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Tant de jolies choses

10 Novembre 2016, 03:33am

Publié par vertuchou

Même s'il me faut lâcher ta main
Sans pouvoir te dire "à demain"
Rien ne défera jamais nos liens
Même s'il me faut aller plus loin
Couper les ponts, changer de train
L'amour est plus fort que le chagrin
L'amour qui fait battre nos cœurs
Va sublimer cette douleur
Transformer le plomb en or
Tu as tant de belles choses à vivre encore
Tu verras au bout du tunnel
Se dessiner un arc-en-ciel
Et refleurir les lilas
Tu as tant de belles choses devant toi
Même si je veille d'une autre rive
Quoi que tu fasses, quoi qu'il t'arrive
Je serai avec toi comme autrefois
Même si tu pars à la dérive
L'état de grâce, les forces vives
Reviendront plus vite que tu ne crois
Dans l'espace qui lie le ciel et la terre
Se cache le plus grand des mystères
Comme la brume voilant l'aurore
Il y a tant de belles choses que tu ignores
La foi qui abat les montagnes
La source blanche dans ton âme
Penses-y quand tu t'endors
L'amour est plus fort que la mort
Dans le temps qui lie ciel et terre
Se cache le plus beau des mystères
Penses-y quand tu t'endors
L'amour est plus fort que la mort

Françoise Hardy

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Pourtant je m’élève

9 Novembre 2016, 03:13am

Publié par vertuchou

Vous pouvez me rabaisser pour l’histoire
Avec vos mensonges amers et tordus,
Vous pouvez me traîner dans la boue
Mais comme la poussière, je m’élève pourtant,

Mon insolence vous met-elle en colère?
Pourquoi vous drapez-vous de tristesse
De me voir marcher comme si j’avais des puits
De pétrole pompant dans ma salle à manger?

Comme de simples lunes et de simples soleils,
Avec la certitude des marées
Comme de simples espoirs jaillissants,
Je m’élève pourtant.

Voulez-vous me voir brisée?
La tête et les yeux baissés?
Les épaules tombantes comme des larmes.
Affaiblie par mes pleurs émouvants.

Es-ce mon dédain qui vous blesse?
Ne prenez-vous pas affreusement mal
De me voir rire comme si j’avais des mines
d’or creusant dans mon potager?

Vous pouvez m’abattre de vos paroles,
Me découper avec vos yeux,
Me tuer de toute votre haine,
Mais comme l’air, je m’élève pourtant.

Ma sensualité vous met-elle en colère?
Cela vous surprend-il vraiment
De me voir danser comme si j’avais des
Diamants, à la jointure de mes cuisses?

Hors des cabanes honteuses de l’histoire
Je m’élève
Surgissant d’un passé enraciné de douleur
Je m’élève
Je suis un océan noir, bondissant et large,
Jaillissant et gonflant je tiens dans la marée.
En laissant derrière moi des nuits de terreur et de peur
Je m’élève
Vers une aube merveilleusement claire
Je m’élève
Emportant les présents que mes ancêtres m’ont donnés,
Je suis le rêve et l’espérance de l’esclave.
Je m’élève
Je m’élève
Je m’élève

Maya Angelou

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Voirin à Montataire

8 Novembre 2016, 03:10am

Publié par vertuchou

Pierre Alechinsky, Voirin à Montataire, 2003, lithographie

Pierre Alechinsky, Voirin à Montataire, 2003, lithographie

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Ce qu'il me faut

7 Novembre 2016, 03:03am

Publié par vertuchou

Ce qu'il me faut à moi, c’est la brutale orgie,
La brune courtisane à la lèvre rougie
Qui se pâme et se tord ;
Qui s’élance à vos bras dans sa fougueuse ivresse,
Qui laisse ses cheveux se dérouler en tresse,
Vous étreint et vous mord !

C ‘est une femme ardente autant qu’une Espagnole.
Dont les transports d'amour rendent la tête folle
Et font craquer le lit;
c'est une passion forte comme la lèvre,
Une lèvre de feu qui s. attache à ma lèvre
pendant toute une nuit !

C'est une cuisse blanche à la mienne enlacée,
Une lèvre de feu d'où jaillit la pensée;
Ce sont surtout deux seins,
Fruits d'amour arrondis par une main divine,
Qui tous deux à la fois vibrent sur la poitrine,
Qu'on prend à pleines mains.

Eh bien! venez encor me vanter vos pucelles,
Avec leurs regards froids, avec leurs tailles frêles,
Frêles comme un roseau ;
Qui n'osent d’un seul doigt vous toucher, — ni rien dire,
Qui n'osent regarder et craignent de sourire,
Ne boivent que de l’eau.

Non! Vous ne valez pas, ô tendre jeune fille,
Au teint frais et si pur caché sous la mantille,
Et dans le blanc satin,
Non. Dames de grand ton, en tout, tant que vous êtes,
Non, vous ne valez pas, femmes dites honnêtes,
Un amour de catin !

Alfred Musset

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La poésie est une salve

6 Novembre 2016, 03:06am

Publié par vertuchou

La poésie est une salve contre l'habitude.

Henri Pichette, Apoèmes

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L'intelligence

5 Novembre 2016, 03:05am

Publié par vertuchou

L'intelligence dit la fourmi travaille.
L'amour dit qu'elle souffre.
L'intelligence dit que la fleur est éclose.
L'amour dit qu'elle est belle et va mourir.
L'intelligence dit que la pierre est muette.
L'amour dit qu'elle a peur de parler.
L'intelligence dit que l'astre en cache d' autres.
L'amour dit qu'il est seul dans sa gloire infinie.
L'intelligence dit que la rivière coule.
L'amour dit qu'elle passe et que c'est triste.
L'intelligence dit qu'elle est lumière.
L'amour dit qu'il accepte d'être aveugle.
L'intelligence dit que le jour suit la nuit
L'amour dit que le jour et la nuit se confondent.
L'intelligence dit qu'il faut comprendre.
L'amour dit qu'on a tort de trop s'interroger,
L'intelligence dit que l'oiseau vole.
L'amour dit que l'oiseau est un dieu.
L'intelligence dit que l'amour le dérange.
L'amour dit qu'il envie l'intelligence.

Alain Bosquet

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Ricercata seconda sopra il Violoncello

4 Novembre 2016, 03:01am

Publié par vertuchou

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Les hirondelles

3 Novembre 2016, 03:03am

Publié par vertuchou

Les noires hirondelles reviendront

Suspendre à ta fenêtre leurs doux nids

Et de nouveau, de l’aile, dans leurs jeux,

Frapperont à ta vitre.

Mais celles qui volaient plus doucement

Pour mieux voir ta beauté et mon bonheur,

Celles qui surent ton nom et le mien,

Non, ne reviendront plus.

Le chèvrefeuille en touffes reviendra

Escalader les murs de ton jardin

Et de nouveau, le soir, encor plus belles,

Les fleurs en écloront.

Mais celles dont nous regardions les gouttes

De la rosée qui les comblait trembler

Et s’écouler comme larmes du jour,

Non, ne reviendront plus.

Les accents de l’amour, à tes oreilles,

Reviendront faire leur ardent murmure ;

De son profond sommeil ton cœur peut-être,

Ton cœur s’éveillera.

Mais, en suspens, muet, agenouillé,

Comme on adore Dieu devant l’autel,

Comme je t’ai aimée, détrompe-toi,

On ne t’aimera plus.

Gustavo Adolfo Béquer

Traduit par Mathilde Pomès.

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Je voudrais juste comprendre

2 Novembre 2016, 03:29am

Publié par vertuchou

- Je voudrais juste comprendre pourquoi il a suffi qu'un amour de jeunesse mette une annonce dans le journal pour que tu perdes la tête !
- Je voudrais comprendre moi aussi. C'est peut-être pour ça que je suis là.
- Tu pensais souvent à cet homme ?
- Oui. souvent.
- Quand par exemple ?
- Quand je me suis mariée. Quand mes filles sont nées. Quand elles ont eu 15 ans. Quand ça sent la résine de pin l'été, le chocolat chaud, la sueur, la cannelle, quand j'entends Mike Brant, Johnny Hallyday, les cigales ou Chopin, quand je vois des films italiens, des adolescents amoureux, des vélos, des cariatides, des bateaux, quand je m'endors au soleil, quand je ris devant la glace, quand je danse toute seule. Quand je suis bien. Quand la vie est tout près.

Véronique Olmi, Le premier amour

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La fleur rouge

1 Novembre 2016, 02:54am

Publié par vertuchou

A la place du ciel
Je mettrai son visage
Les oiseaux ne seront
Même pas étonnés

Et le jour se levant
Très haut dans ses prunelles
On dira: "le printemps
Est plus tôt cette année?"

Beaux yeux, belle saison
Viviers de lampes claires
Jardins qui reculez
Sans cesse l'horizon

On fait déjà les foins
Le long de ses paupières
Les animaux peureux
Viennent à la maison

Je n'ai jamais reçu
Tant d'amis à ma table
Il en vient chaque jour
De nouvelles étables

L'un apporte sa faim
Un autre la douleur
Nous partageons le peu
Qui reste tous en chœur

Qu'un enfant attardé
Passe la porte ouverte
Et devinant la joie
Demande à me parler

Pour le mener vers moi
Deux mains se sont offertes
Si bien qu'il a déjà
Plus qu'il ne désirait

La chambre est encombrée
De rivières sauvages
Dans le foyer s'envole
Une épaisse forêt

Et la route qui tient
En laisse les villages
Traîne sa meute d'or
Jusque sous les volets

Tous mes fruits merveilleux
Tintent sur mon épaule
Son sang est sur ma bouche
Une flûte enchantée

Je lui donne le nom
De ma première enfance
De la première fleur
Et du premier été

René Guy Cadou

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