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Vertuchou.over-blog.com

Alliance

7 Avril 2015, 04:19am

Publié par vertuchou

Dans la nuit blanche
où les étoiles et la lune rivalisent.
Se baignant dans un vide noir ombrageux.

Comme la flamme d’une bougie
Leurs lumières s’enlisent au lointain,
par la poussière prises.
Perdant leur souffle dans l’infini
Là où les âmes et les cœurs sont emprisonnés
dans le tourbillon de l’éternel conquérant.

Comme les vols d’oiseaux et de papillons
sous la vibration des silences, vêtus
d’une robe d’argent protégeant leur envol.

Ils ne retiendront pas leurs cœurs
mais leurs âmes sont aspirées
par la blancheur et le vide.

Dans cette harmonie et
anneau de poussière grise,
Vivant encore dans la grâce.
Perdant leurs
espoirs enveloppés dans un mouchoir
sous le crachin et les orages.

Ils resteront là, sans rumeur et sans chagrin,
contemplant la blancheur de l’espace
Ils se sentiront bien dans ce naufrage.

Écoutant le vent dans sa maturité
sous un ciel blanc et pur.

Ils partiront un matin embarquant sur un
bateau sans voile,
à la rame.
Dans ce lointain qui n’a jamais été soumis
restant enfermé dans cette liberté
Où la naissance des âmes et du blanc
rivalisent.

Alliées avec les vagues d’une mère
couverte de son foulard
aux couleurs d’un triste espoir,
sous une vraie pluie d’étoiles.

Zoran Savic

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Le travail du poète

6 Avril 2015, 04:17am

Publié par vertuchou

Dans l’ombre et l’heure d’aujourd’hui se tient cachée,
ne disant mot, cette ombre d’hier. Tel est le monde.
Nous ne le voyons pas très longtemps : juste assez
pour en garder ce qui scintille et va s’éteindre,
pour appeler encore et encore, et trembler
de ne plus voir. Ainsi s’applique l’appauvri,
comme un homme à genoux qu’on verrait s’efforcer
contre le vent de rassembler son maigre feu

Philippe Jaccottet

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Les séparés

5 Avril 2015, 04:53am

Publié par vertuchou

N'écris pas. Je suis triste, et je voudrais m'éteindre.
Les beaux étés sans toi, c'est la nuit sans flambeau.
J'ai refermé mes bras qui ne peuvent t'atteindre,
Et frapper à mon cœur, c'est frapper au tombeau.
N'écris pas !

N'écris pas. N'apprenons qu'à mourir à nous-mêmes.
Ne demande qu'à Dieu... qu'à toi, si je t'aimais !
Au fond de ton absence écouter que tu m'aimes,
C'est entendre le ciel sans y monter jamais.
N'écris pas !

N'écris pas. Je te crains ; j'ai peur de ma mémoire ;
Elle a gardé ta voix qui m'appelle souvent.
Ne montre pas l'eau vive à qui ne peut la boire.
Une chère écriture est un portrait vivant.
N'écris pas !

N'écris pas ces doux mots que je n'ose plus lire :
Il semble que ta voix les répand sur mon cœur ;
Que je les vois brûler à travers ton sourire ;
Il semble qu'un baiser les empreint sur mon cœur.
N'écris pas !

Marceline Desbordes-Valmore

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Hey Joe

4 Avril 2015, 04:41am

Publié par vertuchou

Michael Burks - Hey Joe 2001

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les iris

3 Avril 2015, 04:54am

Publié par vertuchou

Des iris bleus, des iris jaunes
Timides s’ouvrent sous les aulnes.

Ils paraissent tout étonnés
Un matin d’avril d’être nés.

Ces fleurs honteuses d’être nues
Ont les frayeurs des ingénues.

Le vol léger d’un gai pinson
Leur fait passer un lent frisson.

Contre les brises matinales
Elles raidissent leurs pétales.

Une jeune fille en passant
Coupe les iris et les sent,

Les lie avec un soin extrême
En murmurant un nom qu’elle aime.

Jacques-Marie Rougé

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Ses bras sont un aimant

2 Avril 2015, 04:47am

Publié par vertuchou

Ses bras sont un aimant qui m’attire, et son baiser sur mon front

me fait entrer dans un monde où je respire, où j’existe autrement

que dans celui-ci.

George Sand, Consuelo

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Art poétique

1 Avril 2015, 04:57am

Publié par vertuchou

Si j’écris, c’est disons pour ouvrir une porte.

Le chant
Peut être silence.

Ce que je crois ne pas savoir,
Ce que je n’ai pas en mémoire,
C’est le plus souvent ce que j’écris dans mes poèmes.

Et si le poème
Était une bougie
Qui se consumerait sans jamais s’épuiser ?

Quand un poème t’arrive,
Tu ne sais d’où ni pourquoi, c’est comme si un oiseau
Venait se poser dans ta main …

Le poème s’enracine dans ce qu’il devient.

Eugène Guillevic

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Sans titre

31 Mars 2015, 04:44am

Publié par vertuchou

Anonyme, Sans titre, vers 1930

Anonyme, Sans titre, vers 1930

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Virgilianes XI

30 Mars 2015, 04:42am

Publié par vertuchou

sommes-nous
cette fable
que notre corps
raconte

sommes-nous
le mot de l'énigme

un presque vivre
ou un presque mourir

quelque chose d'étrange
entre Dieu et poussière

sommeil
comme désert
ou village
sous la neige

Raymond Farina

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Le plus difficile, pour le poète

29 Mars 2015, 04:40am

Publié par vertuchou

« Le plus difficile, pour le poète, c’est de rester continuellement

sur ce fil qu’est l’écriture, de vivre chaque heure de sa vie

à hauteur du rêve, de ne jamais redescendre,

ne serait-ce qu’un instant, de la corde de son imaginaire.

En vérité, le plus difficile, c’est de devenir un funambule du verbe. »

Maxence Fermine, Neige

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