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L’ombre des anges

6 Décembre 2012, 05:51am

Publié par vertuchou

Je traverserai les villes
J’emporterai ta voix
J’irai chercher le feu dans le ciel
Et le vent dans nos voiles
Quand l’ombre des nuages
Démasquera nos souffles
Nous volerons sereins
Par les chemins du sort
Et nos songes en fuite
Eviteront les gouffres
Pour balayer ensuite
Les traces de nos morts
Je traverserai les villes
J’emporterai ta voix
J’irai chercher le feu dans le ciel
Et le vent dans nos voiles
Une étoile se repose

Dès qu’un ange s’endort…

Isaac Lerutan

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La poésie se dérobe à toute définition

5 Décembre 2012, 05:05am

Publié par vertuchou

La poésie se dérobe à toute définition…

Son objet n’existe que dans le travail même qu’elle accomplit,

tel une cible mouvante que chaque poème localise à sa façon sans l’atteindre jamais.

 

 

Jean-Michel Maulpoix

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La carte du tendre

4 Décembre 2012, 05:31am

Publié par vertuchou

Le long du fleuve qui remonte

Par les rives de la rencontre

Aux sources d'émerveillement

On voit dans le jour qui se lève

S'ouvrir tout un pays de rêve

Le tendre pays des amants

On part avec le cœur qui tremble

Du bonheur de partir ensemble

Sans savoir ce qui nous attend

Ainsi commence le voyage

Semé d'écueils et de mirages

De l'amour et de ses tourments

 

Quelques torrents de médisance

Viennent déchirer le silence

Essayant de tout emporter

Et puis on risque le naufrage

Lorsque le vent vous mène au large

Des îles d'infidélité

Plus loin le courant vous emporte

Vers les rochers de la discorde

Et du mal à se supporter

Enfin la terre se dénude

C'est le désert de l'habitude

L'ennui y a tout dévasté

 

Quand la route paraît trop longue

Il y a l'escale du mensonge

L'auberge de la jalousie

On y déjeune de rancune

Et l'on s'enivre d'amertume

L'orgueil vous y tient compagnie

Mais quand tout semble à la dérive

Le fleuve roule son eau vive

Et l'on repart à l'infini

Où l'on découvre au bord du Tendre

Le jardin où l'on peut s'étendre

 

Georges Moustaki

 

 

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La mousse de sa peau

3 Décembre 2012, 05:01am

Publié par vertuchou

Les jeunes filles dans l'ancienne Arabie
étaient souvent enterrés vivantes à côté de leur père défunt,
apparemment comme un sacrifice aux déesses des tribus ...
Harold Feldman, “Les enfants du désert”
Psychoanalysis and Psychoanalytic Review, Fall 1958

Il était seulement important
de sourire et rester immobile
de se coucher à côté de lui
et se reposer un moment
de se replier ensemble
comme si nous étions de la soie
de se détourner des yeux de mère
et ne pas parler.
La chambre noire nous a pris
comme une caverne ou une bouche
ou un ventre intérieur.
Je retenais mon souffle

et papa était là,
ses pouces, son gros crâne,
ses dents, ses cheveux poussant
comme un champ ou un châle.
Je m'allonge contre la mousse
de sa peau  jusqu'à ce que
ça devienne étrange. Mes sœurs
ne sauront jamais que je tombe
hors de moi et fais semblant de croire
qu'Allah ne verra pas
comment je tiens mon papa,
comme un vieil arbre de pierre.

 

Anne Sexton

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Sérénade

2 Décembre 2012, 05:53am

Publié par vertuchou

Comme la voix d’un mort qui chanterait
Du fond de sa fosse,
Maîtresse, entends monter vers ton retrait
Ma voix aigre et fausse.

Ouvre ton âme et ton oreille au son
De ma mandoline :
Pour toi j’ai fait, pour toi, cette chanson
Cruelle et câline.

Je chanterai tes yeux d’or et d’onyx
Purs de toutes ombres,
Puis le Léthé de ton sein, puis le Styx
De tes cheveux sombres.

Comme la voix d’un mort qui chanterait
Du fond de sa fosse,
Maîtresse, entends monter vers ton retrait
Ma voix aigre et fausse.

 


Puis je louerai beaucoup, comme il convient,
Cette chair bénie
Dont le parfum opulent me revient
Les nuits d’insomnie.

Et pour finir, je dirai le baiser
De ta lèvre rouge,
Et ta douceur à me martyriser,
— Mon Ange ! — ma Gouge !

Ouvre ton âme et ton oreille au son
De ma mandoline :
Pour toi j’ai fait, pour toi, cette chanson
Cruelle et câline.

 

Paul Verlaine

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Stan Getz et Chet Baker

1 Décembre 2012, 05:46am

Publié par vertuchou

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Qu'est-ce qu'un poète ?

30 Novembre 2012, 05:26am

Publié par vertuchou

Qu'est-ce qu'un poète ? Un homme malheureux qui cache en son coeur

de profonds tourments mais dont les lèvres sont ainsi disposées

que le soupir et le cri, en s'y répandant,

produisent d'harmonieux accents.


 Søren Aabye Kierkegaard

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Poinciana

29 Novembre 2012, 05:20am

Publié par vertuchou

 

 

Poinciana

(la chanson de l'arbre)

Nat Simon


interprété par

 Ahmad Jamal (piano),

James Cammack (contrebasse),

Idris Muhammad (batterie)

 

Extrait de l'émission "Happy birthday Jazz in Marciac" sur ARTE :

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Moritura

28 Novembre 2012, 05:08am

Publié par vertuchou

Dans la terre torride une plante exotique,
Penchante, résignée : éclos hors de saison,
Deux boutons fléchissaient, l'air grave et mystique ; 
La sève n'était plus pour elle qu'un poison.
Et je sentais pourtant de la fleur accablée
S'évaporer l'effluve âcre d'un parfum lourd,
Mes artères battaient, ma poitrine troublée
Haletait, mon regard se voilait, j'étais sourd.
Dans la chambre, autre fleur, une femme très pâle,
Les mains lasses, la tête appuyée aux coussins.
Elle s'abandonnait ; un insensible râle
Soulevait tristement la langueur  de ses seins.
Mais ses cheveux tombant en innombrables boucles
Ondulaient sinueux comme un large flot noir
Et ses grands yeux brillaient  du feu des escarboucles
Comme un double fanal dans la brume du soir.
Les cheveux m'envoyaient des odeurs énervantes ,
Pareilles à l'éther qu'aspire un patient,
Je perdais peu à peu de mes forces vivantes
Et les yeux transperçaient mon cœur inconscient.


Rémy de Gourmont

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La Cage vide

27 Novembre 2012, 05:17am

Publié par vertuchou

 

J'ai raté
le livre de ma vie
une nuit
qu'on avait oublié
de mettre un crayon taillé
à côté de mon lit.

 

Lise Deharme

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