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Aime-moi

13 Août 2015, 04:59am

Publié par vertuchou

Aime-moi
Déshabille-toi
Aime-moi

Aime-moi
Et nue contre moi
Aime-moi

Même si les hommes d'avant moi
Et j'en meurs quand je les vois
T'ont aimée
Je t'aime

Aime-moi
Tandis qu'entre le
Soleil rouge

Aime-moi
Ton coeur bat
Et ton ventre bouge

Même si les femmes d'avant toi
Tu en pleures quand tu les vois
M'ont aimé
Je t'aime

Certains jours j'ai dans le coeur
Moins d'amour que de douleur
Je veux tout, même la couleur
De ton corps reprends-la-leur

Certains jours on a dans l'âme
Plus de drames que de douceurs
Je veux tout, même la pâleur
De tes yeux reprends-la-leur

Aime-moi
Le vent te caresse
Et te trouble

Aime-moi
Tu es ma faiblesse
Et mon double

Aime-moi
Tandis qu'entre le
Soleil rouge

Aime-moi
Ton coeur bat
Et ton ventre bouge

Aime-moi
Tes mains sur mon corps
Font main basse

Aime-moi
Encore et encore
Ma vie passe

paroles : Jean-Loup Dabadie, musique: Julien Clerc.

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Perte du chant

12 Août 2015, 04:13am

Publié par vertuchou

Quand meurt le Chant
La terre suffoque
Les paupières s’abattent
Sur le regard rompu

Quand meurt le Chant
Les chemins errent
Les mots s’échinent
Sur la page sans issue

Quand meurt le Chant
Demain n’est plus.

Andrée Chedid

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Ganesvoort Street

11 Août 2015, 04:50am

Publié par vertuchou

Willem de Kooning, Ganesvoort Street, 1949

Willem de Kooning, Ganesvoort Street, 1949

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L'infini

10 Août 2015, 04:49am

Publié par vertuchou

Toujours elle me fut chère cette colline solitaire
et cette haie qui dérobe au regard
tant de pans de l'extrême horizon.
Mais demeurant assis et contemplant,
au-delà d'elle, dans ma pensée j'invente
des espaces illimités, des silences surhumains
et une quiétude profonde ; où peu s'en faut
que le cœur ne s'épouvante.
Et comme j'entends le vent
bruire dans ces feuillages, je vais comparant
ce silence infini à cette voix :
en moi reviennent l'éternel,
et les saisons mortes et la présente
qui vit, et sa sonorité. Ainsi,
dans cette immensité, se noie ma pensée :
et le naufrage m'est doux dans cette mer.

Giacomo Leopardi

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La poésie est à la fois parole et provocation silencieuse

9 Août 2015, 04:48am

Publié par vertuchou

La poésie est à la fois parole et provocation silencieuse,
désespérée de notre être-exigeant pour la venue d’une réalité qui sera sans concurrente.
Imputrescible celle-là. Impérissable, non; car elle court les dangers de tous. Mais la seule qui visiblement triomphe de la mort matérielle. Telle est la Beauté, la Beauté hauturière, apparue dès les premiers temps de notre cœur, tantôt dérisoirement conscient, tantôt lumineusement averti.”
— René Char

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Dans la lueur d’un rêve

8 Août 2015, 04:05am

Publié par vertuchou

Dans la lueur d’un rêve

s’imaginent de fières images

se construisent des routes sans fin

Où vont-elles ? Vers quelle vie ?

Dans la nuit de ce rêve

s’irisent des soleils de rire

des lèvres chaudes de désir

Que quémandent-elles ?

Gilbert Desmée

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Graffiti

7 Août 2015, 04:39am

Publié par vertuchou

Brassai, Graffiti

Brassai, Graffiti

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L’Extase

6 Août 2015, 04:13am

Publié par vertuchou

La nuit était venue, la lune émergeait de l’horizon, étalant
sur le pavé bleu du ciel sa robe couleur soufre. J’étais
assis près de ma bien-aimée, oh ! bien près ! Je serrais ses
mains, j’aspirais la tiède senteur de son cou, le souffle
enivrant de sa bouche, je me serrais contre son épaule,
j’avais envie de pleurer ; l’extase me tenait palpitant,
éperdu, mon âme volait à tire d’aile sur la mer de l’infini.

Tout à coup elle se leva, dégagea sa main, disparut dans la
charmoie, et j’entendis comme un crépitement de pluie dans
la feuillée.

Le rêve délicieux s’évanouit… ; je retombais sur la terre,
sur l’ignoble terre. O mon Dieu ! c’était donc vrai, elle,
la divine aimée, elle était, comme les autres, l’esclave de
vulgaires besoins !

Joris-Karl Huysmans

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Il n’en fallut pas plus, mon bien aimé

5 Août 2015, 04:09am

Publié par vertuchou

Il n’en fallut pas plus, mon bien aimé. Mais depuis cette seconde, depuis que j’ai senti sur moi ce regard doux et tendre, je fus tout entière à toi. Je me suis rendu compte plus tard - bien rapidement certes – que ce regard qui embrasse, ce regard qui attire comme aimant, qui à la fois vous enveloppe et vous déshabille, ce regard du séducteur-né, tu le prodigues à toute femme qui passe près de toi, à toute vendeuse qui te sert dans un magasin, à toute servante qui t’ouvre la porte; je me suis rendu compte que chez toi ce regard n’a rien de conscient, qu’il n’y a en lui ni volonté, ni inclination, mais que ta tendresse pour les femmes, inconsciemment, lui donne un air doux et chaud, lorsqu’il se tourne vers elles. Mais moi, enfant de treize ans -, je ne soupçonnais pas tout cela: je fus comme plongée dans un fleuve de feu. Je crus que cette tendresse ne s’adressait qu’à moi, à moi seule; cette unique seconde suffit à éveiller la femme en l’adolescente que j’étais, et cette femme fut à toi pour toujours.
Stefan Zweig, Lettre d'une inconnue

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Je dirai

4 Août 2015, 04:28am

Publié par vertuchou

Je dirai qui est mon amour
dans le présent ruiné, je dirai
sa beauté et son rire,
sa lumière et sa force,
je dirai comme elle va
toujours au-dessus d’elle-même,
comme elle danse au-delà du dernier pas,
je dirai ce qui ne se dit
qu’aux anges et aux fées,
aux vagabonds et aux amants, je dirai
le midi de nos corps en bataille,
le vertige de nos yeux,
cette évidence dans nos âmes
qui brûlait sans brûler,
qui criait sans crier, qui était de pure merveille et de grâce incarnée,
je dirai ta vie lèvre à lèvre
et tes secrets sur ma bouche,
la bascule de tes cheveux
l’éclat de ta voix soudain qui tutoyait les dieux.

André Velter

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