Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Vertuchou.over-blog.com

Untitled (Yellow Sun with Planets)

6 Septembre 2014, 04:51am

Publié par vertuchou

Alexandre Calder (1898-1976), Untitled (Yellow Sun with Planets), lithographie

Alexandre Calder (1898-1976), Untitled (Yellow Sun with Planets), lithographie

Voir les commentaires

C'est l'extase langoureuse

5 Septembre 2014, 05:49am

Publié par vertuchou

C'est l'extase langoureuse,
C'est la fatigue amoureuse,
C'est tous les frissons des bois
Parmi l'étreinte des brises,
C'est, vers les ramures grises,
Le choeur des petites voix.

O le frêle et frais murmure !
Cela gazouille et susurre,
Cela ressemble au cri doux
Que l'herbe agitée expire...
Tu dirais, sous l'eau qui vire,
Le roulis sourd des cailloux.

Cette âme qui se lamente
En cette plainte dormante,
C'est la nôtre, n'est-ce pas ?
La mienne, dis, et la tienne,
Dont s'exhale l'humble antienne
Par ce tiède soir, tout bas ?

Paul Verlaine

Voir les commentaires

Le poème est l'amour

4 Septembre 2014, 04:37am

Publié par vertuchou

Le poème est l'amour réalisé du désir demeuré désir.

René Char

Voir les commentaires

Toi, l’inespérée

3 Septembre 2014, 04:32am

Publié par vertuchou

Toi, l’inespérée
Tu occupes la place
Toute la place
Dans ma vie requalifiée

Et si je chante aujourd’hui
La beauté déchirée du monde
C’est qu’elle épouse trait pour trait
L’empreinte de ton visage
Incrusté dans ma chair

Mais ton visage
La simplicité douloureuse
De ton visage
Sa douceur préservée
Comment décrire ce miracle ?

Mais ton visage entre mes mains qui tremblent
Et par ce simple attouchement
Toute la chaleur du monde ressuscitée
Ton visage comme une mouette sur la mer
Comment décrire cela ?

Bernard Mazo

Voir les commentaires

L'Art de la fugue

2 Septembre 2014, 04:23am

Publié par vertuchou

Jean-Sebastien Bach, l'Art de la fugue, Contrepoints 1, 3, 2, 5, 6, 8, 9, 11, 13, 14, 1740-1750, au piano : Vyacheslav Gryaznov

Voir les commentaires

Le poète est le domestique

1 Septembre 2014, 04:36am

Publié par vertuchou

Le poète est le domestique des forces qu’il sert sans les comprendre.
Il doit tenir la maison propre. Son progrès ne peut être que moral.


Jean Cocteau

Voir les commentaires

Feuille morte

31 Août 2014, 04:19am

Publié par vertuchou

Toutes les fleurs veulent se changer en fruits,

Toute matinée veut devenir soirée,
Sur terre rien n’est éternité,
Si ce n’est le mouvement, le temps qui fuit.

Même le plus bel été veut voir une fois
La nature qui se fane, l’automne qui vient.
Reste tranquille, feuille, garde ton sang-froid
Lorsque le vent veut t’enlever au loin.

Poursuis tes jeux et ne te défends pas,
Laisse les choses advenir sans heurts,
Laisse enfin le vent qui te détacha
Te conduire jusqu’à ta demeure.

Hermann Hesse

Voir les commentaires

Abri

30 Août 2014, 04:45am

Publié par vertuchou

Dans les lignes de ta main
Pour me plaire j’y veux voir
Que rien ne nous sépare
Et qu’avons même destin.

Dans les lignes de ta main
Je découvre en cherchant
Les signes bienfaisants
De ce qui me convient.

Dans le creux de ta paume
Où ma main se blottit
Je retrouve mon abri
Doux et calme. Comme un baume.

Esther Granek

Voir les commentaires

Composition

29 Août 2014, 04:10am

Publié par vertuchou

Ossip Zadkine, Compostion, 1964, gouache sur papier, 45 x 64 cm

Ossip Zadkine, Compostion, 1964, gouache sur papier, 45 x 64 cm

Voir les commentaires

Il y a quelque nonchalance

28 Août 2014, 04:06am

Publié par vertuchou

Il y a quelque nonchalance,

Peut-être quelque pauvreté
Dans ton amour plein de silence;
Je le sens cette nuit d’été.

L’espace étoilé qui nous lie
Par ses zéphyrs et son odeur
Ressemble plus à ma folie
Qu’à ta noble et simple pudeur.

Tu penses à toi en vivant,
Tout ton être en toi persévère;
Moi par l’arôme et par le vent
Je rejoins les sublimes sphères.

L’infini qui respire et luit
S’accorderait avec mon être
Si le ciel pouvait me connaître
Et si j’appartenais à lui !

Mais toi, sans même que tu saches
D’où me vient ma triste fureur,
D’où vient que mon désir s’attache
À ta vive et sourde pâleur,

Tu vis tranquillement, content
De sentir ton esprit à l’aise
Parmi tous mes soins, et pourtant
Je n’aime pas que tu me plaises !

Je n’aime pas ce dévouement
Que suscite en moi quelque charme
De ta voix; de tes mouvements,
Toutes tes innocentes armes !

Depuis le jour où je t’aimai
Ma fierté s’irrite et réclame,
Je ne me pardonne jamais
Cette reddition de l’âme !

Àh laisse-moi te fuir, afin
De te retrouver en moi-même,
Selon ma soif, selon ma faim,
Et suffisant pour que je t’aime !

Anna de Noailles

Voir les commentaires