un cœur à vous, tout entier
Le mien n’appartient à personne
Un mot de vous peut le lier.

S’il vous fallait un cœur, mignonne,
Un cœur pour vous en amuser
Le mien n’appartient à personne
Il est à vous pour un baiser.

S’il vous fallait un cœur, mignonne,
Un cœur pour après l’oublier
Le mien n’appartient à personne
Vous pouvez le mystifier.

Mais pourtant, sachez-le, mignonne,
Si ce cœur était méprisé
Il ne croirait plus en personne
Car du coup vous l’auriez brisé.

.Alice de Chambrier

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Betty

20 Octobre 2015, 03:04am

Publié par vertuchou

Tu n'as pas sommeil
Tu fumes et tu veilles
T'es toute écorchée
T'es comme un chat triste
Perdu sur la liste
Des objets trouvés
La nuit carcérale
Tombant sur les dalles
Et ce lit glacé
Aller et venir
Soleil et sourire
Sont d'l'autre coté

Ces murs, ces grillages
Ces portes et ces cages
Ces couloirs, ces clés
Cette solitude
Si dure et si rude
Qu'on peut la toucher
Ce rayon de lune
Sur le sol allume
Visage oublié
De celui que t'aimes
Qui tire sur sa chaîne
Comme un loup blessé

Betty faut pas craquer
Betty faut pas plonger
Je sais, ils t'ont couchée là
Et puis ils ont fermé leurs barreaux d'acier

Betty faut pas pleurer
Betty faut pas trembler
Je sais, tu vas rester là
T'aimerais plus t'réveiller, plus jamais rêver

Je te dis je t'aime
Dans ce court poème
Dans ce long baiser
Tu es ma frangine
Juste une féminine
Que j'avais rimée
Je te donne ma force
Mes mots et mes notes
Pour te réchauffer
Je haie la morale
Les prisons centrales
Les maisons d'arrêt

Je n'ai pas sommeil
Je fume et je veille
Et j'ai composé
Une chanson d'amour
Une chanson secours
Pour l'autre côté
Pour ceux que l'on jette
Dans les oubliettes
Dans l'obscurité
Pendant qu'les gens dorment
Au fond du conforme
Sans se réveiller

Betty faut pas craquer
Betty faut pas plonger
Je sais, ils t'ont couchée là
Et puis ils ont fermé leurs barreaux d'acier

Betty faut pas pleurer
Betty faut pas trembler
Tu sais, on s'retrouvera, là
Ailleurs, en plein soleil ...

Bernard Lavilliers

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Mon Olivine

19 Octobre 2015, 03:51am

Publié par vertuchou

Mon Olivine
Ma Ragamuche
je te stoptatalère sur la bouillette mirkifolchette
J'aracramuze ton épaulette
Je crudimalmie ta ripanape
Je te cruscuze
Je te golpède
Ouvre tout grand ton armomacabre
et laisse le jour entrer dans tes migmags
Ô Lunèthophyne
je me penche et te cramuille
Ortie déplépojdèthe
j'agrimanche ta rusplète
Et dans le désert des marquemacons tes seins obèrent
le silence

Claude Gauvreau

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Révolution

18 Octobre 2015, 04:57am

Publié par vertuchou

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Sonnet à mon ami R…

17 Octobre 2015, 04:48am

Publié par vertuchou

J’avais toujours rêvé le bonheur en ménage,
Comme un port où le cœur, trop longtemps agité,
Vient trouver, à la fin d’un long pèlerinage,
Un dernier jour de calme et de sérénité.

Une femme modeste, à peu près de mon âge
Et deux petits enfants jouant à son côté ;
Un cercle peu nombreux d’amis du voisinage,
Et de joyeux propos dans les beaux soirs d’été.

J’abandonnais l’amour à la jeunesse ardente
Je voulais une amie, une âme confidente,
Où cacher mes chagrins, qu’elle seule aurait lus ;

Le ciel m’a donné plus que je n’osais prétendre ;
L’amitié, par le temps, a pris un nom plus tendre,
Et l’amour arriva qu’on ne l’attendait plus.

Félix Arvers

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Un beau langage. C'est la seule chose qui m'importe

16 Octobre 2015, 04:01am

Publié par vertuchou

“Un beau langage. C'est la seule chose qui m'importe.

Dire avec des mots vivants, pleins de saveur et de couleur.

Mais à l'intérieur de moi tout est si âpre, si épineux.”


— Alejandra Pizarnik, Journaux

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L'amour sans trêve

15 Octobre 2015, 04:22am

Publié par vertuchou

Ce triangle d’eau qui a soif
cette route sans écriture
Madame, et le signe de vos mâtures
sur cette mer où je me noie

Les messages de vos cheveux
le coup de fusil de vos lèvres
cet orage qui m’enlève
dans le sillage de vos yeux.

Cette ombre enfin, sur le rivage
où la vie fait trêve, et le vent,
et l’horrible piétinement
de la foule sur mon passage.

Quand je lève les yeux vers vous
on dirait que le monde tremble,
et les feux de l’amour ressemblent
aux caresses de votre époux.

Antonin Artaud

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Sans titre

14 Octobre 2015, 04:40am

Publié par vertuchou

Rodney Smith

Rodney Smith

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Femme et chatte

13 Octobre 2015, 04:31am

Publié par vertuchou

Elle jouait avec sa chatte,
Et c'était merveille de voir
La main blanche et la blanche patte
S'ébattre dans l'ombre du soir.

Elle cachait - la scélérate! -
Sous ses mitaines de fil noir
Ses meurtriers ongles d'agate,
Coupants et clairs comme un rasoir.

L'autre aussi faisait la sucrée
Et rentrait sa griffe acérée,
Mais le diable n'y perdait rien...

Et, dans le boudoir où, sonore,
Tintait son rire aérien
Brillaient quatre points de phosphore.

Paul Verlaine

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Je touche tes lèvres

12 Octobre 2015, 04:29am

Publié par vertuchou

Je touche tes lèvres, je touche d’un doigt le bord de tes lèvres,
je dessine ta bouche comme si elle naissait de ma main,
comme si elle s’entrouvrait pour la première fois,
et il me suffit de fermer les yeux pour tout défaire et tout recommencer,
je fais naître chaque fois la bouche que je désire,
la bouche que ma main choisit et qu’elle dessine sur ton visage,
une bouche choisie entre toutes, choisie par moi
avec une souveraine liberté pour la dessiner de ma main
sur ton visage et qui, par un hasard que je ne cherche pas à comprendre,
coïncide exactement avec ta bouche qui sourit sous la bouche
que ma main te dessine.

Tu me regardes, tu me regardes de tout près,
tu me regardes de plus en plus près, nous jouons au cyclope,
nos yeux grandissent, se rejoignent, se superposent,
et les cyclopes se regardent, respirent confondus,
les bouches se rencontrent, luttent tièdes avec leurs lèvres,
appuyant à peine la langue sur les dents,
jouant dans leur enceinte où va et vient un air pesant
dans un silence et un parfum ancien.


Alors mes mains s’enfoncent dans tes cheveux,
caressent lentement la profondeur de tes cheveux,
tandis que nous nous embrassons
comme si nous avions la bouche pleine de fleurs ou de poissons,
de mouvements vivants, de senteur profonde.
Et si nous nous mordons, la douleur est douce
et si nous sombrons dans nos haleines mêlées en une brève et terrible noyade,
cette mort est instantanée et belle.
Et il y a une seule salive et une seule saveur de fruit mûr,
et je te sens trembler contre moi comme une lune dans l’eau.

Julio Cortázar, Marelle

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