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Coups de cœur
Soit, Je Suis Votre Fée
Soit, je suis votre fée et votre Béatrice,
Votre Ariel dansant pareil au pur-esprit,
La muse blanche auprès de l'anxieux proscrit
Lui posant son baiser au front pour qu'il guérisse.
Soit, je suis Cléopâtre aux yeux d'impératrice,
Celle pour qui l'on meurt et pour qui l'on écrit,
Et je suis la bacchante échappée et qui rit
Ou l'amante sans voix damnée et tentatrice.
Soit, mon ami d'amour, je suis, entre tes bras,
Convoitée, adorée, et haïe et chérie,
Le motif de ton rêve et ton idolâtrie,
Tout ce que l'on possède et tout ce qu'on n'a pas;
- Mais ces choses, vois-tu, c'est bien moins qu'une femme,
Avec son cœur, avec sa chair, avec son âme.
Jane Catulle Mendès.
La poésie est la mathématique
La poésie est la mathématique de toutes les écritures.
Louis Aragon
Tristesse d’une étoile
Une belle Minerve est l’enfant de ma tête
Une étoile de sang me couronne à jamais
La raison est au fond et le ciel au faîte
Du chef où dès longtemps Déesse tu t’armais
C’est pourquoi de mes maux ce n’était pas le pire
Ce trou presque mortel qui s’est étoilé
Mais le secret malheur qui nourrit mon délire
Est bien plus grand qu’aucune âme ait jamais celé
Et je porte avec moi cette ardente souffrance
Comme le ver luisant tient son corps enflammé
Comme au cœur du soldat il palpite la France
Et comme au cœur du lys le pollen parfumé
Guillaume Apollinaire
Etude
Toujours je me soulèverai / Still I Rise
Vous aurez beau m'écrire dans vos livres d'histoire,
Tordre d'amers mensonges la vérité,
Vous aurez beau m'écraser dans la boue,
Comme la poussière, toujours, je me soulèverai.
C'est mon impertinence qui vous perturbe ?
Pourquoi cette détresse dans vos regards ?
Je sais pourquoi. J'avance comme si j'avais
Un puits de pétrole dans mon placard.
Comme les lunes, comme certains soleils,
Avec la certitude des marées,
Comme l'espérance qui jaillit jusqu'au ciel,
Toujours je me soulèverai.
Vous auriez voulu me voir dévastée ?
Tête penchée, les yeux baissés,
Les épaules tombantes comme des larmes,
L'âme sanglotant, affaissée ?
C'est ma fierté que vous fait offense ?
Ne vous inquiétez pas, c'est rien,
Je sais pourquoi. Je ris comme si j'avais
Des mines d'or au fond de mon jardin.
Fusillez-moi de mots,
Laissez vos regards me trancher,
Vos haines me tuer.
Comme le vent, toujours je me soulèverai.
Je suis sexy. C'est ça qui vous perturbe ?
C'est une surprise
Quand je danse comme si j'avais des diamants
Entre les cuisses ?
Je sors des huttes de la honte de l'histoire
Je me soulève
De ce passé planté dans la souffrance,
Je me soulève
Je suis l'océan noir, bondissant, élancé,
Là où ça enfle et gonfle je force les marées
Laissant derrière des nuits d'effroi et de terreur
Je me soulève
Vers une aurore merveilleuse limpide
Je me soulève
Apportant les cadeaux confiés par mes ancêtres
Je suis le rêve et l'espoir de l'esclave
Je me soulève
Je me soulève
Je me soulève.
Maya Angelou
Tina saisit la bouteille de tequila
Tina saisit la bouteille de tequila, en avale une rasade et, à son tour, abreuve Alex à sa source. Avide et gourmande, celle-ci se laisse déguster, posséder, dévaster. Tina ne quitte plus sa bouche. Dévergondée, elle s’immisce plus profondément encore. Sa langue de velours roule sur son palais, glisse entre ses lèvres comme sur un fruit mûr, attaque, pointe, se répand en elle. Ses mains douces et fermes s’agitent, courent du front d’Alex jusque sur son ventre sans jamais se décider. Alex supplie, offerte, et implore son amour de bourreau. Tina jubile. Elle rêve de cet instant depuis le début,
Axelle Mallet, Retour de flammes.
Les loups sont entrés dans Paris
Et si c'était une nuit
Comme on n'en connut pas depuis
Depuis cent mille nuits
Une nuit de fer, une nuit de sang
Une nuit, un chien hurle
Regardez bien, gens de Denfert, regardez-le
Sous son manteau de bronze vert
Le lion, le lion tremblez
Les hommes avaient perdu le goût
De vivre, et se foutaient de tout
Leurs mères, leurs frangins, leurs nanas
Pour eux, c'était qu'du cinéma
Le ciel redevenait sauvage
Le béton bouffait l'paysage, d'alors
Les loups, ouh-ouh, ouh-ouuh
Les loups étaient loin de Paris
En Croatie, en Germanie
Les loups étaient loin de Paris
J'aimais ton rire, charmante Elvire
Les loups étaient loin de Paris
Mais ça fait ces cinquante lieues
Dans une nuit à queue leu leu
Dès que ça flaire une ripaille
De morts sur un champ de bataille
Dès que la peur hante les rues
Les loups s'en viennent la nuit venue, alors
Les loups, ouh-ouh, ouh-ouuh
Les loups ont regardé vers Paris
De Croatie, de Germanie
Les loups ont regardé vers Paris
Tu peux sourire, charmante Elvire
Les loups regardent vers Paris
Et v'là qu'il fit un rude hiver
Cent congestions en fait divers
Volets clos, on claquait des dents
Même dans les beaux arrondissements
Et personne n'osait plus le soir
Affronter la neige des boulevards, alors
Deux loups, ouh-ouh, ouh-ouuh
Deux loups sont entrés dans Paris
L'un par Issy, l'autre par Ivry
Deux loups sont entrés dans Paris
Oh, tu peux rire, charmante Elvire
Deux loups sont entrés dans Paris
Le premier n'avait plus qu'un œil
C'était un vieux mâle de Krivoï
Il installa ses dix femelles
Dans le maigre square de Grenelle
Et nourrit ses deux cents petits
Avec les enfants de Passy, alors
Cent loups, ouh-ouh, ouh-ouuh
Cent loups sont entrés dans Paris
Soit par Issy, soit par Ivry
Cent loups sont entrés dans Paris
Cessez de rire, charmante Elvire
Cent loups sont entrés dans Paris
Le deuxième n´avait que trois pattes
C´était un loup gris des Carpates
Qu´on appelait Carêm´-Prenant
Il fit faire gras à ses enfants
Et leur offrit six ministères
Et tous les gardiens des fourrières... alors
Les loups ououh! ououououh!
Les loups ont envahi Paris
Soit par Issy, soit par Ivry
Les loups ont envahi Paris
Cessez de rire, charmante Elvire
Les loups ont envahi Paris.
Attirés par l´odeur du sang
Il en vint des mille et des cents
Faire carouss´, liesse et bombance
Dans ce foutu pays de France
Jusqu´à c´que les hommes aient retrouvé
L´amour et la fraternité.... alors
Les loups ououh! ououououh!
Les loups sont sortis de Paris
Soit par Issy, soit par Ivry
Les loups sont sortis de Paris
J'aime ton rire, charmante Elvire
Les loups sont sortis de Paris
J´aime ton rire, charmante Elvire
Les loups sont sortis de Paris...
Auteur : Albert Vidalie
Compositeur : Louis Bessières
Interprète : Serge Réggiani
Cielo Campesino
Lendemain
Hé bien ! j’ai triomphé, l’on m’a fort applaudie,
J’ai su rire, chanter, jouer la comédie,
Être jeune une fois et répondre à chacun,
Sur son salut banal, un autre lieu commun.
L’éclair à la prunelle et le rose à la joue,
Hé bien ! c’est vrai, j’ai fait tout cela, je l’avoue.
Et cependant, malgré tant de sérénité,
De mouvement, de bruit, de plaisir, de gaîté,
Malgré tous les amis dont j’étais entourée,
Comme le flux montant de la grosse marée,
J’écoutais, je sentais, à ce même moment,
Aux portes de mon coeur gronder incessamment
Les flots graves et sourds de mes larmes anciennes.
Un seul s’en est douté, quand, mes mains dans les siennes,
Il a jeté sur moi son beau regard profond,
Et, d’un coup d’oeil rapide, a plongé jusqu’au fond.
Pour tous les autres, non ! de l’angoisse soufferte
Ils n’ont rien deviné. Moi, toujours vive, alerte,
J’allais et je venais de plus en plus gaîment.
Puis, lorsqu’ils sont partis, tous m’ont fait compliment
Sur l’exquis naturel et la verve étourdie
Avec lesquels j’avais joué la comédie
Louisa Siefert
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