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Coups de cœur
La bouche
Ni sa pensée, en vol vers moi par tant de lieues,
Ni le rayon qui court sur son front de lumière,
Ni sa beauté de jeune dieu qui la première
Me tenta, ni ses yeux - ces deux caresses bleues;
Ni son cou ni ses bras, ne rien de ce qu'on touche,
Ni rien de ce qu'on voit de lui ne vaut sa bouche
Où l'on meurt de plaisir et qui s'acharne à mordre,
Sa bouche de fraîcheur, de délices, de flamme,
Fleur de volupté, de luxure et de désordre,
Qui vous vide le cœur et vous boit jusqu'à l'âme...
Marie Nizet
Les intuitions des poètes
Les intuitions des poètes sont les aventures oubliées de Dieu.
Elias Canetti
Quoi qu'il arrive avec nous
Quoi qu'il arrive avec nous, ton corps
hantera le mien - tendre, délicat
tes ébats, comme la fronde à demi frisée
de la fougère fougère dans les forêts
juste lavé par le soleil. Tes cuisses généreuses et parcourues
entre lesquels tout mon visage est venu et est venu—
l'innocence et la sagesse du lieu que ma langue y a trouvé -
la danse vivante et insatiable de tes mamelons dans ma bouche—
ton toucher sur moi, ferme, protecteur, cherchant
moi, ta langue forte et tes doigts fins
arriver là où je t'avais attendu des années
dans ma grotte humide de roses - quoi qu'il arrive, ça l'est.
Adrienne Rich
Für Elise
Qu'ai-je besoin...
Qu'ai-je besoin de lire un livre
Sous cette lampe aux reflets verts ?
Immobile, je me sens vivre.
Je suis seule avec l'univers.
Puisqu'on dit de Dieu qu'il existe,
Pourquoi, moi, ne suis-je pas lui,
Et lui pas moi ? Comme c'est triste
D'être humain au fond de la nuit !
Oh ! vas-tu donc toujours te taire,
Sphinx que j'interroge ? (Et j'ai tort.)
Si les chiens hurlent à la mort,
Moi, sans fin, je hurle au mystère.
Lucie Delarue-Mardrus
Lorsqu'une femme m'attire vraiment
Lorsqu'une femme m'attire vraiment, je deviens timide, empotée, sans voix, et si par malheur je m'élance, c'est comme un enfant qui saute du du plu haut plongeoir : en se bouchant les les yeux et les oreilles. Ce n'est pas une tactique calculée. C'est de la timidité.... La plupart du temps, je n'ose faire un premier pas que si l'autre m'encourage d'un regard, d'un geste
Elula Perrin, Les femmes préfèrent les femmes.
Combien de toi as-tu été ?
Combien de toi as-tu été ?
Combien, bien en rang à l'intérieur, chacune tuant celle d'avant ?
Combien de fois t'es-tu
Vue changer,
T'es-tu sentie te fendre en deux ?
Quand est-ce que ça arrive ? Là, maintenant ?
Ou plutôt quand tu regardes en arrière et dis
- c'est à ce moment-là qu'a commencé mon changement ?
Combien de toi vas-tu porter,
Pleurant, voulant à tout prix se marier ?
Combien de toi vas-tu pondre à la chaîne ?
Éteins la lumière pour la nuit.
Kae Tempest
Leichtgesinnte Flattergeister
Soit, Je Suis Votre Fée
Soit, je suis votre fée et votre Béatrice,
Votre Ariel dansant pareil au pur-esprit,
La muse blanche auprès de l'anxieux proscrit
Lui posant son baiser au front pour qu'il guérisse.
Soit, je suis Cléopâtre aux yeux d'impératrice,
Celle pour qui l'on meurt et pour qui l'on écrit,
Et je suis la bacchante échappée et qui rit
Ou l'amante sans voix damnée et tentatrice.
Soit, mon ami d'amour, je suis, entre tes bras,
Convoitée, adorée, et haïe et chérie,
Le motif de ton rêve et ton idolâtrie,
Tout ce que l'on possède et tout ce qu'on n'a pas;
- Mais ces choses, vois-tu, c'est bien moins qu'une femme,
Avec son cœur, avec sa chair, avec son âme.
Jane Catulle Mendès.
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