La poésie est une salve
La poésie est une salve contre l'habitude.
Henri Pichette, Apoèmes
Coups de cœur
La poésie est une salve contre l'habitude.
Henri Pichette, Apoèmes
Si la poésie était le pouvoir des choses humaines invisibles
sur les choses misérables et visibles de la vie ordinaire.
Jean-Luc Seigle, Je vous écris dans le noir
Le rôle du poète est de dire non pas ce qui a réellement eu lieu mais ce à quoi on peut s'attendre, ce qui peut se produire conformément à la vraisemblance ou à la nécessité. En effet, la différence entre l'historien et le poète [...] de ce fait que l'un dit ce qui a eu lieu, l'autre ce à quoi l'on peut s'attendre.
Voilà pourquoi la poésie est une chose plus philosophique et plus noble que l'histoire : la poésie dit, plutôt le général, l'histoire le particulier.
Aristote
Un poème [est] un mystère dont le lecteur doit chercher la clef.
Nommer un objet, c’est supprimer les trois quarts de la jouissance du poème qui est faite du bonheur de deviner peu à peu ; le suggérer voilà le rêve. C’est le parfait usage de ce mystère qui constitue le symbole : évoquer petit à petit un objet pour montrer un état d’âme, ou, inverse- ment, choisir un objet, et en dégager un état d’âme par une série de déchiffrements
Stéphane Mallarmé
cité par Albert Thibaudet, La Poésie de Stéphane Mallarmé
La poésie n’est en rien ni nulle part, c’est pourquoi
elle peut être mise en tout et partout. Mais rien ne s’opère
sans une véritable transmutation des valeurs.
Dans l’impuissance à la saisir, à l’identifier où que ce soit,
on a préféré déclarer qu’elle régnait partout
et qu’il suffisait de savoir l’y découvrir.
Or, il est parfaitement évident qu’elle est plutôt une absence,
un manque au cœur de l’homme, et, plus précisément,
dans le rapport que le poète a le don de mettre à la place
de cette absence, de ce manque.
Et il n’y a poésie réelle que là ou a été comblé ce vide
qui ne pouvait absolument l’être par aucune autre
activité ou matière réelle de la vie.
Pierre Reverdy
Le poème est l'événement majeur susceptible de survenir dans l'ordre de la langue.
Tout poème fait séisme, met à jour des couches ensevelies de la mémoire des mots. Ce n'est pas dans le sujet traité qu'agit la poésie; c'est dans le glissement de sens perpétué dans le paysage domestique de la langue.
Aussi le poète ne "traite"-t-il pas de sujet; ce sont les mots qui traitent leur propre sujet. C'est pourquoi la pertinence, à l'inverse des habitudes de la pédagogie ordinaire, ne consiste pas à se demander ce que le poète a voulu dire, mais plutôt ce que le texte vous dit, à vous lecteurs, dans la relation personnelle que vous entretenez avec chacun des mots qui le constituent. (...)
Chaque lecteur lui est un interlocuteur singulier, invité à "réécrire" tous les sens possibles de tous les mots du poème. C'est pourquoi l'usage de la poésie est nécessairement solitaire.
Gil Jouanard, L'oeil de la terre
Rien, en Poésie, ne s'achève. Tout est en route, à jamais.
En d'autres temps, d'autres termes, d'autres élans, la Poésie, comme l'amour,
se réinvente par-delà toute prescription.
Ne sommes-nous pas, en premier lieu, des créatures éminemment poétiques ?
Venues on ne sait d'où, tendues vers quelle extrémité ?
Pétries par le mystère d'un insaisissable destin ?
Situées sur un parcours qui ne cesse de déboucher sur l'imaginaire ?
Animées d'une existence qui nous maintient — comme l'arbre — entre terre et ciel,
entre racines et créations, mémoires et fictions ?
La Poésie demeurera éternellement présente, à l'écoute de l'incommensurable Vie.
Andrée Chedid
La poésie est désuète pour ceux qui sont gavés, mais quand le réel est insupportable,
elle prend la valeur d'une arme de survie.
Boris Cyrulnik, Un merveilleux malheur
Car c'est être poète que regarder la vie et la mort en face,
et réveiller les étoiles dans le néant des cœurs.
Christian Bobin
Poesie oû je vais en aveugle
Quêtant la lumière qui aveugle.
Andre Pieyre de Mandiargues