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Coups de cœur
L'extase d'un baiser
Au point que j'expirais, tu m'as rendu le jour
Baiser, dont jusqu'au coeur le sentiment me touche,
Enfant délicieux de la plus belle bouche
Qui jamais prononça les Oracles d'Amour.
Mais tout mon sang s'altère, une brûlante fièvre
Me ravit la couleur et m'ôte la raison ;
Cieux ! j'ai pris à la fois sur cette belle lèvre
D'un céleste Nectar et d'un mortel poison.
Ah ! mon Ame s'envole en ce transport de joie !
Ce gage de salut, dans la tombe m'envoie ;
C'est fait ! je n'en puis plus, Élise je me meurs.
Ce baiser est un sceau par qui ma vie est close :
Et comme on peut trouver un serpent sous des fleurs,
J'ai rencontré ma mort sur un bouton de rose.
François Tristan L'Hermite
Sais-tu si nous sommes encore loin de la mer ?
L’enfant buissonnier charmeur de sauterelles
couché à la perpendiculaire de la canicule blanc-bleu
l’ébouriffé à plat vendre sur l’été-feu du causse
colle l’oreille à la tête étouffée d’août
au-dessus de la dalle quaternaire sous les couches du temps
L’enfant curieux écoute aux portes de la terre…
L’enfant dort La sauterelle saute
L’eau chuchote très loin
Sais-tu si nous sommes encore loin de la mer ?
Claude Roy
Sonate en ut majeur, Kk. 132
Ô toi qui vas à Gao
Ô toi qui vas à Gao,
fais un détour vers Tombouctou :
murmure mon nom à tes amis,
et porte le salut parfumé de l'exilé
qui soupire après le sol,
où résident ses amis, sa faille, ses voisins.
Ahmad Baba
Mes paumes se posent sur son cou
Mes paumes se posent sur son cou, nos visages se rapprochent, nos lèvres se joignent. En une seconde, j'apprends ce que c'est l'éternité. Il me semble que plus rien n'est en mesure de ne résister.
Didier Daeninckx, Galadio.
Je suis toutes les jeunes filles
Je suis toutes les jeunes filles qui volent au-dessus des herbes.
Les prairies crépitent d’élytres, de graines et d’épis tranchants,
elles parfument et brûlent, elles guérissent, elles donnent la mort.
Je serai pour toi, l’unique. Je serai ton amour car tu es mon Amour.
Avant toi il n’y eut personne, après toi, il n’y aura que la Mort.
De tout temps je t’ai connu et je ne le savais pas. Maintenant je sais.
Je n’ai pas trouvé de mots pour te parler, tu n’as pas inventé de mots
pour m’aimer. Mais il a suffi d’un regard.
Nous nous sommes vus et nous avons souri.
Il n’y eut qu’une vision, un seul sourire.
Stéphanie Corinna Bille
Portrait d'une femme inconnue
La feuille
— De ta tige détachée,
Pauvre feuille desséchée,
Où vas-tu ? — Je n'en sais rien.
L'orage a frappé le chêne
Qui seul était mon soutien.
De son inconstante haleine,
Le zéphyr ou l'aquilon
Depuis ce jour me promène
De la forêt à la plaine,
De la montagne au vallon.
Je vais où le vent me mène.
Sans me plaindre ou m'effrayer,
Je vais où va toute chose,
Où va la feuille de rose
Et la feuille de laurier.
Antoine-Vincent Arnault
Le poème
Le poème
Nous met au monde
-- Eugène Guillevic
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