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L'empreinte

17 Avril 2024, 01:05am

Publié par vertuchou

Je m'appuierai si bien et si fort à la vie,
D'une si rude étreinte et d'un tel serrement
Qu'avant que la douceur du jour me soit ravie
Elle s'échauffera de mon enlacement.
La mer abondamment sur le monde étalée
Gardera dans la route errante de son eau
Le goût de ma douleur qui est âcre et salée
Et sur les jours mouvants roule comme un bateau.
Je laisserai de moi dans le pli des collines
La chaleur de mes yeux qui les ont vu fleurir,
Et la cigale assise aux branches de l'épine
Fera vibrer le cri strident de mon désir.
Dans les champs printaniers la verdure nouvelle
Et le gazon touffu sur le bord des fossés
Sentiront palpiter et fuir comme des ailes
Les ombres de mes mains qui les ont tant pressés.
La nature qui fut ma joie et mon domaine
Respirera dans l'air ma persistante ardeur,
Et sur l'abattement de la tristesse humaine
Je laisserai la forme unique de mon cœur.
 
Anne de Noailles

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La poésie n'est donc pas un luxe

16 Avril 2024, 01:01am

Publié par vertuchou

La poésie n'est donc pas un luxe ou un amusement, mais une nécessité, au même titre que l'amour. Tous les besoins, même les plus urgents, sont subordonnés à ces deux qui sont en fin de compte les deux aspects d’une même énergie primordiale qui donne à la vie son véritable sens. Se passer de poésie équivaudrait à renoncer à la vie.

Aldo Pellegrini

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Sonate pour violon en mi mineur BWV 1023

15 Avril 2024, 01:03am

Publié par vertuchou

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A une mendiante rousse

14 Avril 2024, 01:29am

Publié par vertuchou

Blanche fille aux cheveux roux,
Dont la robe par ses trous
Laisse voir la pauvreté
Et la beauté,

Pour moi, poète chétif,
Ton jeune corps maladif,
Plein de taches de rousseur,
A sa douceur.

Tu portes plus galamment
Qu'une reine de roman
Ses cothurnes de velours
Tes sabots lourds.

Au lieu d'un haillon trop court,
Qu'un superbe habit de cour
Traîne à plis bruyants et longs
Sur tes talons ;

En place de bas troués,
Que pour les yeux des roués
Sur ta jambe un poignard d'or
Reluise encor ;

Que des noeuds mal attachés
Dévoilent pour nos péchés
Tes deux beaux seins, radieux
Comme des yeux ;

Que pour te déshabiller
Tes bras se fassent prier
Et chassent à coups mutins
Les doigts lutins,

Perles de la plus belle eau,
Sonnets de maître Belleau
Par tes galants mis aux fers
Sans cesse offerts,

Valetaille de rimeurs
Te dédiant leurs primeurs
Et contemplant ton soulier
Sous l'escalier,

Maint page épris du hasard,
Maint seigneur et maint Ronsard
Épieraient pour le déduit
Ton frais réduit !

Tu compterais dans tes lits
Plus de baisers que de lis
Et rangerais sous tes lois
Plus d'un Valois !

- Cependant tu vas gueusant
Quelque vieux débris gisant
Au seuil de quelque Véfour
De carrefour ;

Tu vas lorgnant en dessous
Des bijoux de vingt-neuf sous
Dont je ne puis, oh ! pardon !
Te faire don.

Va donc ! sans autre ornement,
Parfum, perles, diamant,
Que ta maigre nudité,
Ô ma beauté !

Charles Baudelaire

 

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Elle pose ses mains

13 Avril 2024, 01:55am

Publié par vertuchou

Elle pose ses mains de chaque côté de mon visage et la pièce s'effondre. Je ne me suis jamais autant perdu dans un baiser auparavant.

Et puis, l’espace entre nous explose. Mon cœur manque constamment de battements et mes mains ne peuvent pas la rapprocher suffisamment de moi. Je la goûte et réalise que je suis affamé.

J'ai déjà aimé, mais ce n'était pas comme ça.

J'ai déjà embrassé auparavant, mais cela ne m'a pas brûlé vif.

Peut-être que ça dure une minute, et peut-être une heure. Tout ce que je sais, c'est ce baiser, et combien sa peau est douce lorsqu'elle effleure la mienne, et que même si je ne le savais pas jusqu'à présent, j'attends cette personne depuis toujours.

Jodi Lynn Picoult

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Soleil dérisoire

12 Avril 2024, 01:56am

Publié par vertuchou

Soleil jaune au poing
Elle s'appelle Liberté
On l'a placée sur la plus haute montagne
Qui regarde la ville
Et les pigeons gris l'ont souillée
Jour après jour
Changée en pierre
Les plis de son manteau sont immobiles
Et ses yeux sont aveugles
Sur sa tête superbe une couronne d'épines et de fiente

Elle règne sur un peuple de tournesols amers
Agités par le vent des terrains vagues
Tandis qu'au loin la ville fumante
Se retourne sur son aire
Et rajuste les chaînes aux chevilles des esclaves.

Anne Hébert

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Une ouvrière agricole tirant du lin dans une ferme de Yeovil, Somerset, Angleterre

11 Avril 2024, 01:05am

Publié par vertuchou

Horace W. Nicholls,  Une ouvrière agricole tirant du lin dans une ferme de Yeovil, Somerset, Angleterre, vers 1915.jpg_ ca. 1915.jpg

Horace W. Nicholls, Une ouvrière agricole tirant du lin dans une ferme de Yeovil, Somerset, Angleterre, vers 1915.jpg_ ca. 1915.jpg

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Choses dont je me souviens

10 Avril 2024, 01:27am

Publié par vertuchou

Dernier rêve de voyage
Je me réveille au chant des oiseaux
La pluie d’hier a fait place au soleil
Au sommet de la montagne
Le pin se hâte
De se refléter
Dans la lumière naissante.

Natsumé Sôseki

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La poésie c’est le luxe

9 Avril 2024, 01:00am

Publié par vertuchou

La poésie c’est le luxe de l’inaccoutumance, seule l’inertie est menaçante. 

Saint-John Perse

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Vous ne connaissez pas

8 Avril 2024, 01:37am

Publié par vertuchou

Vous ne connaissez pas mon visage de nuit
Mes yeux tels des chevaux fous d'espace
Ma bouche bariolée de sang inconnu
Ma peau
Mes doigts poteaux indicateurs perlés de plaisir
Guideront vos cils vers mes oreilles mes omoplates
Vers la campagne ouverte de ma chair
Les gradins de mes côtes se resserrent à l'idée
Que votre voix pourrait remplir ma gorge
Que vos yeux pourraient sourire
Vous ne connaissez pas la pâleur de mes épaules
La nuit
Quand les flammes hallucinantes des cauchemars réclament le silence
et que les murs mous de la réalité s'étreignent
Vous ne savez pas que les parfums de mes journées meurent sur ma langue
Quand viennent les malins aux couteaux flottants
Que seul reste mon amour hautain
Quand je m'enfonce dans la boue de la nuit.

Joyce Mansour

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