Vertuchou.over-blog.com
Coups de cœur
Avec de jeunes feuilles
Avec de jeunes feuilles
j'aimerais essuyer
vos gouttes de larme
—— Matsuo Bashõ
[Le poète] aime la terre
[Le poète] aime la terre comme une femme étrangère qu'il enlace une fois et ne revoit jamais plus. La poésie, c'est l'impression d'être toujours en contact avec la mort.
Heinrich Boll
Une nuit, de l'au-delà des ténèbres
Une nuit, de l'au-delà des ténèbres,
comme une étoile, je viendrai vers toi
Sur les ailes du vent coureur du monde,
je viendrai te chercher avec joie.
Comblée de tendresse et d'ivresse,
comme un beau jour d'été,
je t'offrirai une jupe remplie
de tulipes sauvages de la montagne.
Une nuit je frapperai à ta porte.
Ton cœur tremblera dans ta poitrine.
La porte s'ouvrira et mon corps agité
glissera dans tes bras chauds.
Dans ces instants d'ivresse,
tu ne verras plus mes yeux
la moindre trace d'évasion.
Tu ne verras plus mon regard enfantin
se disputer avec la pudeur.
Une nuit, si tu appelles mon nom,
je t'inviterai au pays des rêves
je danserai comme les sirènes
sur les vagues de ton souvenir.
Une nuit, mes lèvres assoiffées brûleront
avec joie dans le feu de tes lèvres.
Mes yeux fixeront leur espoir
sur la destination de ton regard.
Une nuit, de Vénus,
la déesse enchanteresse,
j'apprendrai les jeux de l'amour.
Comme une lumière
née du ventre des ténèbres,
j'allumerai un feu dans ton foyer.
Ô toi, les yeux rivés sur la route !
C'est moi qui viendrai vers toi.
Sur les ailes du vent coureur du monde,
je viendrai te chercher avec joie.
Forough Farrokhzad
Tête de la Vengeance divine
Pour réjouir ton cœur
Pour réjouir ton cœur voici dans mes paumes
Un peu de soleil et un peu de miel,
Selon la loi des abeilles de Perséphone.
Nul ne peut détacher la barque à la dérive,
Nul n’entend l’ombre bottée de fourrure,
Nul ne peut vaincre la peur au bois de la vie.
Il ne nous reste plus que des baisers
Aussi velus que les minces abeilles
Qui meurent, à peine enfuies de leur ruche.
Dans les fourrés de la nuit elles bruissent,
La forêt du Taygète est leur patrie,
Leur pâture le temps, la mélisse et la menthe…
Prends pour réjouir ton cœur mon offrande sauvage,
Ce simple collier sec d’abeilles mortes
Qui ont su changer le miel en soleil !
1920
Ossip Mandelstam
Chérie, ne t’offense pas de ce que je t’ai écrit
Chérie, ne t’offense pas de ce que je t’ai écrit. Tu me remercies du beau nom que je t’ai donné. Oui, ma chérie, c’est un beau nom : « Ma belle fleur sauvage des haies ! Ma fleur bleu-nuit inondée de pluie ! » Tu vois que je suis encore un peu poète. Je te donne aussi un très joli livre en cadeau : et c’est le cadeau d’un poète à la femme qu’il aime. Mais , tout à côté et à l’intérieur de cet amour spirituel que j’ai pour toi, existe aussi un désir sauvage, bestial, de chaque pouce de ton corps, de chacune de ses parties secrètes et honteuses, de chacune de ses odeurs et de ses actions. Mon amour pour toi me permet de prier l’esprit de la beauté et de la tendresse éternelles reflété dans tes yeux ou de te jeter sous moi sur ce ventre que tu as si doux et de te baiser par derrière, comme un porc besognant une truie, me faisant gloire de la sueur empuantie qui monte de ton cul, de la honte étalée que proclament ta robe troussée et tes culottes blanches de petite fille, et de la confusion que disent assez tes joues brûlantes et tes cheveux en bataille
Correspondance de James Joyce à Nora
Les mots de l'amour
Les mots de l'amour il faudrait se contenter de les dire au-dessus de l'eau qui coule, dans le vent au bord de la mer. Qu'ils soient portés loin. L'amour on ne devrait jamais l'enfermer, ni dans les bouches, ni dans les cœurs. C'est trop vaste.
Jeanne Benameur, Profanes
Ni
Ni orient
ni occident
ni nord
ni sud
seulement le lieu où je me trouve
Abbas Kiarostam
/image%2F0674225%2F20220403%2Fob_e5873e_tranparence-photo-by-aurel-bauh-1929.jpg)
/image%2F0674225%2F20220403%2Fob_dda311_pierre-paul-prud-hon-tete-de-la-ve.jpg)