Là
Là
Tout simplement
Sous la neige qui tombe.
Kobayashi Issa
Coups de cœur
Là
Tout simplement
Sous la neige qui tombe.
Kobayashi Issa
La poésie n'est pas un jeu, mais un moyen de haute connaissance.
Henri Bosco
Il y a des bruits de silence
Et des silences faisant du bruit
Des bruits de l'absence
Une absence à la vie
Du bruit sans présence
Une présence de bruit
Qui dansent l'absence
De ce qui manque à la vie
Et des absences de présences
Qui au coeur font du bruit
Un bruit en silence
Qui de sa présence
Est une torture à la vie
Dont le coeur souffre en silence
Alors on fait du bruit
Pour ignorer la sentence
De devoir se passer de la présence
De ce qui manque de celle ci
Il y a des bruits de silence
Qui en silence font un drôle de bruit
Celui d'un coquelicot de la vie
Faisant de sa présence
Un bruit quand ses amis
Lui demande l’allégeance
D'en faire assez en silence
Dans l'ombre d'un bruit
Celle de la lumière d'une discrétion amie
Lou Mishel
La mer est grise, calme, immense,
L'oeil vainement en fait le tour.
Rien ne finit, rien ne commence
Ce n'est ni la nuit, ni le jour.
Point de lame à frange d'écume,
Point d'étoiles au fond de l'air.
Rien ne s'éteint, rien ne s'allume
L'espace n'est ni noir, ni clair.
Albatros, pétrels aux cris rudes,
Marsouins, souffleurs, tout a fui.
Sur les tranquilles solitudes
Plane un vague et profond ennui.
Nulle rumeur, pas une haleine.
La lourde coque au lent roulis
Hors de l'eau terne montre à peine
Le cuivre de ses flancs polis ;
Et, le long des cages à poules,
Les hommes de quart, sans rien voir,
Regardent, en songeant, les houles
Monter, descendre et se mouvoir.
Mais, vers l'Est, une lueur blanche,
Comme une cendre au vol léger
Qui par nappes fines s'épanche,
De l'horizon semble émerger.
Elle nage, pleut, se disperse,
S'épanouit de toute part,
Tourbillonne, retombe, et verse
Son diaphane et doux brouillard.
Un feu pâle luit et déferle,
La mer frémit, s'ouvre un moment,
Et, dans le ciel couleur de perle,
La lune monte lentement.
Charles-Marie Leconte de Lisle
Vous ne saurez jamais
Que j'emporte votre âme
Comme une lampe d'or qui m'éclaire en marchant
Qu'un peu de votre voix
A passé dans mon chant
Marguerite Yourcenar
Partir
corps et âme
partir.
Partir
se défaire des regards
pierres qui oppriment
qui dorment dans la gorge.
Je vais partir
plus d’inertie sous le soleil
plus de sang anéanti
ne plus faire la queue pour mourir.
Je vais partir
Mais fonce, voyageuse !
*
Partir
en cuerpo y alma
partir.
Partir
deshacerse de las miradas
piedras opresoras
que duermen en la garganta.
He de partir
no más inercia bajo el sol
no más sangre anonadada
no más formar fila para morir.
He de partir
Pero arremete, ¡viajera!
Alejandra Pizarnik
Quand,
Des rigoles au coin des yeux
On goûtera l’absence
Des jours heureux
On s’en ira manger
Des madeleines
Aux éclats
De rire
Chocolat
Et on ira nager
Dans le souvenir
D’un thé
Sucré
On retrouvera
Les miettes du passé
Dans le marc sombre
D’un café
Et on ira noyer
Les tasses dans l’évier.
Clémentine Bridoux
La véritable poésie peut communiquer avant d'être comprise.
Thomas Stearns Eliot