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Ce qui nous dépasse

22 Juin 2015, 04:10am

Publié par vertuchou

« Ce qui nous dépasse, et dont nous portons le grain

aussi certainement que nous portons notre corps,

cela s’appelle : Poésie. »

Andrée Chedid

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Le chat et la lune

21 Juin 2015, 04:05am

Publié par vertuchou

Le chat s'en allait ça et là,
La lune tournait comme une toupie,
Le plus proche parent de la lune,
Le chat rampant, leva les yeux.
Minnaloushe rampe dans l'herbe
De flaque de lune en flaque de lune,
Et là-haut la lune sacrée
Commence une phase nouvelle.
Minnaloushe a-t-il conscience
Que ses prunelles changent sans cesse,
Qu'elles vont du cercle au croissant,
Pour aller du croissant au cercle ?
Minnaloushe rampe dans l'herbe,
Solitaire, sage, important,
Levant vers la lune changeante
Ses yeux changeants.

William Butler Yeats

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Handmade

20 Juin 2015, 04:08am

Publié par vertuchou

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je te reconnaitrai

19 Juin 2015, 04:08am

Publié par vertuchou

Je te reconnaîtrai aux algues de la mer

Au sel de tes cheveux, aux herbes de tes mains

Je te reconnaîtrai au profond des paupières

Je fermerai les yeux, tu me prendras la main.

Je te reconnaîtrai quand tu viendras pieds nus

Sur les sentiers brûlants d'odeurs et de soleil

Les cheveux ruisselants sur tes épaules nues

Et les seins ombragés des palmes du soleil.

Je laisserai alors s'envoler les oiseaux

Les oiseaux longs-courriers qui traversent les mers

Les étoiles aux vents courberont leurs fuseaux

Les oiseaux très pressés fuiront dans le ciel clair.

Je t'attendrai en haut de la plus haute tour

Où pleurent nuit et jour les absents dans le vent

Quand les oiseaux fuiront je saurai que le jour

Est là marqué des pas de celle que j'attends.

Complices du soleil je sens mon corps mûrir

De la patience aveugle et laiteuse des fruits

Ses froides mains de sel lentement refleurir

Dans le matin léger qui jaillit de la nuit.

Claude Roy

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Le poème est comme Le Sphinx

18 Juin 2015, 04:11am

Publié par vertuchou

« Le poème est comme Le Sphinx, il interroge. »

André Frénaud, Gloses à la sorcière

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Pourquoi ?

17 Juin 2015, 04:07am

Publié par vertuchou

Quand vous suiviez ma trace,
J'allais avoir quinze ans,
Puis la fleur, puis la grâce,
Puis le feu du printemps.

J'étais blonde et pliante
Comme l'épi mouvant,
Et surtout moins savante
Que le plus jeune enfant.

J'avais ma douce mère,
Me guidant au chemin,
Attentive et sévère
Quand vous cherchiez ma main.

C'est beau la jeune fille
Qui laisse aller son coeur
Dans son regard qui brille
Et se lève au bonheur !

Vous me vouliez pour femme,
Je le jurais tout bas.
Vous mentiez à votre âme,
Moi, je ne mentais pas.

Si la fleur virginale
D'un brûlant avenir,
Si sa plus fraîche annale
N'ont pu vous retenir,

Pourquoi chercher ma trace
Quand je n'ai plus quinze ans,
Ni la fleur, ni la grâce,
Ni le feu du printemps ?


Marceline Desbordes-Valmore

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Fleurs parmi les Fleurs

16 Juin 2015, 04:00am

Publié par vertuchou

Rimantas Dichavičiusn, Fleurs parmi les Fleurs

Rimantas Dichavičiusn, Fleurs parmi les Fleurs

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El silencio / Le silence

15 Juin 2015, 04:01am

Publié par vertuchou

Oye, hijo mío, el silencio.
Es un silencio ondulado,
un silencio,
donde resbalan valles y ecos
y que inclina las frentes
hacia el suelo.


Entends, mon fils, le silence.
C’est un silence ondulé,
un silence
où glissent échos et vallées
et qui fait s’incliner les fronts
vers le sol.


Federico García Lorca

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La complainte du désespéré

14 Juin 2015, 03:33am

Publié par vertuchou

Qui prêtera la parole
A la douleur qui m’affole ?
Qui donnera les accents
A la plainte qui me guide :
Et qui lâchera la bride
A la fureur que je sens ?

Qui baillera double force
A mon âme, qui s’efforce
De soupirer mes douleurs ?
Et qui fera sur ma face
D’une larmoyante trace
Couler deux ruisseaux de pleurs ?…

Et vous mes vers, dont la course
A de sa première source
Les sentiers abandonnés,
Fuyez à bride avalée.
Et la prochaine vallée
De votre bruit étonnez.
Votre eau, qui fut claire et lente,
Ores trouble et violente,
Semblable à ma douleur soit,
Et plus ne mêlez votre onde
A l’or de l’arène blonde,
Dont votre fond jaunissoit…

Chacune chose décline
Au lieu de son origine
Et l’an, qui est coutumier
De faire mourir et naître,
Ce qui fut rien, avant qu’être,
Réduit à son rien premier.

Mais la tristesse profonde,
Qui d’un pied ferme se fonde
Au plus secret de mon coeur,
Seule immuable demeure,
Et contre moi d’heure en heure
Acquiert nouvelle vigueur…

Quelque part que je me tourne,
Le long silence y séjourne
Comme en ces temples dévots,
Et comme si toutes choses
Pêle-mêle étaient r’encloses
Dedans leur premier Chaos…
Maudite donc la lumière
Qui m’éclaira la première,
Puisque le ciel rigoureux
Assujettit ma naissance
A l’indomptable puissance
D’un astre si malheureux…

Heureuse la créature
Qui a fait sa sépulture
Dans le ventre maternel !
Heureux celui dont la vie
En sortant s’est vue ravie
Par un sommeil éternel !…

Sus, mon âme, tourne arrière,
Et borne ici la carrière
De tes ingrates douleurs.
Il est temps de faire épreuve,
Si après la mort on treuve
La fin de tant de malheurs.

Joachim Du Bellay

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Je l’avais rencontrée et aimée

13 Juin 2015, 04:29am

Publié par vertuchou

Je l’avais rencontrée et aimée.
Voilà tout.
Et j’avais vécu pendant un an dans sa tendresse, dans ses bras, dans sa caresse, dans son regard, dans ses robes, dans sa parole, enveloppé, lié, emprisonné dans tout ce qui venait d’elle, d’une façon si complète que je ne savais plus s’il faisait jour ou nuit, si j’étais mort ou vivant, sur la vieille terre ou ailleurs.

Guy de Maupassant, la main gauche

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