La poésie, c'est le temps
La poésie, c'est le temps durant lequel un homme oublie qu'il va mourir.
Georges Perros, Papiers collés III
Coups de cœur
La poésie, c'est le temps durant lequel un homme oublie qu'il va mourir.
Georges Perros, Papiers collés III
Le vent dans tes cheveux blonds
Le soleil à l'horizon
Quelques mots d'une chanson
Que c'est beau, c'est beau la vie
Un oiseau qui fait la roue
Sur un arbre déjà roux
Et son cri par dessus tout
Le vent dans tes cheveux blonds, le soleil à l'horizon
Quelques mots d'une chanson, que c'est beau, c'est beau la vie
Un oiseau qui fait la roue sur un arbre déjà roux
Et son cri par dessus tout, que c'est beau, c'est beau la vie.
Tout ce qui tremble et palpite, tout ce qui lutte et se bat
Tout ce que j'ai cru trop vite à jamais perdu pour moi
Pouvoir encore regarder, pouvoir encore écouter
Et surtout pouvoir chanter, que c'est beau, c'est beau la vie.
Le jazz ouvert dans la nuit, sa trompette qui nous suit
Dans une rue de Paris, que c'est beau, c'est beau la vie.
La rouge fleur éclatée d'un néon qui fait trembler
Nos deux ombres étonnées, que c'est beau, c'est beau la vie.
Tout ce que j'ai failli perdre, yout ce qui m'est redonné
Aujourd'hui me monte aux lèvres en cette fin de journée
Pouvoir encore partager ma jeunesse, mes idées
Avec l'amour retrouvé, que c'est beau, c'est beau la vie.
Pouvoir encore te parler, pouvoir encore t'embrasser
Te le dire et le chanter, oui c'est beau, c'est beau la vie.
Jean Ferrat
Ouvre les yeux, réveille-toi ;
Ouvre l'oreille, ouvre ta porte :
C'est l'amour qui sonne et c'est moi
Qui te l'apporte.
Ouvre la fenêtre à tes seins ;
Ouvre ton corsage de soie ;
Ouvre ta robe sur tes reins ;
Ouvre qu'on voie !
Ouvre à mon cœur ton cœur trop plein :
J'irai le boire sur ta bouche !
Ouvre ta chemise de lin :
Ouvre qu'on touche !
Ouvre les plis de tes rideaux :
Ouvre ton lit que je t'y traîne :
Il va s'échauffer sous ton dos.
Ouvre l'arène.
Ouvre tes bras pour m'enlacer ;
Ouvre tes seins que je m'y pose ;
Ouvre aux fureurs de mon baiser
Ta lèvre rose !
Ouvre tes jambes, prends mes flancs
Dans ces rondeurs blanches et lisses ;
Ouvre tes genoux tremblants...
Ouvre tes cuisses !
Ouvre tout ce qu'on peut ouvrir :
Dans les chauds trésors de ton ventre
J'inonderai sans me tarir
L'abîme où j'entre.
Edmond Haraucourt, Sire de Chambley
Les poètes n'ont qu'une vie mais ils la vivent plusieurs fois.
Bruno Doucey
Vient le jour où la beauté borde notre chemin.
On se penche sur la vie, et aussitôt
on se relève, le cœur tremblant, plus fort
d’une vérité ainsi effleurée.
Vient le jour où l’on pose la main
sur un visage, et tout devient la clarté de ce visage.
Tout se nourrit du même amour, d’un même rayon de bleu
et boit au même fleuve.
Tout va et vient dans un unique balancement des choses.
Hélène Dorion
Oui, dès l’instant que je vous vis,
Beauté féroce, vous me plûtes ;
De l’amour qu’en vos yeux je pris,
Sur-le-champ vous vous aperçûtes ;
Mais de quel air froid vous reçûtes
Tous les soins que pour vous je pris !
En vain je priai, je gémis :
Dans votre dureté vous sûtes
Mépriser tout ce que je fis.
Même un jour je vous écrivis
Un billet tendre que vous lûtes,
Et je ne sais comment vous pûtes
De sang-froid voir ce que j’y mis.
Ah ! Fallait-il que je vous visse,
Fallait-il que vous me plussiez,
Qu’ingénument je vous le disse,
Qu’avec orgueil vous vous tussiez !
Fallait-il que je vous aimasse,
Que vous me désespérassiez,
Et qu’en vain je m’opiniâtrasse,
Et que je vous idolâtrasse
Pour que vous m’assassinassiez !
Alphonse Allais
J'ai envie de lui dire mon amour et ma reconnaissance, beaucoup de mots se bousculent sur ma langue, mais ils refusent de franchir le seuil de mes lèvres. Il me reste mes bras, alors je tente de faire passer ce message en la serrant contre moi de toutes mes forces.
Mathias Malzieu, la Mécanique du coeur.
Mon âme s’éclaircit
quand je cueille
à la pourpre
de tes lèvres
le murmure
du jour
qui doucement
s’évapore…
Les heures éblouies
se retirent et disparaissent
mais le souvenir
d’un couple amoureux
voyage et s’accomplit
dans le royaume des mondes
loin du rivage
carnivore du temps !...
Victor Varjac
Antibes, 17 février 2000