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The Octopus

20 Novembre 2016, 03:42am

Publié par vertuchou

Alvin Langdon Coburn, The Octopus, 1912, 28 × 36 cm

Alvin Langdon Coburn, The Octopus, 1912, 28 × 36 cm

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Le hareng saur

19 Novembre 2016, 03:22am

Publié par vertuchou

Il était un grand mur blanc - nu, nu, nu,
Contre le mur une échelle - haute, haute, haute,
Et, par terre, un hareng saur - sec, sec, sec.
 
Il vient, tenant dans ses mains - sales, sales, sales,
Un marteau lourd, un grand clou - pointu, pointu, pointu,
Un peloton de ficelle - gros, gros, gros.
 
Alors il monte à l'échelle - haute, haute, haute,
Et plante le clou pointu - toc, toc, toc,
Tout en haut du grand mur nu - nu, nu, nu.
 
Il laisse aller le marteau - qui tombe, qui tombe, qui tombe,
Attache au clou la ficelle - longue, longue, longue,
Et, au bout, le hareng saur - sec, sec, sec.
 
Il redescend de l'échelle - haute, haute, haute,
L'emporte avec le marteau - lourd, lourd, lourd,
Et puis, il s'en va ailleurs - loin, loin, loin.
 
Et, depuis, le hareng saur - sec, sec, sec,
Au bout de cette ficelle - longue, longue, longue,
Très lentement se balance - toujours, toujours, toujours.
 
J'ai composé cette histoire - simple, simple, simple,
Pour mettre en fureur les gens - graves, graves, graves,
Et amuser les enfants - petits, petits, petits.

Charles Cros

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J’ai envie de vous sentir, Louise.

18 Novembre 2016, 03:16am

Publié par vertuchou

 - J’ai envie de vous sentir, Louise.

- … Me sentir ?

Vous sentir.

Elle sourit, interloquée. Innocente. Elle ne sait pas ce que le mot sentir recouvre. Quand, en fait, il recouvre tout. (…) Elle se lève, défait le premier bouton de son corsage, s’approche de moi. Et m’offre sa gorge.

-  Ça, je l’ai depuis longtemps. Ce que je veux, c’est votre odeur brute. Votre essence même. L’essence de Louise. Celle qu’aucune fragrance n’a jamais altérée. C’est tout votre être que je veux.

-  … ?

- Qu’avez-vous à craindre d’un vieillard comme moi ? Je ne vous toucherai même pas, ça ne prendra qu’un instant, et plus personne au monde ne vous sentira comme je l’aurai fait. Je vous aurai sentie.
...

Elle laisse tomber sa robe à ses pieds, et s’étend sur le canapé. (…) J’approche mon visage, les yeux clos et, sans doute pour la dernière fois de mon existence, je rassemble toute ma science, toute la ferveur qu’il me reste.

Tout commence par une note de tête à forte tonalité ambrée, au départ boisée, puis balsamique. Suivie d’une variation de jasmins intenses, avec une trace de benjoin de Siam, suave, d’une grande ténacité. Puis une pointe de bois de santal stabilise un étrange mélange de civette, animale, intense, et un trait de vanilline qui constitue déjà la note de cœur. La note du fond, irisée, se prolonge dans un juste équilibre de cardamone et d’essence de litsea persistante.

Une éternité plus tard, j’ouvre les yeux.

Encore ivre d’elle, je la vois saisir sa robe au passage et disparaître.

Tonino Benacquista, Nos gloires secrètes

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Le nuage

17 Novembre 2016, 03:14am

Publié par vertuchou

Nuage changeant
où le poète a mis
le mystère à l’épreuve

Appuyé sur la terre
et le silence

Nuage qui prend forme
pour éprouver l’image

Le poète a toujours
une éclaircie d’avance.

 Claude Albarède

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Dance Me To The End Of Love

16 Novembre 2016, 03:10am

Publié par vertuchou

Dance me to your beauty with a burning violin
Dance me through the panic 'til I'm gathered safely in
Lift me like an olive branch and be my homeward dove
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love

Oh let me see your beauty when the witnesses are gone
Let me feel you moving like they do in Babylon
Show me slowly what I only know the limits of
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love

Dance me to the wedding now, dance me on and on
Dance me very tenderly and dance me very long
We're both of us beneath our love, we're both of us above
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love

Dance me to the children who are asking to be born
Dance me through the curtains that our kisses have outworn
Raise a tent of shelter now, though every thread is torn
Dance me to the end of love

Dance me to your beauty with a burning violin
Dance me through the panic till I'm gathered safely in
Touch me with your naked hand or touch me with your glove
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love

Léonard Cohen

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Crépuscule

15 Novembre 2016, 03:06am

Publié par vertuchou

Frôlée par les ombres des morts
Sur l’herbe où le jour s’exténue
L’arlequine s’est mise nue
Et dans l’étang mire son corps

Un charlatan crépusculaire
Vante les tours que l’on va faire
Le ciel sans teinte est constellé
D’astres pâles comme du lait

Sur les tréteaux l’arlequin blème
Salue d’abord les spectateurs
Des sorciers venus de Bohême
Quelques fées et les enchanteurs
Ayant décroché une étoile
Il la manie à bras tendu
Tandis que des pieds un pendu
Sonne en mesure les cymbales

L’aveugle berce un bel enfant
La biche passe avec ses faons
Le nain regarde d’un air triste
Grandir l’arlequin trismégiste

Guillaume Apollinaire

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La poésie est ce rien

14 Novembre 2016, 03:10am

Publié par vertuchou

La poésie est ce rien – mais un rien qui annule le reste – qui
nous engage "entièrement" sur cette scène vide;


André du Bouchet

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Quand on a que l'amour

13 Novembre 2016, 04:28am

Publié par vertuchou

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Sonate K132 en do majeur, Andante

12 Novembre 2016, 03:46am

Publié par vertuchou

Domenico Scarlatti, sonate K132 en do majeur, Andante

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In Flanders Fields / Dans les champs de Flandres

11 Novembre 2016, 03:18am

Publié par vertuchou

In Flanders fields the poppies blow
Between the crosses row on row,
That mark our place; and in the sky
The larks, still bravely singing, fly
Scarce heard amid the guns below.

We are the Dead. Short days ago
We lived, felt dawn, saw sunset glow,
Loved and were loved and now we lie
In Flanders fields.

Take up our quarrel with the foe:
To you from failing hands we throw
The torch; be yours to hold it high.
If ye break faith with us who die
We shall not sleep, though poppies grow
In Flanders fields.

John McCrae – 1915

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Dans les champs de Flandre, les coquelicots ondulent
Entre les croix rang après rang
Qui marquent notre place et dans le ciel
Les alouettes bravement chantent encore et volent
À peine audibles dans le bruit des canons

Nous sommes les morts.
Il y a quelques jours, nous vivions encore
Nous sentions la douceur de l'aube
Nous regardions l'embrasement du soleil couchant
Nous aimions et nous étions aimés
Maintenant, nos corps sont étendus
Dans les champs de Flandres

Poursuivez votre combat avec l'adversaire
Nous vous lançons le flambeau de nos mains défaillantes
Afin qu'il soit vôtre et que vous le teniez haut
Si vous manquez de parole à nous qui mourons
Nous ne pourrons pas dormir bien que les coquelicots poussent
Dans les champs de Flandres.

 

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